Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La réticence
Louvel Liliane ; Rannoux Catherine
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782868479600
Figure paradoxale, trace d'un quelque chose qui excéderait le dit, la réticence suggère l'inscription dans le discours d'une absence, et si elle fait silence, c'est en le disant. De l'ordre de la retenue, du retrait, elle semble postuler l'existence d'une complétude ou d'un infini en deçà desquels elle maintient le discours, par défaut ou par calcul. En cela, elle s'avère l'un des modes de résistance des textes, opposant l'esquive - et suggérant l'esquisse d'une parole autre - au départ idéal et illusoire d'un langage sans mystère. La réflexion sur la réticence rencontre ainsi sur sa trajectoire des représentations antagonistes qui sous-tendent les pôles topiques contraires d'un " tout dire " et d'un " indicible " ; elle oscille entre la figuration d'un sujet maître d'un sens intentionnel et celle d'un sujet doublement aux prises avec l'opacité : celle de la langue qui se dérobe, et celle que lui oppose la profusion du réel. Figure de la résistance du texte, on comprend que la notion elle-même fasse résistance et invite à ce qu'on la pense en termes de dynamique et de dialectique : du manque et de l'excès, du silence et du dit.
Ce travail poursuit la réflexion entamée dans L'?il du texte qui avait tenté une première approche des questions soulevées par le rapport entre littérature et peinture. Ici, le réexamen du langage de la critique permet de proposer un affinement des catégories du descriptif liées aux pratiques intersémiotiques. C'est ce que tentent de faire les " nuances du pictural ". Les médiateurs sémiotiques autres que la peinture, qui varient le rapport texte/image, font l'objet développements dans lesquels les rapports entre le texte et le miroir, le texte et les appareils optiques, les reflets mais aussi la photographie, la cartographie, et le " tableau vivant " sont abordés sous l'angle des " substituts du pictural ". Le travail sur l'intersémioticité s'accompagne d'interrogations qui sont ensuite traitées. Le rapport entre texte et image est alors porté au-delà du paragone et de la division Lessingienne entre arts du temps et arts de l'espace. C'est dans l'effet de lecture que se trouve l'une des clés d'approche. Les modalités du dialogue entre texte et image imposent une double lecture qui opère sur le mode de l'oscillation, de la traduction ou de la transaction. L'image en-texte ou hors texte joue le rôle de trompe-l'?il dont le lecteur ne peut se déprendre. Ce mouvement d'oscillation se double d'une constante : le désir contradictoire de voir de près/voir de loin. Le tout et la partie, l'oscillation du regard déstabilisent le texte et le lecteur, le sortent de l'emprise du texte pour mieux l'y replonger. Enfin, le mode d'intégration de l'image et de ses substituts dans le texte peut être conçu en termes qui allient les deux critères irréductiblement opposés par Lessing. Le temps et l'espace se trouvent réunis dans deux données fondamentales de la critique et de la physique : le rythme et la vitesse. La notion de rythme permet de repenser la relation entre texte et image non pas sur le mode agonistique mais sur le mode -complémentaire de la coopération. Enfin, le corps réintroduit dans l'?uvre par la présence de la peinture se fait entendre dans la synesthésie qui allie l'?il à l'oreille, les voix au voir. Ces propositions se trouvent assorties de lectures picturales qui ofFrent des mises en application du travail proposé. Ainsi, le lecteur pourra faire quelques stations en compagnie d'O. Wilde et de V. Woolf, d'H. James, E. Wharton, S. King, A. Carter, J. McGahern, Paul Auster et tant d'autres.
Longtemps la critique littéraire a ignoré superbement la photographie et le rôle qu'elle a eu en relation avec le discours ou l'esthétique littéraires, au point que des ouvrages universitaires sur le naturalisme ne mentionnent même pas cette invention! Les récents travaux de quelques chercheurs ont au contraire démontré combien littérature et photographie avaient connu des interactions problématiques sans doute mais fécondes, voire "révolutionnaires". Cette avancée dans la recherche, il était important de la concrétiser et l'amplifier en un lieu lui-même symbolique de la critique moderne. Le présent ouvrage constitue les actes du colloque qui s'est tenu en juillet 2007 au Centre international de Cerisy-la-Salle. Il a rassemblé plus de trente chercheurs internationaux, dont les travaux portent sur l'histoire de la photographie, l'art contemporain, l'esthétique, les littératures française, anglaise, américaine essentiellement. Les chapitres qui le scandent n'ont d'autre ambition que de procéder à un état des lieux, examinant la nature des convergences, comment le photographique est à l'œuvre, comment entrent en dialogue l'espace du livre et l'espace du moi, ce que sont les territoires du lisible et du visible. Autant qu'être une référence, l'ouvrage ambitionne d'impulser l'essor d'un nouveau champ de recherche.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.