4e de couverture : Her-Bak «Pois Chiche», Her-Bak «disciple», ou la vie d'un jeune garçon de l'Égypte ancienne, à la manière d'un conte initiatique. «Le Sage eut une lueur d'ironie dans les yeux, il murmura : «Dis-moi, Her-Bak, connais-tu une mère qui puisse ne pas mourir? ¿ Comment serait-ce possible ? Tout ce qui naît ne doit-il pas subir la mort? ¿ C'est pourquoi une telle mère ne doit ni être née ni avoir forme corporelle ; car c'est sur le corps que la mort exerce son pouvoir. Et cette mère, nourrice de la Vie, sera nécessairement de la nature de ce qui donne la Vie, et que nous appelons âme.» Le Sage émit une conclusion provisoire : «Ainsi le problème de la Vie n'est pas encore approfondi ; mais la possibilité de la Mère-qui-ne-meurt-pas t'approche de la solution, car elle te révèle le sens de la mort : cette mort n'est alors qu'un passage de l'être dans le ventre de la grande Mère Nout qui provoque toutes les transformations. ¿ Si la mort est un moment de transformation, il doit rester, en dehors du corps inerte, quelque chose qui continue à vivre...» Le Sage rectifia : «... qui est la Vie.» Her-Bak s'efforçait de retenir chaque parole. Enfin, il posa «la question» : «Le problème fondamental serait donc : Qu'est-ce que la Vie ? Qu'est-ce que la Vie si elle est autre chose qu'apparence passagère, maturation de semence et transition entre naissance et mort ?»»
Le 14 décembre 1784, à presque 29 ans, W. Mozart est soumis aux questions rituelles préalables à l'initiation : Quels sont les devoirs d'un Homme envers lui-même ? Envers l'Humanité ? Envers Dieu ? Mozart mettra son génie au service de ce questionnement philosophique : quoi de mieux que la musique pour aller chercher les réponses au tréfonds de l'âme humaine ? Un do... un mi... un fa... et la valse des notes sur la partition s'accélère. Dans un déferlement musical, Mozart nous livre sa vision et sa vérité. La Flûte enchantée n'a cessé d'éveiller la curiosité, les interrogations ; c'est que l'opéra épouse les traits de la cérémonie d'initiation maçonnique pratiquée dans les loges du XVIIIe siècle. Mille huit-cents ans après Jean le Baptiste, Mozart plonge le spectateur dans la musique comme pour un nouveau baptême. A Vienne ou sur les rives du Jourdain, les deux hommes tentent de restaurer la pureté de l'âme humaine. Seuil symbolique, La Flûte enchantée marque le crépuscule d'une vie empreinte de "vices" et l'aube d'une existence guidée par la vertu. La Flûte Enchantée est le dernier opéra que Mozart composa avant de décéder le 5 décembre 1791. Considéré à tort comme son oeuvre propre, cet opéra est en fait, le fruit de la collaboration entre des hommes aux origines diverses réunis dans ce que Saint-Foix appelle "La Firme Schikaneder". La Flûte Enchantée est un opéra multiple au vu de la pluralité des inspirations et des thématiques abordées. Cette oeuvre, imprégnée des idées maçonniques contenues dans le livret et dans les choix de mise en scène, a pour vocation de proposer une méthode initiatique. Cependant de nombreux auteurs sombrent dans l'excès d'interprétation, ou travestissent le message originel de Mozart. Le compositeur Salzbourgeois se sert de l'opéra comme d'un moyen de diffuser des idéaux universels véhiculés par la Franc-Maçonnerie Autrichienne dont il était membre. Tant par la méthode collaborative utilisée tout au long de sa réalisation que par les thèmes abordés, La Flûte Enchantée livre à son public un travail philosophique achevé qui vibre et résonne sur tout l'art lyrique.
4e de couverture : Her-Bak «Pois Chiche», Her-Bak «disciple», ou la vie d'un jeune garçon de l'Égypte ancienne, à la manière d'un conte initiatique. Pois Chiche fait le bilan de son savoir : «J'ai connu le fleuve, j'ai cultivé la terre, j'ai observé quelques bêtes... pas assez ! J'ai travaillé la pierre...» Et soudain, Pois Chiche comprend l'intention de son Maître : «Sans doute il ne s'agit point de choisir un métier, mais d'apprendre, avec chaque technique, les lois de la Nature qu'elle peut enseigner ! Voilà qui me plaît davantage ! Allons, il n'y a pas de temps à perdre !» Or, ayant aperçu l'intendant qui dormait sous un palmier doum, il le réveilla et lui dit : «Je désire apprendre à travailler le bois ; conduis-moi.» Sans se déranger, l'intendant demanda : «Quel bois : les cannes ? Les charpentes ? Les vantaux de portes ? Les meubles ? Par lequel de ces spécialistes le "Chéri-de-son-Maître" préfère-t-il être rossé ? - Je ne sais pas encore ; que chacun d'eux me montre son travail : ensuite je choisirai.»