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Beethoven, toujours. Trente-deux Sonates pour quel infini ?
Levinas Michaël ; Cohen-Levinas Danielle
CERF
18,00 €
Épuisé
EAN :9782204141000
Peut-on imaginer un dialogue entre un musicien contemporain et Beethoven ? La scène se passe dans l'atelier de Michaël Levinas, là où le pianiste travaille et explore depuis plusieurs décennies l'oeuvre de cet immense compositeur. Son incessante interprétation des Trente-deux Sonates, qu'il ajoutées plusieurs fois en concert et auxquelles il a consacré une partie de son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, est ancrée dans une tradition dont il remonte le temps et dans un avenir qui est encore à écrire. Ces entretiens sont l'occasion pour le lecteur, musicien ou mélomane, de suivre en temps réel le mouvement d'une lecture/relecture infinie. Michaël Levinas est un pianiste-concertiste et compositeur français internationalement reconnu. Il est Professeur émérite au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et membre de l'Institut de France, l'Académie des Beaux-Arts. En France, il est le premier Michaël Levinas pianiste-interprète de sa génération après Yves Nat à avoir enregistré l'intégrale des Trente-deux Sonates de Beethoven entre 1988 et 1991.
Résumé : La pensée d'Emmanuel Lévinas a d'emblée été connue des philosophes et des universitaires, dès son premier ouvrage, La théorie de l'intuition chez Husserl, en 1930. Avec " Totalité et Infini " (en l963), il fut reconnu comme un innovateur puissant et originel pour son développement de la phénoménologie. Pourtant, plus récemment, l'immense intérêt du public pour Lévinas s'est déplacé, plutôt, vers les conséquences ou les marges de son projet initial. Ce déplacement a sa légitimité, prouvant au moins la pertinence politique et religieuse de la parole la plus conceptuelle. Mais il nous a semblé aussi légitime, voire urgent, de restituer l'enjeu original de l'initiative de Lévinas : poursuivre la phénoménologie de Husserl, non pas en la déployant vers la question de l'être (comme le fit Heidegger), mais en lui assignant l'éthique comme philosophie enfin première. Bref, Lévinas fut d'abord un phénoménologue et apparaît aujourd'hui de plus en plus comme tel. Cinq textes inédits ou difficiles d'accès de Lévinas et treize études de phénoménologues ou d'historiens de la philosophie moderne permettent, ici, d'évaluer quel apport intime unit Lévinas au nouveau commencement que Husserl entreprit de donner à la philosophie. J.- L. M.
Levinas Michaël ; Castanet Pierre Albert ; Cohen-L
A l'aube du XXe siècle, les Ecrits de Michaël Levinas proposent vingt-cinq ans de réflexion pertinente sur l'art musical et sur la philosophie du sonore. Ainsi, qu'ils concernent l'univers spécialement pianistique ou qu'ils analysent techniquement une partition du répertoire des siècles passés, qu'ils émanent d'entretiens furtifs ou qu'ils cernent des notions rhétoriques ou stylistiques, les Ecrits remontent généralement des conditions du geste artistique vers l'unité de la pensée esthétique. Dès les premières lignes, les questionnements tautologiques fusent autour de la notion phare de " l'instrumental " et de ses multiples dérivés. De plus, en dehors des concepts créatifs pro prement levinassiens (la dimension théatrale, l'amplification, la mutation timbrique, l'hybridation), l'ouvrage apporte sans conteste un éclairage original sur... le merveilleux de l'art d'Olivier Messiaen, l'articulation hypertrophique d'Alban Berg, sur Boulez le polyphoniste, Stockhausen l'inspirateur, Ligeti l'explorateur... et sur bien d'autres confidences expertes (Beethoven, Liszt, Berlioz, Rimsky-Korsakov, Ravel). Enfin, outre la visitation singulière de ces différents cadres et contenus esthétiques conjoncturels, Michaël Levinas s'inscrit dans l'Histoire en dressant un bilan porteur de la modernité musicale dans le dernier tiers du XXe siècle.
Dans l'article qui révéla la pensée de Levinas au public philosophique, Jacques Derrida a écrit à propos de Totalité et Infini (paru en 1961) que le développement des thèmes n'y était "ni purement descriptif, ni purement déductif. Il se déroule avec l'insistance infinie des eaux contre une plage : retour et répétition, toujours de la même vague, contre la même rive, où pourtant chaque fois se résumant, tout infiniment se renouvelle et s'enrichit." Ainsi pourrait-on rendre compte de l'ensemble de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas qui, d'articles en articles et d'articles en recueils, élabore son "éthique" comme philosophie première. La pensée initiale de l'infini (venue de Descartes et de Husserl) s'enrichit chez Levinas de déterminations esthétiques, linguistiques et politiques. Des concepts inédits sont abordés par le philosophe : la fatigue, le visage, la trace. Non seulement le temps, le langage mais aussi l'espace, le sujet, la femme se trouvent remodelés selon cet altruisme sans faille qui est la marque même de la pensée de Levinas. "Le sujet qui parle ne situe pas le monde par rapport à lui-même, ne se situe pas purement et simplement au sein de son propre spectacle, comme l'artiste, mais par rapport à l'autre."
Résumé : "Le temps est-il la limitation même de l'être fini ou la relation de l'être fini à Dieu ? Relation qui n'assurerait pas pour autant à l'être une infinitude opposée à la finitude, pas une auto-suffisance opposée au besoin, mais qui, par-delà satisfaction et insatisfaction, signifierait le surplus de la socialité. Le temps et l'autre pressent le temps non pas comme horizon ontologique de l'être de l'étant, mais comme mode de l'au-delà de l'être, comme relation de la pensée à l'Autre". Ce texte reproduit quatre conférences faites en 1946 et 1947, sous ce titre, au Collège de philosophie fondé par Jean Wahl, lieu d'ouverture dans lequel se retrouvait, au lendemain de la Libération, "la multiplicité même des tendances dans la philosophie vivante".