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Libellules
Lutz Christian ; Freiburghaus-Lens Michèle ; Patta
HEROS LIMITE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782940517244
Pendant trois mois, le photographe suisse Christian Lutz a posé ses valises aux Libellules, quartier d'une commune suburbaine de Genève. Le livre retrace cette expérience et nous offre le panorama d'un monde profondément ambigu. Les habitants et leur lieu de vie sont montrés sans fard, à la fois dans leur vulnérabilité et dans leur poésie. Ni drames profonds ni paradis populaire, mais des destins incertains ? ; des personnes et des lieux un peu cabossés mais pas trop. De la sorte, ses images échappent à deux écueils qui trop souvent menacent le regard que l'on porte aux personnes ou aux lieux dits "? à la marge" ? : ceux du misérabilisme et de la glorification. Dans l'intime du quotidien, le paysage urbain cesse d'être le marqueur de l'identité d'une ville - qu'elle soit Las Vegas ou Genève - pour devenir le décor typique des franges de la ville globale et gagnante où s'entrelacent le béton vieilli, le bois rongé et le métal rouillé. A cette échelle - celle du corps dans le monde, de l'usage familier des lieux - les objets perdent leur dimension fonctionnelle pour devenir le cadre hospitalier des gestes de tous les jours.
Le texte que vous allez lire s'adresse non seulement à tous les acteurs politiques, culturels, sociaux mais aussi à tous les ennemis de la bêtise. Lorsque l'état se met à conclure des pactes, surtout d'excellence, on confine au paroxysme de la régression. Déjà que le mot pacte évoque le diable, deux parties qui pourraient ne pas être d'accord (et qui semblent ne pas l'être dans les faits), et puis d'"excellence", sorte de prétention qui pourrait laisser entendre qu'il existe, quelque part, une médiocrité à combattre, voire une bêtise à relever (lire à ce propos L'homme est bête et l'a toujours été, de Roger Avermaete), ce qui pointe vers une prise de conscience d'une déréliction lente - qui ne date pas d'hier. Ce texte est une mise en garde, parmi tant d'autres sans doute, hélas niées par la société au profit d'une course au finish comme disent bêtement certains, vers la croissance mondialisée - des mots auxquels on n'a jamais vraiment donné de sens ni de valeur, ou trop, sinon ceux du profit, de l'argent, à tel point qu'on en a perdu les valeurs humaines, les racines de nos émotions, de notre pensée, la base d'une dialectique permettant l'organisation sociale du bonheur et pas seulement du bien-être (à ne pas confondre). Celui qui s'est arrêté de penser pour gagner du temps et de l'argent, finit par ne plus exister. Je pense, donc je suis, a écrit quelqu'un. N'y a-t-il pas un choix à faire. Etre ou ne pas être, a écrit un autre...
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.
M. Sinet est le secrétaire du jour dans le journal où je suis le secrétaire de nuit. Il sait que j'écris un livre sur le métier : Il ne faut pas, déclare-t-il, cracher dans l'écuelle où l'on mange. L'écuelle, Monsieur Sinet ! Qui vous dit que j'y cracherai ? - Cà! ... Comme des pas approchent, la conversation en reste là.
Talking (Parler) est le livre qui marque un tournant décisif dans la réflexion poétique de David Antin. Rompant avec les poèmes de ses débuts, il inaugure les pièces qui feront de David Antin l'un des poètes les plus singuliers de sa génération. En 1972, Antin imagine ses "? talk pieces ? ", parfois appelées "? talk poems ? ", en réécoutant sur son autoradio l'enregistrement d'une conférence ("? talk ? ") qu'il vient de donner à des étudiants d'art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par de simples espaces plus grands qu'il emploiera chaque fois que sur la bande il s'entendra respirer, devient le premier des talk poems ? : "? talking at pomona ? ", publié dans ce livre charnière qu'est Talking. Aux côtés de ce tout premier "? poème parlé? " sont publiées d'autres pièces proches de l'art conceptuel amércain, poème-journal et pièces improvisées au magnétophone (en privé dans une premier temps), qui rassemblent sans hiérarchie tout ce que l'acte de parler convoque ? : anecdotes, hésitations, exemples, divagations, silences, plaisanteries, méditations... Autant d'éléments qui laissent affluer de façon plus ou moins directe des questions philosophiques, littéraires, politiques, artistiques ou sociales. Car la pensée, pour Antin, est inséparable de la parole. Parler, c'est dialoguer avec une idée, c'est offrir au discours un espace critique et une marge de manoeuvre. Il importe ensuite de trouver une forme pour transposer ce dire à l'écrit. Pour ce faire, David Antin opère toute une série de décisions typographiques qui donnent à ses textes une dimension visuelle remarquable. Plus proches d'un d'enregistrement que d'une partition, c'est pourtant à l'oeil que ces enregistrements s'adressent en premier. S'il n'y a plus ni capitale ni ponctuation -? si ce n'est parfois d'occasionnels points d'interrogation -, les espaces-respirations qui rythment le texte matérialisent ce "? discours interrompable ? " qu'Antin appelle de ses voeux en conclusion de l'un de ses poèmes.