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Herbier de prison. (1915-1918)
Luxemburg Rosa ; Pic Muriel ; Weill Claudie ; Badi
HEROS LIMITE
36,00 €
Épuisé
EAN :9782889550906
Quoi de plus iconoclaste qu?un herbier composé entre quatre murs, sans l?étendue de la nature ? Comme une contradiction dans les termes. L?herbier de Rosa Luxemburg est une archive sans équivalent. Troublante et attachante, sa fragilité et son histoire en font un témoignage de résistance et d?évasion, une fabrique de formes et de joie, un document sur le sentiment politique de la nature, fondement de toute écologie.Composé de sept cahiers datés d?avril 1915 à octobre 1918, l?herbier a pu être réalisé par la révolutionnaire emprisonnée grâce à l?amitié sans faille de quelques femmes, ses amies intimes dont la féministe Clara Zetkin. Au-delà des quelques fleurs et mauvaises herbes de la cour de la prison que Rosa glane lorsqu?elle sort sous surveillance, ce sont ses proches qui lui envoyèrent par lettres des spécimens séchés ou des bouquets de fleurs fraîches qu?elle-même pressait. Aux planches de l?herbier répond ainsi tout une correspondance où il est question de botanique, de nature, de romantisme allemand, d?amour de toutes créatures, et cela, « en dépit de l?humanité ». Rosa Luxemburg ne cesse d?encourager ses proches à garder leur joie de vivre et leur gaieté alors que les nuages qu?elle entraperçoit par une fenêtre à barreaux se chargent des couleurs de la guerre et de l?acier.Herbier de prison est constitué de 133 planches botaniques accompagnées de la traduction des légendes manuscrites de celles-ci. Cet ouvrage recueille également une soixantaine de lettres, dans lesquelles la révolutionnaire évoque sa passion pour les plantes, ainsi que pour les animaux. Des documents inédits en français complètent le volume, notamment un journal où Rosa Luxemburg consigne les faits et gestes de sa vie d?incarcérée.
Ce choix de lettres et de textes est extrait de la correspondance écrite par Rosa Luxemburg en prison de 1915 à 1919. Ces extraits reflètent la vigueur de la pensée tout autant que la sensibilité de l'écrivain qu'était Rosa Luxemburg. "En réalité, je traverse actuellement une passe assez dure. C'est exactement comme l'an dernier, Barminstrasse : pendant sept mois je tiens bon, et le huitième mes nerfs flanchent tout à coup. Chaque jour à passer devient un petit sommet qu'il faut gravir ; la moindre bagatelle m'irrite douloureusement. En effet, dans cinq jours il y aura huit mois pleins de ma deuxième année de solitude. Ensuite, sûrement comme l'an dernier, la vie reprendra ses droits, d'autant qu'on s'approche du printemps. Du reste, tout serait bien plus facile à supporter, si je n'oubliais pas la loi fondamentale que je me suis fixée comme règle de vie : être bon, voilà le principal ! Etre bon tout simplement. Voilà qui englobe tout et qui vaut mieux que toute l'intelligence et la prétention d'avoir raison..."
Depuis quatre-vingts ans il n'existe pas d'article, de lettre, de brochure écrite par Rosa Luxemburg qui ait été l'objet de controverses aussi passionnées que les notes qu'elle rédigea en prison et qui furent publiées après sa mort sous le titre La Révolution russe. Cette révolution, dès ses débuts (révolution de février 1917), Rosa Luxemburg en souligne l'importance et houspille ses correspondants qui ne partagent pas son enthousiasme. "Les magnifiques événements de Russie agissent sur moi comme un élixir de vie. Je crains que tous autant que vous êtes, ne sachiez pas en apprécier l'importance" (à Martha Rosenbaum, avril 1917). "Ne comprends-tu pas que c'est notre propre cause qui triomphe là-bas ?" (à Luise Kautsky, 15 avril). Quand elle reçoit des nouvelles de la Révolution d'Octobre, elle écrit : "Les événements en Russie sont d'une grandeur et d'un tragique magnifiques. Le seul fait d'avoir tenté le coup est un fait marquant dans l'histoire du monde" (à Clara Zetkin, fin novembre). Ces notes sur la Révolution d'Octobre furent rédigées à l'automne 1918 sur un cahier d'écolier. Elles furent mises en sécurité en janvier 1919 au lendemain de l'assassinat de Rosa afin de les soustraire aux perquisitions de la police.
Rosa Luxemburg (1870-1919) raconte dans ces lettres qui s'étendent de la période de la première Révolution russe à la fin de la guerre, les luttes qu'elle mène à Varsovie pendant la première révolution russe, son assignation en Finlande, son retour en Allemagne et le difficultés à implanter un marxisme socialiste au sein du SPD. Ces lettres émouvantes qui témoignent de la vive et sensible intelligence de Rosa Luxemburg, adressées à Kautsky (1854-1938)- Karl Kautsky est notamment l'exécuteur testamentaire de Marx- s'achèvent quelques mois avant son assassinat par les corps francs appointés par la République de Weimar.
Résumé : Au tournant du siècle, alors que la Révolution russe s'apprête à éclater, deux courants s'affrontent au sein du socialisme en Allemagne, là précisément où Marx avait prédit la révolution prolétarienne. Le premier courant, dit " réformiste ", est incarné par Eduard Bernstein ; le second, " orthodoxe ", est représenté par Rosa Luxemburg et les spartakistes. A l'" opportunisme " bernsteinien qui prône une adhésion au pouvoir établi, Rosa Luxemburg répond par l'intransigeance des idéaux marxistes auxquels l'apogée du mouvement révolutionnaire russe en 1905 semble pour un temps donner raison. Ces deux textes retracent la controverse qui passionna les débats marxistes du début du siècle. Documents de référence à l'analyse du socialisme européen, ils décrivent à chaud les événements et le climat politique de la Russie révolutionnaire.
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.
L'écriture de Michel Falempin pourrait se caractériser comme une "? introversion ? " littéraire, à savoir une écriture toujours consciente de sa forme, autant que de sa lecture et de ses effets. Une écriture qui se situerait donc toujours déjà par rapport à du texte, et à la clôture propre de son univers littéral. Dans cet univers clôt, la syntaxe et la grammaire concourent à produire un mécanisme de langage d'une précision inouïe, jusqu'à sa nécessaire prise de conscience par le lecteur.
Figure majeure de l?avant-garde poétique américaine au 20e siècle, co-fondateur du mouvement «?objectiviste?» dont font aussi partie Charles Reznikoff ou George Oppen, Louis Zukofsky a publié au cours de sa vie un nombre important de poèmes et d?essais. Malgré l?importance capitale de ces textes tant aux États-Unis qu?outre-Atlantique, peu d?entre eux sont disponibles en français. C?est le cas notamment de Un objectif & deux autres essais, traduit par Pierre Alféri et publié par les éditions Royaumont en 1989.Ce texte que nous nous apprêtons aujourd?hui à rééditer dans la collection feuilles d?herbe comprend donc trois essais?: «?Un objectif?», «?La poésie?» et «?Déclaration pour la poésie?». Définitions et commentaires sur la poésie, ils en exposent en fait une conception singulière, théorisent le rapport que la poésie objectiviste ? et celle de Zukofsky en particulier ? entretient au monde, à la forme, à la musique. Le premier essai est en vérité un programme, celui que la poésie objectiviste se fixe dès 1931, et dont une première version avait été publiée dans la revue Poetry de Harriet Monroe, dans un numéro qui avait en quelque sorte fondé le mouvement objectiviste.