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L'invention du théâtre et autres fictions
Lewi Henri
CONFERENCE
22,00 €
Épuisé
EAN :9791097497170
Comment faire vivre les textes classiques ? La réponse est ici à l'opposé de celle des anthropologues : il vaut mieux mettre l'accent sur une proximité de l'homme ancien que sur des différences qui n'intéressent que le touriste. Contrairement à ce que peuvent dire les sciences humaines, le sentiment de familiarité que peut avoir un homme de notre temps quand il lit tel texte antique n'est en rien trompeur. Il y a dans le théâtre gréco-latin une présence absolue de l'homme antique, qu'il soit le dramaturge ou son personnage. L'idée d'une différence essentielle de l'homme du présent et de l'homme antique est le dernier avatar du commentaire aristotélicien : depuis la naissance de l'esthétique dans la Prusse du XIXe siècle, il est assuré que l'art et la littérature n'existent que depuis que les théoriciens en ont inventé les concepts ; mais on confond une conscience créatrice qui est conscience absolue, de soi-même, de ses fins propres, de ses moyens, et une connaissance conceptuelle qui est celle des professeurs : connaissance laborieuse, interminable, toute relative aussi, et stérile, à moins d'imaginer que la connaissance théorique engendre l'oeuvre : mais c'est le contraire. Qui invente le théâtre, et quand ? Toutes les questions concernant l'origine attendent de l'historien un éclaircissement impossible ; l'Antiquité n'est que la surface lumineuse d'un gouffre sans fond. L'histoire, pour le théâtre comme pour toutes les formes de l'activité humaine, n'a de réalité que comme toile de fond. C'est pourquoi il importe de dénoncer l'obsession historiciste de quelques commentateurs, les mêmes qui nient l'existence d'une nature humaine, identique à elle-même à travers le temps. Les formes changent continuellement, sans doute, qu'il s'agisse de la société ou des oeuvres d'art ; mais, quant à celles-ci, le processus de la création n'est pas essentiellement différent chez Eschyle et chez Balzac. L'esprit souffle où il veut, il est tout de suite au-delà de ce qui est enseigné et transmis. On dira que telle invention est déjà moderne, qu'Eschyle, Euripide et Plaute concevaient déjà l'individu, le monothéisme ou l'athéisme ; mais le déjà est de trop : tout est dit, dès le début ; aucun grand artiste ne vient trop tard, quand il fait revivre le déjà dit et en fait son dire à lui. L'invention historique du théâtre n'est qu'une fiction ; chaque grand dramaturge, chaque grand metteur en scène ou comédien, chaque public inspiré peut-être, inventent à neuf la tragédie et la comédie.
Résumé : Avec vingt millions de marques déposées, le branding, la gestion des marques, est le facteur clé marketing du début du XXIe siècle. La marque est souvent, désormais, le principal actif d'une entreprise. Cet ouvrage s'appuie sur l'analyse de plus de 200 exemples pour réaffirmer les fondamentaux, traiter des évolutions du branding comme le storytelling, le vieillissement, la revitalisation de la marque, la gestion complexe d'un portefeuille de marques ou encore la e-réputation. Un ouvrage documenté, synthétique et très clair. Ce livre s'adresse : aux étudiants des écoles de management et des universités ; aux professionnels en formation continue ; aux responsables opérationnels, chefs de produits et "brand managers".
Les textes qui composent ce Lecteur somnambule ont été écrits au hasard des lectures dont ils rendent compte depuis vingt-cinq ans ; les derniers reviennent sur un cheminement où paraissent une perplexité qui n'est pas qu'à l'auteur, une sidération. C'est la même sidération du mal absolu qui suit en Europe la première guerre et la seconde, réunissant écrivains juifs et non juifs, Marguerite Audoux et Kafka, Witold Gombrowicz et Charles Juliet ; réunissant aussi les enfants des victimes et des bourreaux dans le deuil et la confusion. Comment peut-on faire du mal à son semblable ? Comment comprendre une absence ou une suspension de la sensibilité ? Question originaire à laquelle le XXe siècle donne une extension inouïe. Et une autre question, ou la même, est celle de la responsabilité. C'est comme si l'entretien improbable de Kafka et du jeune Gustav Janouch se continuait : la Grande Guerre, en industrialisant le meurtre, a ouvert les écluses du chaos, perverti le sens des mots ; le mal navigue sous des pavillons respectables ; mais la conscience morale est toujours là, dit Kafka à Janouch, a toujours été là. Toute l'oeuvre de Saul Bellow répète la conviction kafkaïenne : les assassins sont conscients de ce qu'ils font, et responsables ; et Jorge Semprun reprenant les intuitions de Fichte : le mal n'est pas un manque, en lui se manifestent la ténèbre impartie à tout homme, la plénitude de la liberté. Si le livre se termine sur deux récits hassidiques, c'est que la force de la parole y sauve d'une paralysie spirituelle ; c'est celle d'une époque tout entière attachée à expliquer et nier le crime. L'écriture inspirée y affirme sa liberté essentielle, nie toute fascination, serait-ce celle du deuil, rouvre le futur : telles sont les distances fictives du roman, créateur de mythes où le monde retrouve sa nouveauté.Henri Lewi a publié deux essais : Bruno Schulz ou les stratégies messianiques (La Table ronde, 1989), Isaac Bashevis Singer, la génération du Déluge (Le Cerf, 2001). Il a traduit du yiddish l'autobiographie d'Israël Joshua Singer, D'un monde qui n'est plus (Denoël, 2006).
