L'insertion de la société congolaise dans la modernité, avec ses continuités et ses ruptures, ses défis et ses effets, a toujours été au centre des préoccupations de Jean-Luc Vellut, professeur émérite de l'Université catholique de Louvain, qui a longtemps enseigné l'histoire sociale et économique dans les universités de la République démocratique du Congo et qui a élaboré des instruments de travail très importants et consacré de nombreuses recherches sur l'histoire de l'Afrique centrale. Les contributions, rassemblées ici en son hommage, montrent non seulement que les sociétés précoloniales étaient dynamiques, mais aussi que la Belgique n'eut pas la tâche facile pour s'imposer en tant que puissance coloniale en Europe. De plus, des éléments de la dynamique externe — comme la politique indigène, le travail salarié, la religion, l'éducation, les possibilités d'exploitation des ressources naturelles — furent à l'origine de la violence et de l'invention de nouvelles hiérarchies sociales, de nouvelles identités, de nouvelles formes de croyance, de nouvelles activités économiques et de réajustements de l'espace et de l'habitat. Le présent ouvrage est particulièrement attrayant à cause de multiples ressources documentaires inédites, écrites et orales, exploitées par les auteurs des essais, qui permettent de lire autrement l'histoire coloniale en rompant le silence sur certains sujets tabous. Ce livre s'inscrit dans la perspective d'une histoire totale dont l'historiographie s'intéresse à la culture matérielle, à la psycho-histoire des relations internationales, aux rapports entre la religion et la politique, à la sociohistoire du système éducatif colonial, aux aspects sociaux et économiques de l'environnement et de l'urbanisme ainsi qu'aux facteurs socioculturels qui font partie de la trame de l'histoire politique postcoloniale.
Ce livre fait référence à la réforme d'une administration publique et aux enjeux du développement local en situation de postconflit. Le tome 1 dévoile l'origine du mot affaires civiles et définit les concepts de renforcement des capacités, Etat de droit, société civile... Il souligne le rôle des officiers des Affaires civiles. Voici mis en lumière les exigences et l'engagement constant de ces officiers auprès des gouvernements et des populations.
Cet essai a pour objet de décrire la situation du prêtre en Afrique, d'analyser les problèmes qu'il rencontre dans son ministère et de suggérer quelques orientations pour une vie sacerdotale féconde. Homme appelé parmi les hommes, le prêtre est établi en faveur des hommes et des femmes dans leurs rapports avec Dieu. Il est investi d'un rôle d'intermédiaire entre Dieu et l'humanité, comme un pont entre ciel et terre. C'est effectivement dans cette tâche d'intermédiaire que se trouvent le caractère énigmatique de sa personne et la complexité de son service : il s'agit, en effet, de créer des rapports de cordialité entre l'humain et le divin. Autrement dit, aider l'homme à établir un contact permanent avec son créateur après qu'il l'a reconnu par le biais de la révélation. La complexité de son ministère consiste dans le fait que, nonobstant les années d'études passées au Grand séminaire, couronnées par l'ordination presbytérale (voire épiscopales), celui qui devient prêtre demeure un homme. En effet, avec l'ordination, le prêtre acquiert une grâce spéciale qui le rend apte à exercer son ministère, mais il ne devient pas Dieu.
Par cet ouvrage, le Dr. Ruffin Viclère Mabiala soutient que, malgré les vertus apparemment dissuasives de la justice traditionnelle, conçues pour réprimer les prédateurs des vies humaines, la paix qu'elle procure reste précaire pour l'instauration d'une nouvelle société, par delà les cendres de celle qui a péri sous le feu de la guerre civile et de l'entretuerie. De son côté, la justice transitionnelle est une alternative qui exige la vérité pour une véritable cicatrisation des blessures sociales, l'impératif de justice dans l'optique des réparations, le devoir de mémoire pour mieux réécrire l'histoire, et la réconciliation pour un havre de paix plus propice au respect des Droits de l'Homme. En l'espèce, la réflexion que l'auteur livre au public s'intéresse aux pays du tiers-monde tels : Afrique du Sud, Argentine, Chili, Maroc, Rwanda, Timor... Entre 2005 et 2006, le Dr. Mabiala a travaillé pour l'ONU au Burundi, expérience qui lui apportera l'inspiration et la motivation de rédiger ce livre qui traite de la transformation et de la prévention des conflits, en encourageant la paix et la réconciliation nationale comme prélude au développement. A ce jour, il contribue encore à la recherche de la paix et la justice dans les pays en situation de post-conflit, à travers la mission de l'ONU en Haïti où il travaille depuis 2008.
Mabiala Philippe ; Boulais Stéphane-Albert ; Awazi
Autobiographie intellectuelle ", selon l'expression de l'auteur, Le Germe et le terreau, avec un généreux mélange de genres littéraires, se veut holistique et récapitulatif de la vie de l'homme, du prêtre et de l'intellectuel soumis aux réalités de la vie de l'âme et du corps. Comment être prêtre en Afrique ? Comment être prêtre africain en Occident ? Le livre est une analyse convaincante et touchante sur la vocation de prêtre. Le père Philippe Mabiala fait œuvre de conteur qui sait enchanter, d'analyste politique de trois continents, de critique des moeurs sociales, culturelles, politiques, religieuses de divers peuples, de théologien qui pose les questions pertinentes avec une franchise qui peut parfois choquer. Quelle richesse dans la diversité ! Quelle culture qui sait multiplier les citations et références à des sages, chercheurs ou poètes de tant de cultures diverses ! L'œuvre se lit comme un livre de confidences, en forme de dialogue, technique qui a le mérite de circonscrire avec clarté les différents sujets abordés : amitié, bénévolat, célibat, maladie mentale, mariage, racisme, sport, etc. Le Germe et le terreau examine " le cas particulier qui est une porte sur l'universel ". Cet ouvrage est le deuxième d'une trilogie portant sur la communication comme message (voir L'éditorial dans la presse chrétienne, 2007), émetteur (essai autobiographique) et récepteur (à paraître).
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.