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Roman 20-50 : Jean Cocteau
Linarès Serge
PU SEPTENTRION
18,00 €
Épuisé
EAN :9782908481884
Cocteau. Son nom sonne comme un pluriel. Il a marqué de son étoile les genres les plus divers. Ainsi la fiction avec trois chefs d'oeuvre : Le Grand Ecart, roman d'amour, Thomas l'imposteur, roman de guerre, et Les Enfants terribles, roman de l'adolescence. Signés de spécialistes de l'auteur ou du récit poétique, les articles ici rassemblés n'en démontrent pas moins la profonde cohérence de l'univers narratif de Cocteau. Ils font de la question de l'identité le point nodal d'une oeuvre qui déconstruit le personnage, moins pour en finir avec l'illusion romanesque que pour exhiber la relativité de la personnalité. Le jeu avec l'image de soi gouverne les comportements des protagonistes comme la marche des événements, tout en témoignant d'un malaise existentiel sans autre issue que la fuite en avant dans les apparences les plus vertigineuses. La narration, truffée de biographèmes, dispose Cocteau à appréhender par le truchement fictionnel son expérience du temps et du moi, quitte à les nier. Seule la faculté de créer, dont sont dépourvus les héros, parvient à contenir les forces de la négation. Elle suppose la présence d'une réception qui la conforte : un lecteur idéal, qui aurait préservé son esprit d'enfance des atteintes de l'âge, de la réalité et de la morale. Notre époque se prête-t-elle davantage à cette représentation ou en reste-t-elle à apprécier, comme dans les années 1920, l'équilibre de modernité et de classicisme que respire la meilleure prose romanesque de Cocteau ?
Mounet-Sully (1841-1916). Ce nom, dont le temps est loin d'avoir oblitéré le souvenir, se détache en vigueur sur le ciel du théâtre français au tournant du XIXe siècle. Nommé, en 1874, sociétaire à la Comédie-Française, il joue tous les plus grands rôles du répertoire. Le volume du livre ne saurait longtemps dissimuler son importance pour l'oeuvre de Cocteau. Il est, de tous les ouvrages illustrés du poète, le plus accompli. Jamais Cocteau ne s'est autant livré à l'expansion de son graphisme dans l'espace de la composition. Rebelle aux cantonnements du hors-texte, son dessin investit la page typographiée de sa trichromie fortement contrastés : les rehauts rouges et bleus viennent en vigoureux contrepoint des dessins au trait, qui sont autant de portraits expressifs de l'acteur en Oedipe. En tout état de cause, Mounet-Sully n'aurait jamais autant impressionné la sensibilité de Cocteau sans le rôle d'Oedipe, qui enveloppait de terreur sacrée les tabous de sa psyché éprouvée par la mort et par le désir. Entre tentations et vertiges, il renvoya, somme toute, à l'auteur de La Machine infernale (1934) l'image de sa propre monstruosité tragique.
Ce volume collectif s'attache à la relation entre poésie et peinture, du romantisme au contemporain, autour de deux axes : "La critique d'art" et "Le poème d'art" . Dans un premier temps, les contributions cernent la réinvention de la critique d'art par les poètes. A travers des exemples majeurs des XIXe et XIXe siècles, il s'agit de sonder les caractéristiques de cette prose d'idées esthétiques, qui articule réception et réflexion, mais aussi observation et imagination, valorisant la prose poétique, en des ekphraseis singulières, qui interrogent en miroir la poésie dans ses virtualités plastiques. Le va-et-vient entre prose et poésie nourrit une critique d'art dont la portée créatrice aboutit à la collaboration du poète et du peintre, phénomène essentiel jusqu'à nos jours qui prend toutes formes de dialogues, recherches typographiques, collages ou livres à figures. Ces compagnonnages entre les expériences créatrices contribuent, par réfraction, à singulariser la critique d'art des poètes par rapport à la critique d'art spécialisée. Dans un second temps, les textes réunis ici se proposent d'évaluer le retour de ces pratiques dans la poésie, afin d'établir les enjeux et les modalités du poème d'art, un poème inspiré par le(s) tableau(x), englobant la rêverie esthétique, un genre à part, hybride et vagabond, une forme de poème critique où l'iconique entre en résonance avec la réflexivité de la poésie elle-même. L'idée même de poème trouve alors à se renouveler, loin des clivages traditionnels, à la faveur d'un déplacement du paradigme musical vers le paradigme pictural, jusqu'à émaner parfois de poètes-peintres ou de peintres-poètes.
L'analyse de la poésie est un exercice incontournable et pourtant redouté des étudiants de Lettres classiques et modernes. Cet ouvrage apporte les outils nécessaires pour aborder simplement l'étude des textes et mener une réflexion sur le genre poétique. Synthèse des méthodes d'approche de la poésie en vers et en prose, il constitue un véritable guide de la démarche interprétative. Les principaux procédés d'expression poétique (rythmiques, sonores, analogiques, lexicaux, typographiques, etc.) sont exposés, définis et replacés dans leur contexte. De nombreux exemples commentés illustrent les notions présentées afin de faciliter au lecteur le passage de la théorie à l'analyse.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.