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LES MISERES ET LES MALHEURS DE LA GUERRE
L.L. DE MARS
ION
9,00 €
Épuisé
EAN :9782919347063
Jacques Callot, artiste français du 17ème siècle, originaire de Nancy, est célèbre pour sa série de gravures évoquant les Grandes Misères de la guerre de Trente Ans qui avait alors lieu en France. Le poète Laurent Grisel a écrit face à ces images souvent brutales des textes poétiques qui vont fouiller les moindres recoins microscopiques des gravures. L. L. de Mars s'est ensuite plongé dans l'intervalle entre ces nouveaux textes et les images de Callot, pour proposer ses propres visions hallucinées de la guerre éternelle, traversées par des éclairs d'aujourd'hui et des motifs d'hier. La guerre est totale, le lecteur est plongé jusqu'au cou dans un tourbillon graphique renforcé par le son des mots. Le livre qui résulte de cette triple rencontre est frappant, d'une force sombre et noire.
Chronique émotionnelle de l'écroulement d'un monde, Sous les bombes sans la guerre évoque les derniers moments de la vie d'un homme, accompagné de son fils. Ce dernier est représenté sous les traits de Pif le chien, personnage créé en 1948 par José Cabrero Arnal pour le quotidien L'Humanité. Le père a l'apparence de Top, précurseur de Pif, né en 1935. Submergés par un déluge de larmes, de sang et de bombes métastasiques, nos deux animaux aux traits ronds se retrouvent confrontés à l'abîme d'une aventure inéluctable. L'écoulement du temps se fait erratique, le lecteur est embarqué dans des allers-retours incessants entre le présent à l'hôpital et les réminiscences altérées d'un passé enfoui à jamais, mettant par exemple en scène Top chevauchant sa fameuse fusée, attaqué par des moustiques géants ou encore prisonnier d'un camp d'internement pendant la guerre d'Espagne. Cet univers instable se déploie dans un livre au format ample où se croisent tableaux inspirés de la peinture chrétienne et planches de BD classique, communisme et religion, souvenirs du père et du fils. Réalisé en tirage limité du fait de son façonnage artisanal, Sous les bombes sans la guerre est un objet bâtard mettant en regard expérience intime et culture populaire.
De son vivant, Michel Vachey (1939-1987) a occupé une place étrange, un peu fantomatique, dans le paysage littéraire français —ce qui tient autant au caractère expérimental de son oeuvre qu'à l'intransigeance de sa démarche. Circulant entre les genres (de la poésie au roman, tour à tour mis en pièces), adepte du collage et du détournement, il a publié quelques livres au Mercure de France, puis chez Bourgois, collaboré à plusieurs revues majeures de l'époque, travaillé avec les peintres de Supports/Surfaces et s'est consacré dans les dernières années de sa vie à des travaux plastiques (estampages, caviardages, lacération de ses propres livres...) avant de se donner la mort en 1987. Malgré son amitié avec Michel Butor, Alain Borer, Pierre Pachet notamment, aucun de ses livres n'était plus disponible depuis des lustres. Le but d'Archipel plusieurs est de redonner à lire cet auteur inclassable, à travers un choix de textes et d'images qui mettent l'accent sur son travail poétique, y compris dans sa dimension visuelle.
L. L. de Mars nous revient avec un récit d'espionnage épistémologique d'historien de l'art. Il tente d'aborder la question iconographique par le dessin lui-même, sans recourir à un autre registre de langage, si tant est que le dessin puisse être considéré comme un langage. Le langage étant cognitif avant d'être communicatif, il peut. Gwladys Le Cuff est historienne de l'art. Elle s'empare du travail épistémologique en dessins de L. L. de Mars et en fait son objet d'étude, faisant à son tour oeuvre d'oeuvre. Elle livre ainsi une lecture de cette pierre de Rosette. L. L. de Mars s'empare de ce décryptage et le corrige en rouge, rageusement. Un appareil critique de l'appareil critique de l'appareil critique égare le lecteur, le renvoyant du trait au texte puis du texte au trait, comme on ne peut penser simultanément le texte et l'image. C'est dans ce mouvement seulement que se livre l'oeuvre cryptique décryptée recryptée.
Qui a besoin d'une théorie du dessin ? A priori, personne : dessiner semble être l'activité la plus libérée de toute contrainte qui soit. Et pourtant, notre histoire est jalonnée - depuis que le dessin s'est constitué en acte singulier, distinct, dans l'Histoire Naturelle de Pline - de ces théories du dessin qui sont aussi inextricablement liées aux théories des couleurs qu'elles sont séparées d'elles par ce dialogue lui-même. Comprendre les certitudes métaphysiques, les visions anthropologiques qui ont gouverné ces théories, c'est ce qui permettra d'éclairer ce que signifie dessiner quand on fait sauter le dernier maillon d'une lourde chaîne platonicienne : celle qui tient encore le dessin prisonnier de vieux mirages philosophiques.
Le goût d'Aurélien Vallade pour les titres à rallonge et la réinterprétation des motifs de tatouages anciens se retrouve dans ce nouveau recueil, qui montre plus de 150 dessins inédits : motifs médiévaux, images de marine, de chasse, portraits de personnalités, engins ou petits oiseaux... Son trait digère et décape toutes les images traditionnelles. La mise en page sans classement ni hiérarchie évoque les planches de tattoo flash, catalogue où le client peut piocher un motif à se faire piquer immédiatement. Aurélien Vallade vit et tatoue actuellement à Angoulême, rue du Sauvage, sous le nom de Joe Moo.
Le dessin et les histoires de Joseph Callioni ont l'air clair, mais l'étrangeté est omniprésente, immédiate. On pense aux plus belles pages du Garage Hermétique de Moebius, aux descriptions à la fois limpides et incompréhensibles des machines et des jardins de l'écrivain Raymond Roussel. Dans Jardins, on se promène parmi des créatures hybrides, parfois formées à partir de débris de gravures anciennes, au milieu de ruines futuristes ou antiques. L'envoûtement est durable.
Si vous ne nettoyez pas assez souvent votre aquarium, vous prenez le risque de le voir envahi par toutes sortes de créatures. Des animaux, singes ou flamants roses pourraient venir s'installer au milieu des poissons, et s'il ne sont pas combattus à temps, un cirque pourrait s'y installer: acrobates, avaleurs de sabre, écuyères, redoutables moules géantes musiciennes... Amandine Ciosi, qui dessine régulièrement dans Le Monde, vous met en garde au fil des pages de ce livre très instructif,. Lisez-le attentivement et soyez prudents.
Dans la droite lignée de Sauvetages, série de dessins publiée par Cornélius, Suite Kimono regroupe une variation virtuose autour de quelques éléments : un couple, deux kimonos. Il n'en faut pas plus pour que Singeon déploie toute sa fantaisie, le Japon est un prétexte à exploration graphique débridée, jamais très loin de l'onirisme, du fantastique et de l'érotisme. Pour ajouter à la sophistication des images, les pages sont imprimées avec une couleur bleu nuit en ton direct. Singeon a également édité Sauvetages en 2011 chez Cornélius