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La Machine univers. Création, cognition et culture informatique
Lévy Pierre
LA DECOUVERTE
13,57 €
Épuisé
EAN :9782707116611
La " machine univers ", c'est bien sûr l'ordinateur, qui semble enfin réaliser ce vieux rêve de l'humanité : celui d'une machine universelle, capable de tout calculer. Mais aussi bien plus que cela : car l'informatisation de la société fait émerger une nouvelle vision du monde, conçu comme un univers où tout serait calculable. C'est à cette véritable mutation anthropologique, comparable seulement à celle qui accompagna l'apparition de l'écriture, que Pierre Lévy s'intéresse dans ce livre profondément original. A partir d'une vaste enquête sur les nouvelles conditions technique de la création (picturale, musicale et scientifique), l'auteur dessine les lignes de force de la culture qui vient. Il montre que les simulations numériques et la mise en algorithmes des raisonnements scientifiques amènent à considérer les objets physiques, biologiques, et même les sujets humains, comme de simples systèmes de traitement de l'information, en effaçant cette partie essentielle du réel et de la culture qui ne sera jamais réductible par le calcul. MAis il montre aussi que la transformation contemporaine des manières de saisir la réalité, loin d'être une simple conséquence de l'informatisation, plonge de profondes racines dans a culture occidentale : elle apparaît comme le couronnement d'un processus multiséculaire, qui a lentement substitué la domination du calcul à celle du langage. La machine univers est le premier ouvrage d'envergure qui incite à penser l'informatique dans toutes ses dimensions philosophiques et anthropologiques. Ecrit dans une langue incisive et limpide, ce livre mène le lecteur des techniques contemporaines les plus sophistiquées à des perspectives entièrement originales sur l'histoire de l'art, des théories scientifiques concernant la vie et l'intelligence aux interrogations dernières sur le sens du devenir humain.
Pour les initiateurs de la mutation du PCF, tout serait à reconstruire. L'effondrement à l'Est, la révolution informationnelle, la mondialisation inéluctable : autant de preuves présumées irréfutables nous invitant à entrer gaillardement dans la modernité, cette nouvelle ère où rien ne pourrait plus être pensé comme avant. Pierre Lévy, fort de son expérience militante, insiste sur la nécessité de continuer à forger la culture communiste dans la durée : non pour céder à quelque fierté identitaire ou sentimentale - a fortiori nostalgique - ni pour exalter une vénérable mais intemporelle " tradition ", mais pour refuser qu'au dogme - qui postule que tout est déjà pensé, écrit, découvert, ou inventé - succède son double inversé, selon lequel tout serait à réinventer. Pour l'heure, la pression modernitaire conduit la direction du PCF, qui valorise désormais les terrains sociétaux, à abandonner notamment trois concepts : la centralité du travail, et donc de l'exploitation ; la nécessité d'une rupture avec la logique dominante ; la primauté du collectif sur l'individu. Face à cela, l'auteur, dans un style vif et alerte, propose de reconstruire la cohérence du triptyque social-politique-nation. Il plaide pour une véritable alternative stratégique à l'éternelle reconduction d'une union de la Gauche plus que jamais dans l'impasse.
Incontestablement, Jean-Pierre Chevènement a créé en quelques mois une onde de choc qui a marqué la première manche de la campagne présidentielle, au point de bouleverser un scénario que les experts annonçaient comme inévitable. La dynamique du pôle républicain pourrait bien provoquer de nouvelles surprises. Dans son précédent ouvrage, Pierre Lévy fut l'un des premiers à plaider pour que se dessine un rassemblement qui sorte des clivages politiques frelatés, lesquels masquent, pour l'heure le profond accord entre " gauche plurielle " et droite parlementaire. C'est en particulier autour de l'intégration européenne que les reclassements idéologiques et politiques s'opèrent, comme on le pressentait depuis 1992. Face au consensus des élites brocardant de concert l'idée même de souveraineté nationale, les peuples - qu'on voudrait ravaler au rang " d'opinion publique " - rechignent désormais, en France comme ailleurs, à se laisser dessaisir de leur liberté de décider de leur destin. Pour l'auteur, militant communiste depuis plus de vingt ans, si le PCF est cliniquement mort du fait de la " mutation " décrétée par sa direction actuelle, le communisme français, dont les racines plongent loin dans l'histoire, a un avenir pour peu qu'il sache renouer avec le triple point de vue du monde du travail, du peuple et de la nation. Pour ouvrir la voie à une telle reconstruction, il faut que la donne politique soit profondément bouleversée. C'est donc dans leurs propres convictions que les militants et sympathisants communistes, les électeurs progressistes, trouveront les raisons de s'engager dans le pôle républicain. En retour, celui-ci ne peut prendre toute son ampleur que s'il a une véritable dimension populaire. Dans un style tour à tour mordant, incisif, ironique, parfois provocateur, Pierre Lévy ; qui dirige depuis un an le mensuel Bastille-République-Nation, le journal, nous propose ici un livre très personnel, dans lequel pourront cependant se reconnaître tous ceux qui ne se résignent pas au règne des modes et de l'air du temps.
Nos corps, nos intelligences, les messages, et les biens que nous échangeons sont affectés d'un mouvement de virutalisation rapide et généralisé. Cette évolution atteint même nos manières d'être ensemble: communautés virtuelles, entreprises virtuelles, démocratie virtuelle... Quoique l'interconnexion des ordinateurs de la planète (le cyberespace) joue un rôle crucial dans la transformation en cours, il s'agit d'une vague de fond qui déborde amplement l'informatisation. Faut-il craindre une déréalisation générale? Sommes-nous sous la menace d'une apocalypse culturelle? Ce livre défend une autre hypothèse: parmi les évolutions à l'oeuvre en ce tournant du troisième millénaire, et malgré leurs indéniables aspects sombres, s'exprime une poursuite de l'hominisation. Ni fulmination contre le présent, ni promotion d'un enthousiasme naïf devant les prouesses technologiques, ce livre explique ce qu'est la virtualisation et en quoi elle contribue à l'invention de l'humain, Lenjeu: comprendre la mutation contemporaine pour avoir une chance d'y devenir acteur.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.