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L'universel étranger
Lucken Michael
AMSTERDAM
22,00 €
Épuisé
EAN :9782354802585
Pourquoi peut-on étudier la Chine en particulier, mais pas l'étranger en général ? L'hypothèse de ce livre est la suivante : si, à la différence de l'histoire ou de la géographie, l'étude des langues et sociétés du monde ne constitue pas une discipline académique à part entière, c'est parce que la conception que les humains se font de l'universel reste encore beaucoup trop monolingue et autocentrée, qu'elle demeure prisonnière de formes qui empêchent de voir les régularités fonctionnelles qui unissent les humains dans le regard qu'ils portent les uns sur les autres. Selon Michael Lucken, la solution pour tenir compte de la diversité humaine sans abandonner l'horizon de la généralité réside dans le développement d'une meilleure compréhension de la variabilité des langues et des imaginaires, ce qui passe par une expérience à la fois intime et populaire du plurilinguisme. A travers l'analyse des quatre fonctions fondamentales des études étrangères que sont la prédation, la critique, la généralisation et la métamorphose, il dessine les linéaments d'une science partagée des points de vue à l'échelle du monde. Au fil d'une réflexion d'une grande érudition sur les jalons constitutifs de la xénologie, l'auteur formule un programme de recherche original pour les sciences humaines et sociales, en ce qu'il se fonde sur "le postulat historiquement construit d'une irréductible pluralité" - autrement dit, sur une anthropologie non philosophique.
L'esthétique nippone ne se résume pas au goût du léger, du délicat et de l'efficacité formelle dans lequel on a tendance à l'enfermer; on apprécie au Japon un art qui ne valorise ni les kata, ni l'abandon au geste calligraphique; on y aime la réflexion, la complexité, la profondeur, la vie. C'est à une redécouverte de l'esthétique du Japon moderne qu'invitent la peinture et les écrits de Kishida Ryùsei.
Au coeur du XXe siècle, le Japon engagea toutes ses forces dans une guerre qui se termina par les deux seuls bombardements atomiques de l'histoire. Les peintres - à commencer par Léonard Foujita (Fujita Tsuguji) - furent appelés par le pouvoir à s'y investir, pour souder le peuple autour de valeurs morales et diffuser la propagande officielle. Cette guerre n'a donc pas été uniquement une affaire militaire ou économique, elle fut aussi une "guerre culturelle", portée par l'élan positif d'une grande partie de la société et alimentée par un besoin d'être reconnu à sa juste valeur par l'Occident. Comment la société japonaise s'est-elle agrégée autour duprojet militariste? Quelles ont été les pressions exercées sur elle? Quels ont été ses héros, ses symboles, mais aussi ses hésitations et ses marges de liberté? En tentant de répondre à ces questions, Grenades et amertume apporte sa contribution au débat récurrent sur la spécificité du nationalisme et du totalitarisme japonais. Mais la guerre ne s'arrête pas en 1945. L'implication de l'armée américaine dans la démocratisation des arts, comme la difficileexpérience de la défaite par les artistes, font de la période d'occupation un moment crucial. Le Japon s'est alors posé la question du sens à donner à cette guerre, et a défini les polarités d'un "après-guerre" dont il n'est pas nécessairement sorti. Biographie de l'auteur Michael Lucken, né en 1969, est historien de l'art et japonologue. Maître de conférences à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales ("Langues'O"), il est l'auteur de L'Art du Japon au vingtième siècle: pensée, formes, résistances (Hermann, 2001).
Résumé : Le Japon est-il radicalement différent ? Le rapport à la science, la manière dont y est organisé le pouvoir, la façon dont le monde y est représenté, sont autant d'éléments qui permettent d'en douter. De très nombreuses références culturelles sont communes d'un côté et de l'autre du continent eurasiatique. Le premier objectif de cet ouvrage est de montrer que le Japon fait partie de la même communauté que les pays occidentaux ce qui va à rebours de toutes les idées reçues. Toutefois il ne suffit pas de souligner la proximité des valeurs, des structures sociales et politiques pour gommer l'impression d'étrangeté que suscite ce pays au premier abord. D'où provient, alors, le sentiment de cette singularité ? Elaboré à partir d'un chapelet d'images, ce livre répond à cette question et déjoue les idées préconcues pour donner à voir et comprendre le véritable Japon, loin de cet autre absolu que l'on a trop souvent décrit. Un ouvrage novateur, reposant sur un dialogue mutuel entre le texte te l'iconographie. Un futur classique.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.