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Violence et colonisation. Pour en finir avec les guerres de mémoires
Liauzu Claude
SYLLEPSE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782847970616
Non, les guerres coloniales ne sont pas finies ! Quatre procès concernant celle d'Algérie les rappellent à notre bon souvenir en 2003, dont le procès du général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major des armées entre 1987 et 1991, mis en cause par deux Algériens, anciens militants du FLN, pour son attitude pendant la bataille d'Alger. Ce livre a pour origine la volonté de ne pas s'enfermer dans la répétition indéfinie des guerres de mémoires, dont les protagonistes - au nom de leurs souffrances et sous prétexte de l'honneur de la France - empêchent un travail de mémoire. Or ce travail, désormais possible, est plus que jamais indispensable pour faire reculer les xénophobies et le spectre du conflit de civilisation. Pour clore ce chapitre, il faut cesser des combats d'arrière-garde qui persistent à nier l'évidence. Le but de cet ouvrage est d'expliquer la violence coloniale, d'en rechercher les origines dans les conquêtes, des siècles d'esclavage, le racisme colonial. Quantité de témoignages ont établi la réalité et la gravité de la violence des guerres coloniales, ceux des défenseurs des droits de l'homme dès le début de la guerre, ceux du contingent et de militaires de carrière tels de Bollardière. Récemment, le général Aussaresses et le général Massu ont reconnu les faits. Les souvenirs des anciens du contingent ne laissent pas place au doute qant à la "nécessité" de faire parler pour protéger les civils. Le géénral Massu lui-même a reconnu sa faiblesse en admettant l'inefficacité de la torture. La colonisation est notre passé commun. Cet héritage doit être assumé, partagé.
Depuis le 11 septembre 2001, la guerre des civilisations - comme Wells disait la guerre des mondes - est devenue une évidence pour tout un chacun, pour les médias et pour nombre d'intellectuels. Les ayatollahs des deux camps sonnent le tocsin et la charge. Ce livre a pour seul parti pris le refus d'une dérive qui n'est pas inéluctable, le refus de conflits dont les effets seraient irréparables pour nous mais aussi pour les générations à venir. Il se propose de décrypter les images réciproques que les deux civilisations ont élaborées au fil des siècles, de leurs chocs, échanges, rejets et refoulements. Les dossiers qui sont présentés ici ne proclament pas une vérité, mais veulent nourrir l'information et fournir des pistes de réflexion. Comme dit le proverbe, les hommes ressemblent plus à leur temps qu'à leurs pères. L'interdépendance de plus en plus accentuée des sociétés entraîne des brassages sans précédent de produits, d'hommes et d'idées, développe les métissages. Les cultures de guerre, les universalismes univoques sont dépassés. Nous devons élaborer une conception du monde à la hauteur des exigences de la mondialisation. Biographie de l'auteur Claude Liauzu est professeur d'histoire contemporaine à Paris VII. Il a notamment publié Colonisation: droit d'inventaire (dir.), Armand Colin; Violence et colonisation: pour en finir avec les guerres de mémoires (dir.), Syllepse; Tensions méditerranéennes (dir.), L'Harmattan; Quand on chantait les colonies: colonisation et culture populaire de 1830 à nos jours (avec Josette Liauzu), Syllepse.
Après avoir relaté son parcours dans un précédent livre, Fatima Besnaci-Lancou donne aujourd'hui la parole aux "mères", ces femmes de harkis débarquant en terre inconnue après avoir fui une guerre qui leur était souvent étrangère, pour se retrouver confinées des années durant dans des camps de regroupement. Il a fallu vaincre les réticences, les pudeurs, les peurs, pour qu'elles acceptent de se livrer, creusant au plus profond d'elles-mêmes. Leurs récits portent tous une profonde blessure. Comment en serait-il autrement, alors qu'elles laissèrent derrière elles parents, frères ou soeurs ? Et que bien souvent, leurs maris brisés ou disparus trop tôt, elles durent élever seules leurs enfants. Aujourd'hui, leur condition s'est améliorée. Si certaines en veulent toujours aux Etats algérien et français de les avoir livrées à une vie de souffrances et de misère, d'autres estiment que la France leur a malgré tout permis de vivre en paix et d'élever leurs enfants, dont la réussite fait souvent leur fierté. Enfin, ces récits apportent une contribution majeure à l'histoire des harkis. Ou plutôt "aux histoires", invitant à se défier des manichéismes simplificateurs.
De la colonisation française dans les différentes parties du monde, on n'a jusqu'à présent pas dressé la bilan, ni mis en ?uvre l'analyse objective qui serait de mise. Les indépendances sont récentes en effet, les enjeux de mémoire ou nationaux parfois très lourds, comme l'illustrent régulièrement les débats suscités de part et d'autre de la Méditerranée sur la guerre d'Algérie. Pourtant, il est aujourd'hui possible de se livrer à une lecture sereine des acquis, des passifs, des conséquences du système colonial, dans les différents états où il s'est exercé, et surtout dans les différentes sociétés où il a fini par produire des réalités neuves, inédites, de passionnants cas de métissage et d'acculturation réciproque. C'est à ce travail sans préjugés et sans esprit partisan, sans volonté de démontrer et sans concessions que se sont livrés sept historiens spécialistes des zones concernées, qui apportent sur chacun de ces dossiers sensibles un éclairage depassionné
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.