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Terres sauvages
Ling Yu ; Loivier Camille ; Péchenart Emmanuelle
CIRCE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782842424091
Dès le début, il y a la ville, la ville et ses paradoxes : dans les espaces urbains et leurs successions se trouvent la place publique, mais aussi l'enfermement et la solitude. C'est donc le "sauvage" (le mot : ye, la campagne, le rude, le non cultivé) qui est le "pays natal". Et ce dans quoi l'on a toujours baigné, les digues, le silence, le temps - à la surface duquel errent les humains. Plus loin se dessinent territoires et cartes (même imaginaires : les fines ridules que dessine l'eau sur le sable), là où un train, parcourant la côte entre Taipei et Yilan, trace une frontière, entre l'intérieur et l'extérieur, entre soi et autre. L'ïle, ici, est à la fois soi-même et la patrie à jamais séparée. De telles délimitations, coupures et enfermement donnent à la solitude son poids particulier et, là aussi, paradoxal. Jamais sans les miens, semble-t-il être dit ici, mais jamais vraiment avec eux non plus. On frôle des précipices, des univers parallèles. Un feu couve, sous l'apparente froideur, et il se pourrait bien qu'il brûle tout. Des déités veillent, cependant : Dieu le père ou divinités moins imposantes, mais en nombre. Tous les temps coexistent ; visions de chasses archaïques, de tribus ennemies qui annoncent les "communautés" d'aujourd'hui. Dans sa lumière propre, mais non exempte de références - la poétesse donne forme à cet "objet qu'on appelle mémoire".
Une jeune Française installée à Berlin se trouve dans l'obligation de rentrer à Paris pour assister aux funérailles de son père, un important marchand et collectionneur d'art. La jeune femme profite, durant les jours précédant l'enterrement, de sa rencontre avec un groupe de jeunes touristes coréens pour renouer avec la ville où elle a grandi. Leur enthousiasme vient contraster avec son approche désenchantée de la culture en son ensemble. Les points d'attraction culminants du parcours (la maison de Marcel Proust, une pièce de Brecht, la Bibliothèque Nationale...) ne sont pour la jeune fille que les fossiles d'un art autrefois vivant. L'animosité qu'elle éprouve pour un père qui exploita la valeur marchande de l'art et la lassitude que représente pour elle l'exploitation d'une culture vidée de sa substance, pourront-elles être vaincues par l'essor que lui insuffle l'oeil neuf que portent sur l'art ses compagnons de fortune ? L'art ainsi doublement embaumé (à travers le corps de son père et à travers sa récupération par la ville de Paris) peut-il connaître à ses yeux une forme de résurrection ? Au fil de ce livre construit sous forme de brefs paragraphes, dans lesquels différentes voix s'enchevêtrent, la narratrice nous entraîne dans une déambulation caustique à travers les rues de Paris livrées aux touristes. Avec un sens de l'observation et de la satire particulièrement aigu, Hélène Ling se livre, loin de toute nostalgie passéiste, à une critique radicale de la culture moderne, sans que jamais la théorie ne vienne entraver le fil romanesque de son récit.
A l'heure d'une crise mondialisée où la voix singulière de Taiwan commence à se faire entendre, le recueil de nouvelles Formosan permet aux lecteurs francophones de comprendre les trajectoires historiques et sociales de cette île dont la situation détonne dans le concert des Etats-nations du monde. La littérature apparaît ainsi comme un média privilégié pour découvrir ce que l'expérience taïwanaise a à offrir au monde. Quand la prise de parole est souvent réduite à son strict minimum (une phrase, un tweet, un post), la parole littéraire, en donnant à voir la complexité d'une société et du monde, est plus que jamais essentielle. Dans cette anthologie sont proposés neuf textes d'auteurs différents et représentatifs de la scène littéraire taïwanaise actuelle, tous écrits après 1987 et qui abordent une multitude de facettes de l'histoire et de la société taïwanaises : son histoire politique (la colonisation japonaise, les événements du 2.8 février 1947, la terreur blanche, le mouvement des "hors-parti", la levée de la loi martiale, le processus de démocratisation du pays...) et son histoire sociale (mouvements aborigènes, ouvriers, féministes, LGBT, étudiants, écologistes...).
Résumé : Candace Chen est une jeune Américaine d'origine chinoise discrète et introvertie. Elle habite à Manhattan dans un petit appartement et travaille pour Spectra, une entreprise d'édition qui fabrique des Bibles. Elle vit comme une vraie New-Yorkaise, dépensant le peu d'argent qui ne passe pas dans son loyer pour s'acheter des vêtements Uniqlo, des crèmes hydratantes Clinique ou boire des cafés chez Starbucks... Bientôt la fièvre de Shen, une épidémie venue de Chine, se répand à New York, puis dans tout le territoire américain. Cette maladie inconnue oblige les gens à répéter mécaniquement et à l'infini les gestes de leur quotidien - mettre la table, prendre un repas, essayer des vêtements... Devenus des zombies, ils meurent d'épuisement. Restée seule dans les bureaux désertés de Spectra, Candace voit New York se vider de ses habitants et se figer autour d'elle. Des palmiers se mettent à pousser sur Times Square déserté... Saisissant de réalisme, ce roman réinvente le genre post-apocalyptique et questionne notre rapport au travail et la solitude du monde contemporain.
Ling Vivian ; Wang Pen ; Xi Yang ; Guichard Valent
Résumé : Ce livre destiné aux apprenants de tous niveaux présente 22 histoires traditionnelles chinoises accompagnées des proverbes sur lesquels elles sont fondées. Les versions chinoise et française des textes sont présentées en regard. Chaque histoire comprend une explication de la façon dont le proverbe est utilisé aujourd'hui, des notes culturelles et littéraires, du vocabulaire et des questions d'entraînement pour améliorer compréhension et prononciation. Des enregistrements audio des contes lus par des locuteurs natifs sont disponibles en téléchargement. Avec 25 dessins au trait dans le style traditionnel chinois.
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".