«Il était une fois...» Il n'a pas échappé aux publicitaires que les hommes aiment les histoires. Plutôt que de vanter les qualités d'un produit, d'une région ou d'une personne, il est désormais d'usage de raconter son histoire, celle de ses créateurs ou de ses employés. Mais n'est pas conteur qui veut. La narration est un art qui obéit à des règles et s'inspire de modèles éternels. Le storytelling emprunte aux contes de fées, fables et mythes fondateurs une structure narrative qui repose sur le manichéisme. L'ennemi est la pierre angulaire d'un bon récit. Sans ennemi, pas de lutte ; sans lutte, pas de héros. Un storytelling efficace est un récit qui fabrique un ennemi et qui identifie les armes pour le combattre. Georges Lewi donne les clés pour réussir son storytelling à l'aide d'exemples de storytellings d'entreprises (Michelin, Free), de marques (Red Bull, Google), de territoires (L'île de Ré, Dubai), de personnages publics (Obama, Poutine) et de générations (jeunes, retraités).
Le prix Nobel attribué en 1978 à Isaac Bashevis Singer (Pologne 1904 - Miami 1991) consacrait un écrivain yiddish vivant en Amérique, et bientôt universellement traduit (mais toujours à partir de l'anglais). Non sans quelque méprise sur le sens même de l'œuvre. Celle-ci est indissociable de la littérature yiddish et de l'histoire juive au Xxe siècle. Singer émigre en Amérique en 1935, suivant son frère Josué, et parmi tout un peuple d'immigrants d'Europe de l'Est dont le judaïsme est marqué par le hassidisme. Son œuvre naîtra après la mort de son frère, après la Shoah, et renoue avec la littérature yiddish ancienne, celle qui suivit le Déluge, c'est-à-dire (en polonais et en yiddish) les grands pogromes ukrainiens du XVIIème siècle. C'est dans cette tradition que Singer trouve de quoi affronter la dépression et le deuil. Au-delà d'Isaac Bashevis Singer, Henri Lewi s'interroge sur la vision du monde du judaïsme polonais, sur la permanence de ses catégories, des textes médiévaux et hassidiques à Saul Bellow, Philip Roth, Paul Auster. Où la cabale tient une place importante, scrutation des racines de l'âme, métempsycose. Les mythes qui traversent l'œuvre de Singer sont les mêmes qui sous-tendent les textes anciens, hébreux et yiddish, et d'abord la certitude d'une survie, d'une continuation, d'une éternité. Mais seul le texte yiddish en restitue les concepts fondamentaux, généralement hébraïques, fondements du dialogue mental d'une société ; c'est en yiddish qu'il faut lire Isaac Bashevis Singer.
Résumé : Michel Simonet est cantonnier à Fribourg. Il parle de son métier, qui est aussi une vocation : rendre une ville présentable, veiller à sa propreté, permettre à ses habitants de jouir d'elle sans se poser la question des conditions nécessaires à leur bien-être. Succession de scènes et de portraits étonnamment proches de la poésie là où l'on ne pensait pas devoir la trouver, Une Rose et un Balai propose une réflexion amusée sur nos façons de vivre et de nous comporter. Ce petit livre plein d'humour et de sagesse invente, après les horizons parfois trop larges des épopées de la route et de l'aventure, une "poésie de la voirie", attentive à tous les gestes quotidiens et propice à des méditations inattendues.