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Livre de chroniques Tome 1
Antunes António Lobo ; Batista Carlos
BOURGOIS
14,48 €
Épuisé
EAN :9782267015355
Ecrites au fil des dernières années, ces Chroniques sont de courtes fictions au style à la fois burlesque et poétique. Elles se présentent comme les antichambres des grands romans d'António Lobo Antunes : elles nous introduisent dans l'intimité, dans la mémoire de l'auteur. Toujours teintées d'une ironie cinglante ou affectueuse, elles évoquent son enfance passée dans les faubourgs d'une Lisbonne salazariste, la brutalité des instituteurs, les moeurs austères de ses aïeux, la bigoterie de ses tantes, les départs en vacances, la mythologie de son adolescence, ses idoles sportives, ses échecs amoureux, ses débuts dans l'écriture, la société de consommation, Noël, la foire du livre, les musées, les ordinateurs, l'existence de Dieu, la solitude des femmes divorcées, le roman qu'il a toujours rêvé d'écrire, les jeunes mariés, la surdité, le dernier roi du Portugal, la vieillesse, les militaires, l'amour conjugal... Autant de fables, de paraboles, d'historiettes qui ont les propriétés et le charme des maquettes d'un édifice, en ce sens qu'elles permettent de scruter, d'apprécier, sous d'autres angles, l'oeuvre et le talent d'un romancier.
Résumé : " J'ai décidé de ne faire un livre qu'avec des femmes. Après la révolution, il y a eu un climat de guerre civile. Un mouvement d'extrême droite a tué beaucoup de gens, notamment le Premier ministre Sa Carneiro. Pendant un an, ce mouvement a été dirigé par l'ex-président de la République, le général Spinola. Je raconte cette période vue par les femmes de ces personnages masculins, les "crocodiles", ces femmes à qui on ne disait pas tout. Ce sont des choses supposées, devinées, qui sont évoquées par ces épouses, ces maîtresses, ces veuves. Cela permet plusieurs registres. C'est un beau défi de ne prendre que des femmes. L'une est sourde, l'autre a un cancer, une autre est très grosse. Les crocodiles, ça vient d'un texte de Tchouang-tseu où il exhorte ces bêtes-là. " Antonio Lobo Antunes 1998
Maria Clara, "Mademoiselle", l'homme de la maison, livre pensées et souvenirs. Une villa d'Estoril abritant connivences et conflits entre maîtres et domestiques. Le casino où la grand-mère joue l'argent que lui donne sa dame de compagnie. Une soeur haïe pour sa beauté. Un père aimé, sans famille, retiré dans un grenier dont il défend l'entrée, jusqu'au jour où il part subir à l'hôpital une opération à coeur ouvert. Maria Clara s'empare alors de la clef. Au fond des armoires la relique d'une filiation ignorée : photos, cahiers d'écolier, jouets, attributs de pauvre qui s'empoussièrent au-dessus d'une famille considérant la misère comme une infériorité mentale. Autant d'indices sur lesquels Maria Clara s'arrête et se perd au fil d'une enquête généalogique. Une fouille fébrile des vestiges cachés par un père, trafiquant d'armes, ayant plus d'un trait commun avec une des servantes de la maison. Le récit prolifère, bifurque, se contredit dans un jeu de conjectures et de surimpressions. La voix de Maria Clara se divise pour emprunter celle de personnages réels et fantasmatiques. L'écriture se morcelle, les mots même se dérobent au profit de l'ellipse, du non-dit affectif et des collisions poétiques. Cette chronique mobile d'une enfance enfouie apparaît enfin comme le journal intime de Maria Clara rédigé trente ans plus tard. L'objet du récit devient alors l'histoire de sa propre création, renvoyant au premier genre de l'histoire littéraire : la cosmogonie. Et la quête de Maria Clara, illustrant le désir que l'homme eut toujours de recouvrer une intimité étrangement égarée, rejoint l'interrogation incessante qui constitue un roman et le modèle selon une symétrie étagée dans le temps.
En quinze ans, Antánio Lobo Antunes est devenu l'un des emblèmes du Portugal de l'après-salazarisme. A cinquante-trois ans, il fait partie de la génération qui, avec Lidia Jorge, José Cardoso Pires et José Saramago, a renouvelé depuis vingt ans les lettres portugaises, jusque-là hantées par le fantôme de Fernando Pessoa et dominées par la figure rebelle mais en définitive traditionaliste de Miguel Torga. C'est peut-être lui qui symbolise le mieux le va-et-vient entre le passé et le présent, entre le Portugal de la dictature et celui de la démocratie, avec au milieu cette fracture béante qu'a constitué la guerre coloniale en Afrique, en Angola en particulier. Antánio Lobo Antunes y a servi vingt-sept mois, entre 1971 et 1973, comme jeune médecin militaire. Sa principale occupation: l'amputation des blessés, le plus souvent à la scie de charpentier. De cette sale guerre, il aurait pu revenir infirme ou putschiste: il en revint héros et écrivain."
Il faut se laisser embarquer dans ce livre magnifique et envoûtant, constellé d'images, bruissant de sons, comme on se laisse porter par le courant d'un fleuve charriant le trouble limon de la vie. De tous ses romans jusqu'ici parus en France, celui-ci est peut-être le plus complexe et assurément le plus personnel, le plus lié à sa mémoire affective. Avec L'Ordre naturel des choses, le plus étonnant des écrivains portugais se révèle un fascinant explorateur proustien des labyrinthes de la mémoire."
« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j'ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange... » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l'infinimentpetit de l'espace du dedans », Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasseret, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l?intranquillité est considéré comme le chef-d?oeuvre de Fernando Pessoa.
Dora Chance, ancienne danseuse de music-hall, raconte avec verve soixante ans de vie du théâtre et du cinéma à travers l'histoire d'une famille où la bâtardise est de tradition. De génération en génération, les enfants seraient bien malins de connaître leur père ! Il y a de l'Evelyn Waugh, de l'Anthony Powell et parfois même du Wodehouse dans cette chronique facétieuse et attendrie qui nous mène des bastringues du Londres de l'entre-deux-guerres à Hollywood et aux plus beaux châteaux anglais. Mais le théâtre n'est qu'un prétexte et Angela Carter sait créer des personnages tous plus originaux, attachants et pittoresques les uns que les autres.
Résumé : "Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. [...] Fante était mon dieu." Charles Bukowski. "En tant qu'écrivain, je suis très heureux de recevoir une bonne leçon. Comme simple lecteur, j'ai poussé les portes du paradis." Philippe Djian. "A l'image de Fante, Bandini et Molise, ses héros de papier, débordent de rancoeur, de tendresse, de générosité ou d'une méchanceté noire inouïe. Ils sont infects, drôles, adorables, émouvants." La Vie. "Les histoires de Fante ressemblent toujours à la sienne. Son héros, Arturo Bandini, est aussi fils d'immigrés italiens, il a aussi envie de prendre sa revanche sur les années de dèche, de se faire une place sur les rayons des bibliothèques, d'aimer les femmes. Tout cela, Fante le fait passer dans une écriture dégraissée, déblayée de toute littérature." Télérama.
Un jour j?ai sorti un livre, je l?ai ouvert et c?était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l?or à la décharge publique. J?ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d?une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n?avait pas peur de l?émotion. L?humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J?avais une carte de la bibliothèque. Je sortis le livre et l?emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu?il y avait là un homme qui avait changé l?écriture. Le livre était Demande à la poussière et l?auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m?influencer dans mon travail" (Charles Bukowski, 1979).