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THEORIE DE L'INTUITION DANS LA PHENOMENOLOGIE DE HUSSERL
LEVINAS
VRIN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782711604906
Exposant les notions fondamentales de la philosophie phénoménologique de Husserl, ce livre - l'un des premiers - a contribué à le faire connaître en France. Il dégage ces notions à partir d'une théorie de l'intuition qui est une théorie de la vérité. La vérité équivaut à la manifestation - en original - par delà images et mots - des " choses elles-mêmes ", à leur apparaître " en chair et en os ". La phénoménologie serait un " retour aux choses elles-mêmes " et l'analyse de leur essentiel " se montrer ". Les notions husserliennes principales dégagées dans la présente étude - basée sur les ouvrages publiés du vivant du philosophe -, permettent d'accéder et à son ?uvre posthume, si importante, et aux recherches de l'ensemble de la pensée de notre temps, si profondément influencée dans sa problématique, ses débats et son langage, par la phénoménologie.
Qu'est-ce qui peut venir à l'idée qui n'y soit pas déjà, en quelque façon, contenu, ou qui ne soit pas déjà à la mesure de l'idée ? Ne faudrait-il pas, pour rendre pensable l'absolu - pour trouver un sens à Dieu contester que la pensée soit coextensive à la conscience en guise d'un savoir toujours corrélatif de l'être et, dès lors, que la philosophie coïncide avec l'ontologie ? Dieu vient-il à l'esprit dans une connaissance et dans un dialogue pour s'y laisser thématiser et tutoyer, s'égalant ainsi à la pensée qui l'entreprend et qui se voudrait d'emblée " adéquation à l'être " et qui aurait déjà les intentions - et l'intentionnalité - de l'ontologie ? Ou, vouant le moi à autrui dans le visage même de l'autre homme, Dieu n'a-t-il pas sens précisément en me signifiant un ordre ? Ce livre essaie, en effet, de suggérer que le sens signifie non pas exclusivement sous la figure de signifiants - choses, signes, mots - renvoyant à des signifiés ; qu'il, signifie, plus anciennement, à partir du visage humain, comme quand on dit signifier un ordre ou ordonner. Signifiance originelle du visage perçant sans cesse ses formes plastiques et représentées qui sans cesse se referment sur la voix silencieuse ou inouïe du commandement signifié ! Eveil et dévotion suscités en guise d'un moi libéré de soi, libéré pour le prochain, même si l'on s'obstine à n'y trouver que représentation et conscience de soi.
Résumé : La pensée d'Emmanuel Lévinas a d'emblée été connue des philosophes et des universitaires, dès son premier ouvrage, La théorie de l'intuition chez Husserl, en 1930. Avec " Totalité et Infini " (en l963), il fut reconnu comme un innovateur puissant et originel pour son développement de la phénoménologie. Pourtant, plus récemment, l'immense intérêt du public pour Lévinas s'est déplacé, plutôt, vers les conséquences ou les marges de son projet initial. Ce déplacement a sa légitimité, prouvant au moins la pertinence politique et religieuse de la parole la plus conceptuelle. Mais il nous a semblé aussi légitime, voire urgent, de restituer l'enjeu original de l'initiative de Lévinas : poursuivre la phénoménologie de Husserl, non pas en la déployant vers la question de l'être (comme le fit Heidegger), mais en lui assignant l'éthique comme philosophie enfin première. Bref, Lévinas fut d'abord un phénoménologue et apparaît aujourd'hui de plus en plus comme tel. Cinq textes inédits ou difficiles d'accès de Lévinas et treize études de phénoménologues ou d'historiens de la philosophie moderne permettent, ici, d'évaluer quel apport intime unit Lévinas au nouveau commencement que Husserl entreprit de donner à la philosophie. J.- L. M.
Que signifie être sujet ? A cette question difficile, Emmanuel Levinas a consacré l'essentiel d'une oeuvre jamais définitivement close. Ce texte inédit apporte un nouvel éclairage sur une pensée exigeante, témoin durable des grands événements et des grandes catastrophes qui ont décimé le XXe siècle. Levinas revient une nouvelle fois sur des questions récurrentes dans son oeuvre : l'altérité formelle, la conscience de soi, la structure éthique de la subjectivité, l'humanité de l'homme, ou encore la justice des incomparables. Mais ce qui fait la spécificité de ce texte, c'est sans doute sa tonalité plus subtilement politique, requise, écrit Levinas, par une Europe "qui est aussi à l'heure des bilans".
Une négation qui se voudrait absolue, niant tout existant - jusqu'à l'existant qu'est la pensée effectuant cette négation même - ne saurait mettre fin à la "scène" toujours ouverte de l'être, de l'être au sens verbal : être anonyme qu'aucun étant ne revendique, être sans étant ou sans êtres, incessant " remue-ménage ", pour reprendre une métaphore de Blanchot, il y a impersonnel, comme un "il pleut" ou un "il fait nuit". Terme foncièrement distinct du "es gibt" heideggerien. II n'a jamais été ni la traduction, ni la démarque de l'expression allemande et de ses connotations d'abondance et de générosité. (...) Il faut insister sur le caractère désertique, obsédant et horrible de l'il y a et sur son inhumaine neutralité. Neutralité à surmonter. Sortie recherchée dans ce livre. Analyses esquissées dans ce sens de la relation à autrui. E. Levinas