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Philosophie et soin. Les concepts fondamentaux pour interroger sa pratique
Lombard Jean ; Vandewalle Bernard ; Masquelet Alai
SELI ARSLAN
26,90 €
Épuisé
EAN :9782842761486
Bien plus qu'un manuel de philosophie pour soignants ou un traité de l'hôpital pour philosophes, cet ouvrage est un guide de voyage à travers les catégories qui structurent l'empire du soin et de l'activité médicale. Il s'appuie sur un programme de formation continue innovant, Philosopher à l'hôpital ", dont les sessions sont venues rappeler au plus près du terrain l'unité fondamentale des deux mondes du soin et de la philosophie. Les bilans établis par les personnels hospitaliers qui y ont pris part ont souligné l'impression d'avoir" repris contact avec l'essentiel ", ou d'avoir retrouvé" tout ce qu'il y a de singulier dans le quotidien ", ou bien d'être allés dans une totale liberté, sans a priori ni préjugés, chercher quelque chose qui n'attendait qu'à émerger". L'hôpital, espace concret et repère symbolique de l'origine et du terme de l'existence, lieu de confrontation entre le pouvoir et la norme, le désir et le manque, le possible et le réel, est par excellence un objet philosophique. Le monde soignant offre ainsi à la philosophie à la fois une source inépuisable de références et une impitoyable mise à l'épreuve des idées et des notions au contact de la dureté du réel. La philosophie apporte de son côté au monde soignant un irremplaçable appareil conceptuel pour réunir, formuler et interroger les pratiques et le vécu, et pour penser, à partir d'eux, les moyens et les fins de l'hôpital d'aujourd'hui. Réalité hospitalière et philosophie apparaissent alors tour à tour comme une grille d'interprétation l'une pour l'autre, dans une série d'allées et venues entre la perception et l'idée, le vécu et son analyse, le constat et son sens. C'est comme si, rencontrés dans les couloirs, Platon, Aristote, Sénèque, Descartes, Kant, Bergson, Sartre, Foucault et bien d'autres prenaient part à la visite de l'hôpital, tantôt l'éclairant, tantôt y trouvant un éclairage qu'elle seule peut donner. Biographie de l'auteur Jean Lombard, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, inspecteur d'académie, docteur d'Etat, est philosophe et consultant international en éducation et formation. Il est l'auteur d'ouvrages sur la philosophie de la médecine, la constitution du discours médical de l'Occident et les problématiques de la modernité. Bernard Vandewalle, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé de philosophie, docteur de l'Université de Paris 1, enseigne en classes préparatoires. Spécialiste de philosophie allemande, il est l'auteur d'ouvrages sur la pensée médicale et les relations de la philosophie et de la médecine.
La philosophie est partout : envahie par les signes, la modernité en recherche le sens et, au-delà des effets de mode, il existe bien dans ce qu'on appelle le grand public un authentique désir de philosopher. La question est de savoir comment commencer, à partir de ce matériau composite fait de savoirs acquis et d'expérience de la vie qui, à défaut du "long détour" préalable exigé par Platon et des prérequis attendus par l'enseignement scolaire, constitue la qualification requise : celle du client du café-philo, du membre d'un club qui a inscrit un cours de philosophie à son programme ou du soignant qui apprend chaque jour l'ontologie dans la densité de l'univers hospitalier. Et comme on ne peut pas, selon la lumineuse distinction faite par Kant, apprendre la philosophie mais seulement apprendre à philosopher, il n'y a rien d'autre à faire que de commencer. Les parcours proposés ici sont la trace d'invitations à entrer en philosophie faites aux Amis de l'Université. Ils sont exotériques au sens où on peut les écouter sur le seuil, entrant et sortant librement mais ne sortant pas toujours comme on était entré.
Le passé lointain de la médecine nous questionne à la manière d'un clair-obscur : quand il s'agit de la santé et de la vie, quelle place faut-il faire à des pratiques et a fortiori à des théories qui ont été depuis longtemps remplacées par d'autres plus efficaces et donc plus vraies ? Mais à l'inverse, peut-on laisser de côté les erreurs, les incertitudes créatrices et les anticipations hardies qui ont permis à la médecine de s'inventer elle-même ? De fait, la médecine antique nous semble tour à tour - quand ce n'est pas en même temps - balbutiante et périmée. Elle peut se lire comme un début, une avancée glorieuse mais réversible, à laquelle la médecine moderne aurait d'une certaine façon mis un terme. Pourtant, plus qu'un moment daté, elle est un moment qui fait date, un commencement, où la médecine de l'Occident est instituée par la jonction d'une pratique, d'un discours et d'une règle. Sous le nom d 'art est alors proclamée, non plus pour telle ou telle cité, mais à la face du monde, la médecine. Hippocrate et l'hippocratisme représentent ainsi un accès à la genèse archivée mais vivante du geste médical. A travers eux, la Grèce ancienne donne à voir le matin de la médecine, elle permet au soir de se reconnaître comme soir, elle s'offre comme l'avènement d'une origine.
