Qu'est-ce qui nous attire ailleurs? Pourquoi ne pas rester sur place? Il n'y a pas une réponse unique à ces questions, et il fallait le concours de chercheurs issus de toutes les disciplines pour manifester, chacun à partir de son domaine propre, les motivations multiples de ces appels vers d'autres lieux, et la mobilisation des énergies pour y correspondre. L'analyse de ces facteurs, qui ont varié à travers le temps et les lieux, fait apparaître aussi bien des portraits de voyageurs, que les modalités multiples d'organisation de ces (souvent périlleuses) entreprises, que la variété des itinéraires, ou encore, et c'est important, les conditions de mobilité qui ont permis ces déplacements. C'est dire qu'on trouvera dans ce volume à la fois les conditions de possibilité théoriques et pratiques du voyage, envisagé en ses dimensions multiples, aussi bien géographiques que sociologiques, juridiques ou religieuses.
Agnès, universitaire à la retraite trouve dans le jardinage une nouvelle occupation. Pour les travaux pénibles, elle fait appel à Joël, l'ancien cantonnier du village qu'elle veut initier à l'art des jardins. En résulte une confrontation rocambolesque, pleine de rebondissements qui leur permet de s'éprouver et de s'épanouir dans le jardin des "simples" . Joël rencontre Tina à l'auberge de la Macrone, tenue par des gilets jaunes. Il en tombe amoureux, mais la jeune femme reste très distante. Amour contrarié, mais triomphant après l'épisode chaotique et initiatique des Géants Verts. Mené à la façon d'un conte guilleret, caustique et tendre, ce récit qui se déroule le long du canal de Bourgogne dans une campagne oubliée nous invite à la regarder autrement, sans misérabilisme ni militantisme. C'est l'occasion de revisiter Candide et Clochemerle à l'heure de la naturopathie.
Issues d'une journée d'études, ces douze contributions, placées sous le signe de l'histoire sociale et culturelle de la santé visent à dépasser le cadre traditionnel de l'histoire de la médecine et des hôpitaux. Comme ces derniers n'ont jamais eu l'exclusivité du soin des corps et des âmes, il paraît judicieux de dresser une ébauche typologique des autres lieux et pratiques de santé, de s'interroger sur leur fonctionnement et de voir comment ils se situent entre médecine et santé, entre "Cure" et "Care" pour reprendre l'expression des anglo-saxons. Hors des sentiers battus, l'approche novatrice de plusieurs jeunes historiens sollicités par Scarlett Beauvalet et Marie-Claude Dinet-Lecomte trace une direction de recherche prometteuse. Sur la longue durée, il s'agit ainsi de réévaluer en termes de tension ou de complémentarité l'offre de santé, son évolution par rapport à la médecine "officielle", à la religion, aux besoins de sociabilité ou, au contraire aux situations d'urgence en temps de guerre. De la prison au cabinet d'une princesse, en passant par la maison médicale du roi, les infirmeries monastiques, la logistique sanitaire dans les armées, le thermalisme, l'assistance aux vieillards ou aux femmes enceintes, le lecteur trouvera un premier inventaire de lieux parfois inattendus où la médicalisation n'est pas un vain mot.
Au cœur des réformes qui marquent le début du XVIe siècle, Jeanne de France (1464-1505), fille de Louis XI, et son confesseur, le père Gabriel-Maria (1462-1532), franciscain de l'Observance, fondent conjointement l'Ordre de la Vierge Marie, plus connu sous le nom de l'Annonciade. Cet ordre a connu un réel développement au XVIIe siècle. À la veille de la Révolution, il compte une cinquantaine de monastères dans la France actuelle (Aquitaine, Lorraine, Nord, Ile-de-France...), ainsi qu'en Belgique et en Allemagne. Au XIXe siècle, l'Annonciade se reconstitue et donne également naissance à une branche apostolique. Aujourd'hui, sept monastères (six en France, un en Belgique), plusieurs congrégations apostoliques et une Fraternité séculière continuent de vivre du charisme de sainte Jeanne de France : plaire à Dieu en vivant l'Évangile à la manière de la Vierge. Cette spiritualité a marqué les origines des Bénédictines du Saint-Sacrement (leur fondatrice, Catherine de Bar, ayant été d'abord une annonciade) et celles de l'ordre religieux polonais des Mariens, fondé au début du XVIIe siècle. Le colloque international qui s'est tenu à l'Institut catholique de Paris les 13 et 14 mars 2002 a cherché à renouveler l'historiographie de l'Annonciade et de ses fondateurs : ancrage franciscain, contexte social et politique, iconographie, architecture, rayonnement.