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Portrait de Mounet-Sully
Cocteau Jean ; Linarès Serge
L'HERNE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782851974631
Mounet-Sully (1841-1916). Ce nom, dont le temps est loin d'avoir oblitéré le souvenir, se détache en vigueur sur le ciel du théâtre français au tournant du XIXe siècle. Nommé, en 1874, sociétaire à la Comédie-Française, il joue tous les plus grands rôles du répertoire. Le volume du livre ne saurait longtemps dissimuler son importance pour l'oeuvre de Cocteau. Il est, de tous les ouvrages illustrés du poète, le plus accompli. Jamais Cocteau ne s'est autant livré à l'expansion de son graphisme dans l'espace de la composition. Rebelle aux cantonnements du hors-texte, son dessin investit la page typographiée de sa trichromie fortement contrastés : les rehauts rouges et bleus viennent en vigoureux contrepoint des dessins au trait, qui sont autant de portraits expressifs de l'acteur en Oedipe. En tout état de cause, Mounet-Sully n'aurait jamais autant impressionné la sensibilité de Cocteau sans le rôle d'Oedipe, qui enveloppait de terreur sacrée les tabous de sa psyché éprouvée par la mort et par le désir. Entre tentations et vertiges, il renvoya, somme toute, à l'auteur de La Machine infernale (1934) l'image de sa propre monstruosité tragique.
Empruntant son sujet aux tragiques mystères des maisons d'Autriche et de Bavière, Cocteau met face à face une reine, veuve, vierge et déjà virtuellement morte, et son assassin, un jeune poète anarchiste venu pour la tuer, et qui est pour elle la mort qu'elle attend. Leur destin est donc scellé d'avance. Mais il se trouve que l'assassin est le sosie du roi tant aimé, et il ne veut tuer la reine que parce qu'il l'a de loin depuis toujours aimée...
Résumé : Jean Cocteau a fait précéder chacune de ses quatre pièces d'avertissements de ce genre : "Le but à atteindre étant..., cette pièce doit..." - "Il fallait passer à d'autres exercices..., Notre effort de contradiction..." - "Je devais, coûte que coûte..." - "L'entreprise est dangereuse..., Peu importe. Il le faut". Est-ce assez bien marquer quelle nécessité, en quelque sorte morale, préside à l'invention de ces jeux de scène dont la réussite, nullement gratuite, est toujours chère au poète. Il faut lire ces pièces comme on mesure un acteur d'après son interprétation d'un personnage. "Portrait de Talma dans le rôle de..." disaient les anciennes gravures. "Portrait d'un poète en trois actes" dit le sous-titre des Monstres sacrés. Voici donc des oeuvres écrites comme de grands rôles : La Machine à écrire est une pièce d'identité qui illustre le mensonge et le confond de telle façon que la police ne peut conclure et nous laisse le soin de regarder à la loupe de quel côté il se trouve le plus grave. Ce sujet dramatique. inspiré par l'affaire des lettres anonymes de Tulle, a été repris à l'écran dans Le Corbeau. Renaud et Armide est monté comme une machine fatale dont chaque sentiment déplace, au moindre de ses mouvements, l'ensemble. Mais la denture du mécanisme se déroulant ostensiblement sous forme d'alexandrins, il arrive que le public attache plus d'attention à la versification qu'aux gestes des héros dont les raisons commandent profondément l'orgue tout entier. Enfin le titre même de L'Aigle à deux têtes dit bien qu'il faut en lire la tragédie comme un blason, selon une psychologie et un langage héraldique où le baiser signifie la mort.
L'histoire a traversé les siècles... Orphée a perdu Eurydice, mordue par un serpent. Pour la ramener sur terre, il n'hésite pas à affronter tous les périls de l'enfer. Une seule condition : lors de cette lente remontée vers le monde des vivants, il ne doit pas se retourner, ni regarder la bien-aimée. Hélas ! Cocteau relance le mythe. Parmi ses personnages, quel est le plus envoûtant ? Cet Orphée, amoureux de sa mort qui va et qui vient à travers les miroirs ? La princesse qui transgresse les lois de l'au-delà pour l'amour du poète ? Heurtebise, le messager, qui apparaît et disparaît à volonté ? Eurydice ? L'Intouchable, l'Invisible, l'Ombre ? Dans un décor surréaliste où les vivants et les morts se côtoient, le film de Cocteau prolonge encore le mystère..
C'est parce que le mutisme des voix animales est une sorte de fleuve des enfers, un Achéron, que j'ai souhaité intituler cet exposé"Le rameau d'or". On découvre en effet, chez Virgile et Michelet, dans le lien que l'historien entretient au poète, l'évocation d'une secrète analogie entre les animaux et les morts, entre les endormis que sont les animaux et les à demi vivants que sont pour nous les morts. Autres qu'il est difficile, voire dangereux d'approcher. Avant de les rencontrer, il faut se munir d'un mot de passe, d'un schibboleth, d'un rituel, d'un instrument orphique, ce qui n'exclut cependant pas l'effort et l'endurance. C pouvoir énigmatique, on peut le nommer indifféremment, finesse de l'oreille ou don de la traduction. La grâce est accordée à certains et refusée à d'autres, qui permet d'entendre et de comprendre le parler des à jamais silencieux, et d'administrer un remède à cette immémoriale séparation entre les bêtes et les hommes qu'on nomme pompeusement la différence zoo-anthropologique." Elisabeth de Fontenay.
Alain, les religions, la laïcité, l'antisémitisme Alain, philosophe athée, s'intéressait passionnément aux religions. C'est qu'il y voyait comme des miroirs, où l'humanité se projette et se reconnaît. Aussi en parle-t-il avec empathie et profondeur : je n'ai rien lu de plus beau sur les religions de la nature ("Pan"), de l'homme ("Jupiter") ou de l'esprit (judaïsme, christianisme). Et rien de plus juste, sur la laïcité. Mais comment celui qui écrivait qu'"il n'est permis d'adorer que l'homme" put-il tomber - tout en se le reprochant - dans l'antisémitisme que révèle son Journal inédit ? C'est ce que j'ai voulu essayer de comprendre.
Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour de Camus, et vise à proposer des éclairages originaux sur la vie de Camus, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements.Dirigé par Raymond Gay-Crosier et Agnès Spiquel-Courtille.
La franchise est une vertu, le mensonge est un vice qui se cache partout : il peut être vil, pieux, officieux, généreux, cynique, mystificateur, paradoxal, habile, innocent, légitime... ou par omission. Ce Dictionnaire sans fin n'a d'autre souhait que d'ouvrir un éventail bigarré où les signatures les plus diverses, classiques ou contemporaines, se croisent au gré de fables, romans, dissertations, exégèses et autres gloses savantes ou fantaisistes ; certains s'y sont longuement attardés ; d'autres ont réglé la question d'un mot d'esprit ; comédie ou tragédie, qu'on en pleure ou qu'on en rie, le mensonge en littérature, en philosophie ou dans la vie reste un thème universel, s'il en est.