Ethique est devenu un signifiant maître : adjectif ou substantif, il a envahi le discours contemporain, où il n'est question que de valeurs, de respect et de prise en compte de l'humain, surtout là où ils font défaut. Une véritable prolifération normative déferle sous ce nom, des droits de l'homme à l'environnement. Dans le même temps, on assiste à l'émergence de néo-valeurs, comme la transparence, le partage, l'exemplarité, le vivre-ensemble, qui déstructurent le champ des valeurs et préfigurent un monde sans éthique, à l'entière dévotion de l'ordre établi. Un anti-manuel se doit de protéger l'éthique tant de sa dégradation en système de règles et de consignes que de sa chosification en moralisme vague.
Cours introductif pour les formations aux métiers du soin et de la santé Les programmes de formation aux différents métiers de la santé ont de nombreuses exigences : quelle que soit leur filière, les étudiants sont censés comprendre et assimiler des données théoriques et scientifiques de plus en plus volumineuses et diversifiées. La question du sens de leur projet professionnel et de leur future activité ne saurait cependant se laisser submerger par la masse des informations à maîtriser. L'intensité de cette question personnelle du sens ne peut non plus être absorbée par la technicité de la discipline philosophique. L'ambition de ce livre de cours est de relever le défi, éthique et pédagogique, d'amener le lecteur, futur praticien des soins et non philosophe professionnel, à entrer dans un questionnement philosophique personnel. L'abord philosophique et anthropologique du corps constitue un point de départ adapté pour se lancer dans un tel questionnement. Il s'agit de chercher à comprendre le sens de l'espace, du mouvement, de l'effort, des apparences corporelles, d'interroger nos attitudes et postures, privées et professionnelles. Trop longtemps, le corps a été un objet tabou de la philosophie, alors qu'il est l'objet central des pratiques de soins. Il est temps de prendre la mesure de notre existence incarnée, de notre identité vulnérable, fragile, soumise aux lois de la nature et des cultures. Penser le corps et ses possibles, dépasser le dualisme traditionnel de l'esprit et du corps, se pencher sur la question du corps objet/sujet, insister sur la place des affects, autant de priorités qui exigent toute notre attention aujourd'hui. Cet ouvrage contient les éléments fondamentaux d'une philosophie et d'une anthropologie du corps, tout en s'appuyant sur l'étude de textes philosophiques. En fin de chaque chapitre, le lecteur trouvera des questions lui permettant de vérifier ses acquis, un lexique et un index favorisant ses recherches. Cet ouvrage didactique s'adresse aussi bien aux étudiants inscrits en premier cycle de formation aux divers métiers du soin et de la santé qu'aux enseignants et formateurs non philosophes en recherche de repères pratiques pour penser le corps.
Prendre en compte l'impact émotionnel suscité par le corps malade est essentiel pour le travail infirmier. Cette 2e édition comporte des mises à jour, un index et une postface qui situe le caractère pionnier de ce classique de la littérature infirmière. Le travail émotionnel appartient à la face cachée du travail infirmier. Implicite, non reconnu, ce travail est pourtant indispensable au bon déroulement des soins. L'auteur étudie l'impact émotionnel du corps malade sur le soignant à partir de données d'observation, d'entretiens auprès de soignants (infirmières et aides-soignantes) et de malades, et à l'appui de témoignages comme d'analyses sociologiques. Dans le corps à corps soignant-soigné, les perceptions sensorielles s'articulent à des processus cognitifs déclenchant simultanément chez le soignant jugement clinique et émotions à tonalité variable pouvant atteindre l'insoutenable. Cet impact émotionnel prend tout son sens à la lumière des théories anthropologiques : le malade est dans une position d'entre-deux, jugé tabou. Le corps malade sous ses différentes facettes représente un danger de contamination symbolique. C'est pour se protéger de ce risque, qui peut se manifester sous la forme d'un mimétisme symptomatologique, et pour respecter les normes d'expression émotionnelle instituées au sein de l'hôpital comme au sein de la société que les soignants déploient des mesures de prévention qui consistent pour l'essentiel en une mise à distance du malade. C'est notamment en opérant par le biais du rite une séparation franche entre les deux mondes, celui des malades et celui des soignants, que ces derniers se protègent de l'impact du corps malade. La 2e édition révisée de ce classique de la littérature infirmière comporte un index qui facilitera les recherches des étudiants infirmiers et aides-soignants comme des formateurs. La prise en compte du travail émotionnel des soignants, auquel cet ouvrage contribue, est un facteur clé de l'humanisation des soins à l'hôpital.
