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Logique de Lévinas
Lyotard Jean-François ; Audi Paul ; Sfez Gérald
VERDIER
17,50 €
Épuisé
EAN :9782864328094
Dans "Logique de Levinas", Jean-François Lyotard aborde la question des fondements de la morale en prenant appui sur la différence, radicale à ses yeux, qui s'établit sur les plans logique et ontologique entre énoncés prescriptifs (qui disent ce qui doit être) et énoncés descriptifs (qui disent ce qui est). Quant à la mise en lumière de cette différence, elle se soutient de la confrontation que Lyotard y propose entre les philosophies de Kant et de Levinas. Ce texte, paru partiellement en 1978, aura attendu jusqu'à ce jour pour être publié en français dans son intégralité. De surcroît, sa publication partielle demeurait introuvable, et ce depuis longtemps. Pourtant il constitue un maillon essentiel de la pensée de Lyotard, et il représente en même temps un moment décisif de la réception française de la philosophie de Levinas. Quatre autres textes, écrits entre 1977 et 1996 et pour la plupart inédits, accompagnent ici "Logique de Levinas". Cet ensemble est centré sur ce que la pensée de Levinas a eu pour effet de déplacer dans celle de Lyotard. Il y est donc question de la sorte de "révolution copernicienne" que la pensée contemporaine a opérée dans le domaine de l'éthique : la découverte que le moi tourne autour de l'Autre et non l'inverse. Cette découverte est essentielle à la voix retrouvée de la philosophie, après les années de scepticisme abrupt et de déconstruction, comme elle l'est à la refondation du droit et du politique. Ce recueil témoigne de ce retournement et rend compte de ce qui est à même de redonner à l'éthique sa primordialité, tout en opérant un double décentrement à l'égard de la philosophie continentale et de la philosophie d'outre-Atlantique.
Et si l'on ne pouvait pas parler de l'histoire d'une seule manière ? Si ce qu'on appelle l'histoire consistait ou existait en un lacis jamais noué, arrêté, toujours commencé, entrepris ? Et fait de quoi ? De milliards de petites "phrases". On pourrait tout au plus les répertorier en plusieurs "familles", chacune de celles-ci obéissant à des règles de formations différentes. C'est la tâche critique d'isoler ces familles. Et si l'on voulait trouver un sens d'ensemble, il faudrait se montrer très prudent, pour ne pas tomber aussitôt dans l'idéologie. Il faudrait le chercher, seulement comme signe et signalé, plutôt du côté de l'audience rencontrée par les grands événements que dans les actions et les intentions de ceux qui en sont les héros. Ce que fait Kant au sujet de l'enthousiasme suscité partout par la Révolution française. Deux siècles après, deux siècles sombres, quel(s) signe(s) nous fait l'histoire ?
Recueil de "causeries " pour la plupart destinées à un large public. Quelques prolongements à l'idée de post-moderne. Les humains emportés dans un développement inhumain, qu'on n'ose plus appeler le progrès. La disparition d'une alternative humaine, politique et philosophique, à ce processus. Seule possible encore, une résistance, appuyée sur l'autre inhumain : la dépossession de soi qui sommeille en chacun, son enfance indomptable. Banalité écrasante, médiatique, des néo-humanistes qui aujourd'hui relèvent la tête. Questions décisives : le temps, la mémoire, la matière. Comment la "vie administrée " (Adorno) les anéantit en les programmant. Comment les arts de la vue, du son et de la pensée en préservent la vérité paradoxale.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.