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Le journal de Paltinis (1977-1981). Récit d'une formation spirituelle et philosophique
Liiceanu Gabriel
LA DECOUVERTE
26,00 €
Épuisé
EAN :9782707129345
Pour tous ceux qui cherchent dans la philosophie les voies d'un sens retrouvé dans un monde sans repères, ce livre sera une révélation. Mais pas dans le sens qu'on attend : il ne s'agit pas d'un traité de morale, et il ne délivre aucune " recette de vie ". Il propose le récit passionnant d'une formation philosophique, de la découverte de la philosophie comme résistance spirituelle. La force du livre tient d'abord au contexte dans lequel il a été écrit, dans la Roumanie de Ceausescu : une société plongée dans la misère matérielle et morale soumise à la folie d'un dictateur décidé à détruire tous les foyers de culture pour construire l'" homme nouveau ". Et c'est de cet étouffoir totalitaire qu'une poignée de jeunes intellectuels a réussi paradoxalement à se libérer, par le travail philosophique : pendant cinq ans, de 1977 à 1981, ils se sont régulièrement rendus dans le village de Paltinis, pour y rencontrer le grand philosophe Constantin Noïca, et engager avec lui une entreprise systématique de découverte et de critique de l'?uvre des grands philosophes. Le Journal de Paltinis est le récit au jour le jour de ces échanges passionnants, écrit sur un mode intimiste, vibrant d'une passion contagieuse. En cherchant à " contrebalancer le néant ", comme l'a écrit Cioran, cette aventure philosophique et spirituelle est certes un témoignage en creux, irremplaçable, sur les sociétés totalitaires de l'après-guerre en Europe de l'Est. Mais en ayant su trouver des accents inédits pour célébrer l'humanisme de la culture européenne, Gabriel Liiceanu nous aide à prendre conscience de notre dette à l'égard de cet héritage devenu ici trop banal. Et surtout, comme on le découvrira à la lecture de ces pages, " le Journal dépasse les limites forcément discrètes d'un texte philosophique et révèle son dessein véritable : la recherche de soi-même " (Cioran). Devenu un classique en Roumanie, ce livre majeur propose une magnifique introduction aux joies - et aux difficultés - du véritable travail philosophique, dont il montre qu'il ne doit surtout pas être réservé aux spécialistes.
Alors que la technique a cessé d'être notre espérance pour devenir notre destin, et à une époque où il ne nous est plus possible de penser le développement scientifique en terme de progrès, nous voici confronté à une question que l'âge des Lumières n'avait pas prévu : celle des limites. C'est donc à réhabiliter l'idée de modération, enterrée par l'orgueil moderne, que nous convie Gabriel Liiceanu, l'un des plus importants philosophes roumains actuels. Et de venir nous rappeler, dans le sillage de L'Homme révolté de Camus, la nécessité, pour notre temps, d'une réflexion éthique soucieuse de réconcilier pensée de la liberté et pensée de la finitude. En cela, cet essai, écrit dans une langue accessible à tous, résonne au cœur de l'inquiétude contemporaine. Mais face au divorce grandissant du rationnel et du raisonnable, c'est aussi toute la condition humaine que l'auteur entreprend de repenser à l'épreuve de la limite, par une réflexion concrète et vivante sur l'existence quotidienne, sur l'amour et la bêtise, la responsabilité et la faute, ou encore à travers les figures du paresseux, du raté, du " bovaryque ". Penser la limite, telle est notre tâche la plus urgente si nous ne voulons pas abandonner le siècle qui vient au règne d'une démesure machinale. Alain FINKIELKRAUT
8 AVRIL 2011 : ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE CIORAN UN PORTRAIT DE L'AUTEUR DU PRECIS DE DECOMPOSITION SUIVI D'UN ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC CE GRAND INSOMNIAQUE QUI AVAIT CHOISI LA SURVIE PAR L'ECRITURE ET LE SCEPTICISME COMME MODE DE VIE
Né en 1942, en Roumanie, Gabriel Liiceanu, éditeurde E. M. Cioran aux éditions Humanitas, qu'il dirige depuis 1990, est professeur à la Faculté de philosophie de Bucarest. Traducteur de Platon, des néo-aristotéliciens et de Heidegger, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La phénoménologie du tragique et De la limite.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.