Tout soignant peut être conduit à s'occuper d'un collègue malade, ou lui-même se retrouver atteint d'une maladie. Tout professionnel peut également se demander : et si c'était moi ? Moi à la place de ce soignant malade, moi à la place de ce patient dont je prends soin ? Que faire dans ces situations qui peuvent exacerber les souffrances, les émotions et les difficultés ? L'auteur aborde cette thématique rarement traitée dans la littérature professionnelle ou scientifique en s'appuyant sur son expérience de psychologue dans les services de cancérologie, ayant elle-même accompagné des soignants malades ou des professionnels s'occupant de collègues malades. La question est envisagée en alternant les nombreux témoignages recueillis auprès de professionnels de la santé de tout statut et l'analyse relevant de l'approche psychologique de ces situations complexes, émotionnellement éprouvantes. Sont particulièrement abordées les notions d'attachement et de perte, de représentations de la maladie, d'identité professionnelle, de confidentialité, de distance professionnelle, d'équité des soins, de mécanismes de défense, de reprise du travail après l'événement de santé, etc. Cet ouvrage fournit des repères aux professionnels qui accompagnent des collègues malades ou vivent une maladie. Il établit aussi des propositions pour renforcer le soutien des équipes confrontées à cette réalité. Il importe notamment de leur accorder de l'attention durant ces épreuves et d'instaurer des espaces de paroles en face à face avec un psychologue ou dans le cadre de réunions collectives favorisant l'échange autour de ces situations professionnelles délicates.
La société se transforme et avec elle l?hôpital, qui est un lieu où se côtoient des populations diverses, aux différences multiples, notamment culturelles. Cette pluralité rejaillit sur les phénomènes communicationnels et les relations entre personnes soignées et soignantes, mais aussi entre les professionnels eux-mêmes. L?hôpital est également une organisation contraignante, marquée par les normes et la standardisation ainsi que par une logique économique toujours plus prégnante. Quelle influence la diversité culturelle a-t-elle sur la communication au sein des équipes soignantes et comment le travail collectif s?élabore-t-il dans ce contexte général ? Pour répondre à cette question qui impacte la qualité du travail, ce livre se centre sur les interactions au sein des équipes soignantes, qui sont mises en exergue lors des moments de relève interéquipe. Ces moments sont indispensables pour l?organisation du travail, la continuité des soins et la régulation des actions mises en oeuvre. Les relèves rassemblent des infirmières, des aides-soignantes et des cadres de santé, qui réalisent en coopération ou en collaboration les soins directs aux patients. Les moments d?échanges ou de points entre infirmières et médecins sont aussi abordés. Les nombreuses observations de telles relèves et les nombreux entretiens menés ont montré des difficultés certaines à échanger mais aussi à travailler ensemble pour ces équipes marquées par la pluralité des cultures et origines. L?étude révèle ainsi que des formes de discrimination tacites ou manifestes, plus ou moins assumées, portant sur l?appartenance professionnelle ou l?origine, existent au sein des équipes comme entre patients et professionnels. Les relations ne sont pas exemptes de non-dits et de préjugés qui peuvent nuire au travail collectif. Il est ici du ressort des cadres de santé de favoriser l?harmonie au sein des équipes, car prendre soin de la communication entre professionnels, c?est veiller à ce qu?ils puissent prendre soin au mieux des patients. La diversité culturelle et l?hétérogénéité des membres d?une équipe de soins constituent une source d?enrichissement des pratiques, à condition que les échanges entre chacun soient de qualité et respectueux et que des dérives ne puissent pas s?installer : le moment de la relève interéquipe est l?un des plus favorables à l?exercice de cette veille. Ce livre s?adresse à l?ensemble des équipes soignantes soucieuses d?organiser et de construire ensemble le sens de leurs actions.