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Ton coeur à la forme d'une île
Limongi Laure
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246826170
Ce sentiment d'appartenance comme un joyau et une blessure, de celles qui viennent de loin. De générations humiliées, de populations déplacées, massacrées. Je suis corse, sò corsa, je le clame, je le chante, je le soupire. Je le porte en étendard, en oeillères, parfois, en mot d'amour, toujours. C'est ce qui me constitue, ma colonne vertébrale, ne faisant pas l'économie des clichés : brune, petit format, traits à la serpe, yeux noirs, souvent vêtue de noir, caractère trempé. Quelle est la part de la génétique et celle de l'effort à coller à l'image du mythe ? " Etre ou ne pas être Corse, telle est la question posée dans cet objet littéraire pluriel - comme peut l'être la définition d'une identité. Après On ne peut pas tenir la mer entre ses mains, Laure Limongi aborde son lien avec cette île à la culture si singulière, en mêlant histoire, entretiens, fiction et passages autobiographiques. Enquêtes personnelle et collective se superposent pour illustrer le ressenti des Corses insulaires et de ceux de la diaspora quant à leurs racines, leur langue, leur culture, leur perception des poncifs sur l'île : ils sont à double tranchant, entre le rejet méprisant des insulaires tenant d'une forme de racisme et la fascination pour un ailleurs si proche et sa beauté sauvage, ainsi transformé en exclusif lieu de loisirs. Revenant sur l'histoire contemporaine, Laure Limongi explique la constitution du stéréotype du Corse fraudeur et violent après la Seconde Guerre mondiale, sur fond de désastre écologique, de bouleversements politiques et de revendications sociales. Et l'on retrouve Laví Benedetti, personnage fort en gueule et attachant du précédent livre, dont le destin est ici éclairé par les dérives des combats de son époque. Ton coeur a la forme d'une île nous emporte dans une traversée qui lève nos préjugés à mesure que l'on découvre une histoire méconnue. Une magnifique réflexion sur la notion d'identité comme un feuilletage mouvant, ouvert à l'altérité, et non un carcan sclérosant fermé sur ses traditions.
Nous sommes des êtres de langues, surfaces sensibles et bavardes, fragiles et déterminées, offertes au monde. En 9 déambulations aux côtés de personnages intenses, Laure Limongi diffracte les potentialités narratives du langage dans les contes et légendes, la langue maternelle, les guides de conversation, le monde du travail, les lieux communs et les nouveaux idiomes des intelligences artificielles. Autant de situations fascinantes et troubles, d'histoires qui repensent la sensibilité humaine dans ses-aspects tendres ou vils, à l'aune de notre rapport aux mots.
Résumé : Le texte ? : dans le monde créé par ce récit, les hommes coexistent avec des androïdes intelligents. Ensuite, j'ai rêvé de papayes et de bananes raconte en particulier l'histoire de l'un de ces robots ingénieux, Silvio, qui, au contact de celle qui n'aime pas être appelée sa "? propriétaire ? " ou son "? maître ? " - et qui semble un double de l'écrivain -, apprend peu à peu à comprendre le monde dans lequel il évolue. Silvio est incité à ne pas servir docilement l'être humain et à devenir autonome. Les goûts qu'il se forge l'amènent à s'intéresser au domaine de la linguistique. Plus précisément, constatant qu'une grande partie des langues créées par les humains disparaissent, ne comprenant pas cette perte, il décide à la fois de mémoriser les données existantes sur les langues éteintes, de sauver les langues en voie de disparition, et de créer un langage. Le robot, sorte de "? bon sauvage ? " des temps futurs, fidèle à la tradition des Lumières, considère l'humanité, son génie, ses manquements, avec tendresse et perplexité. Il est en contact permanent avec la communauté de ses pairs dont certains sont bien plus critiques vis-à-vis des hommes. Le duo formé par le robot Silvio et l'humaine qu'il observe - et qui l'observe - souligne, avec humour et émotion, la fragilité de la condition humaine. Au-delà, le livre s'interroge sur les modes possibles de coexistence entre hommes et machines intelligentes. Mais aussi sur les rapports entre intelligence et pouvoir ? : l'intelligence doit-elle, absolument, être dominatrice ?? La richesse n'est-elle pas davantage d'aller contre l'uniformisation et de permettre à de multiples cultures de se développer ?? Le graphisme ? : ce livre n'est pas relié. Il prend néanmoins corps par la magie des plis, déplis et replis, et peut se déployer dans l'espace. Il invite ainsi à une lecture déployée, une lecture de résistance. En affirmant fort sa matérialité iconoclaste, il fait écho aux langues qui disparaissent. Les six rabats de la jaquette-couverture invitent à un jeu de composition/décomposition avec le mystérieux titre du livre. Imprimée sur un papier martelé coloré de vert pastel fluorescent, le titre déconstruit sera imprimé en dorure à chaud miroir. Le corps du livre (ses pages intérieures) est un dépliant accordéon horizontal, la lecture suit le fil d'une pagination zig-zag. Le papier est un offset classique, imprimé en un ton direct (Pantone 72). La liste des langues récemment disparues est traitée en annexe comme un dépliant accordéon vertical, une liste se déployant en boucle. Le papier est un bristol vert amande, imprimé en pourpre fluorescent. Un dos est néanmoins ménagé afin que cette proposition de lecture sans fin trouve sa place au sein des rayonnages.
Garin Eugenio ; Crippa Sabina ; Limoni Mario Andre
Dans ce livre de dimension modeste (320 p.), publié pour la première fois en 1964, Eugenio Garin réussit un tour de force jusque-là sans égal : présenter de façon concise et toujours claire l'essentiel de l'humanisme italien, des origines jusqu'à l'oeuvre de Giordano Bruno. Ce grand classique de l'histoire de la pensée retrace le passage du Moyen Âge à ce mouvement appelé " Renaissance ", en souligne les innovations, tant sur le plan des institutions que sur celui des coutumes, et fait revivre les débats philosophiques qui, à cette époque, secouent les hommes de science, les artistes, les théologiens ou les hommes politiques.
Dans chaque Fidelio, cinq auteurs racontent leurs premiers émois littéraires avec l'écrivain qui a changé leur vie : ici, cinq grands noms de la littérature sud-américaine. Catherine Bardon sillonne le Pérou à bord d'un bus inconfortable jusqu'à Piura, ville de la chaleur éternelle et décor des romans de Mario Vargas Llosa. Olivier Liron plonge avec émotion dans l'oeuvre pleine de symboles de l'inclassable Julio Cortázar. Guillaume Chérel évoque son attachement fraternel et littéraire à l'icône du monde communiste Pablo Neruda. Mélanie Sadler explore de façon intime le féminisme avant l'heure de Gabriela Mistral, prix Nobel de littérature en 1945. Et Laure Limongi ne craint pas d'interpeller l'intimidant Jorge Luis Borges à travers un dialogue imaginaire avec le maître argentin.
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.