La musique est avant tout une affaire de perception. Mais que doit-on entendre pour comprendre une oeuvre musicale ? Faut-il appréhender sa structure formelle ou suffit-il plus simplement de suivre sa progression temporelle ? Tel est le problème auquel Jerrold Levinson, figure importante de l?esthétique analytique, porte toute son attention. Il est courant d?insister sur les exigences formelles de la perception musicale : condition permettant de distinguer une suite de sons d?une oeuvre musicale, mérite esthétique de toute "bonne musique" ou encore critère de différenciation entre la musique savante dite "sérieuse", telle la musique classique occidentale ou encore toute musique écrite, et la musique de masse appelé parfois "divertissement musical", comme la variété internationale, l?attention formelle serait inévitablement requise. L?objectif de cet ouvrage est de renverser la conception traditionnelle de la compréhension musicale : l?expérience musicale est d?abord et essentiellement temporelle, et non pas formelle comme le laisse penser les experts et théoriciens de la musique. Cet ouvrage, par ses exemples musicaux nombreux ainsi que son style argumentatif clair, s?adresse autant au philosophe, scientifique, théoricien qu?aux amateurs de musique. Il ouvre une réflexion stimulante à propos de nos expériences musicales et de leur réussite.
Commentaires Selon l'auteur : “Levinson atteste non seulement de l’importance du rôle des scribes —dans la révélation divine, « la voix humaine ne s’est pas tue, elle s’est amplifiée » (p. 63) —et de leur ingéniosité à innover et même à subvertir le texte, mais il oblige aussi, plus largement, à reconsidérer les notions de canon et de tradition dans leur articulation réciproque et leur rapport dialectique. Il offre enfin une occasion unique de réanimer un dialogue critique entre les études bibliques et les sciences humaines au profit du renouvellement de ces dernières.” —Didier Luciani, Vies consacrées 78 (2006): 196–97 “En un mot, c’est une lecture qu’on ne peut que recommander chaudement à quiconque veut lire intelligemment les textes bibliques, en particulier les textes juridiques.” —Jean Louis Ska, Nouvelle Revue Théologique 129 (2007): 148–49 “Il s’agit, à l’heure actuelle, de la meilleure introduction à l’exégèse intra-biblique et sa lecture est simplement indispensable à toute personne intéressée par cette approche et par ses enjeux, que ce soit sur le plan méthodologique, historique ou encore herméneutique.” —Christophe Nihan, Henoch: Studies in Judaism and Christianity from Second Temple to Late Antiquity 30:2 (2008): 369 “A sophisticated understanding of how canonization should be conceived in Judaism. An important work, rendered all the more useful by its third part, which is a bibliography. . . .” —John Barton, Society for Old Testament Study Book List 2007 “The longest part of his study is devoted to show the innovation during the formation process of the canon . . . This part of Levinson’s book is revealing and excellent, as he brilliantly demonstrates intra-biblical exegesis. He suggests that this can serve as a guide for modern exegesis.” —Walter Vogels, Review of Biblical Literature, 2007 “ . . . an excellent short introduction to inner-biblical exegesis.” —P. S. Johnston, Vetus Testamentum 58 (2008): 140
Résumé : Pour Jerrold Levinson, le rapport des oeuvres d'art à l'histoire entre dans la définition même de l'art, d'un point de vue à la fois ontologique, interprétatif et évaluatif. Les essais réunis dans ce volume explicitent cette position en s'attachant à compléter, fût-ce pour les critiquer, les théories institutionnelles qui ont marqué la discussion contemporaine sur l'art et en examinant plus particulièrement la question controversée des oeuvres d'art et du futur. L'approche à la fois contextualiste, historiciste et objectiviste, de Levinson l'oppose aux travaux inspirés par la déconstruction et le relativisme. Elle s'illustre particulièrement ici dans deux essais consacrés.à la musique : "Qu'est-ce qu'une oeuvre musicale ?" et "La musique et les émotions négatives", domaine de prédilection auquel Levinson a consacré jusqu'ici ses recherches les plus importantes.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.