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Alternatives Sud Volume 26-2019/4 : Asie : des pouvoirs et des luttes. Points de vue du Sud
Leroy Aurélie
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849508053
Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de "troisième vague de démocratisation" . Les sociétés civiles, plus encore que les Etats, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité. Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement. Une majorité de pays du continent sont en "récession démocratique" . Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques. Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes. Là où il y a domination, il y a résistance. Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources. Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent. Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'Etat militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes. Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.
Résumé : Affirmons-le d'emblée, le genre n'est pas un concept éthéré. délié des contextes de son émergence ou de son importation. Il est ouvertement politique, pour le meilleur et quelque fois pour le pire. Conçu comme un outil d'analyse critique, il a dénaturalisé et révélé le caractère socialement construit de l'ordre traditionnel des sexes, ouvrant de nouvelles voies aux luttes des femmes. Le succès de la notion a néanmoins un prix, celui de sa reprise par des acteurs dominants, dont beaucoup l'ont réduite à un outil technocratique de gestion et plus encore, de contrôle social et de pouvoir. Le recours aux droits des femmes, devenu emblème de la modernité démocratique. a ainsi servi de caution morale à l'entreprise coloniale, aux guerres "humanitaires" et au racisme institutionnel. Il est un des discours légitimateurs de la mondialisation néolibérale. Les usages "impérialistes" du genre, tout comme son instrumentalisation pour masquer d'autres enjeux, ou encore sa politisation réactionnaire témoignent de l'ambiguïté de l'expression. Tantôt au service d'un "communautarisme majoritaire", tantôt d'une élite soucieuse de ses intérêts et privilèges. Pour inverser la tendance et rendre au genre sa force politique originale. des espaces de mobilisation se réinventent. "L'intersectionnalité" des luttes. en cherchant à aborder de manière égalitaire et imbriquée, critique et dynamique, les rapports sociaux de classe. de race et de sexe, offre de nouvelles perspectives et rend possible de nouvelles alliances.
Résumé : Dans l'imaginaire collectif, les violences de genre - au même titre que la pauvreté - sont souvent considérées avec fatalisme. Phénomène social banalisé, elles renvoient à l'ordre "? naturel ? " des choses, réduites au seul fait d' "? hommes violents ? " . De la sorte, on oublie l'essentiel. Féminicides, viols, harcèlements ne résultent pas seulement de comportements isolés ou "? déviants ? " ils témoignent de ressorts patriarcaux profonds et indiquent une même représentation de l'infériorité des femmes. Ces agissements s'inscrivent dans un continuum de violences qui se déploie à toutes les étapes de la vie, dans les espaces privés ou publics et sous de multiples formes - physiques, symboliques, institutionnelles... -, afin de conforter l'emprise masculine. La violence patriarcale a ses propres spécificités, mais pour l'aborder dans sa complexité, elle doit être articulée à d'autres structures de domination telles que le mode de production capitaliste - particulièrement abusif pour les femmes - et la matrice coloniale, qui exerce des effets concrets et durables sur les territoires et les corps - principalement ceux des travailleuses pauvres racisées. Dans un climat délétère pour les droits des femmes - crise sanitaire et économique, campagnes antigenre, offensives réactionnaires -, un renouveau féministe s'est affirmé ces dernières années, à partir de l'Amérique latine, autour de l'enjeu central de la violence. Et s'est amplifié, en Asie et en Afrique, par son articulation avec d'autres luttes sociales et politiques.
Leroy Aurélie ; Fluri Jennifer-L ; Wang Zheng ; Ki
Résumé : Les femmes sont en lutte - sous des formes individuelles ou collectives - sur tous les continents, l'oppression qu'elles subissent étant généralisée, sans être toutefois uniforme. Ce faisant, elles irriguent une pensée féministe complexe, en redéfinition, où les repères sont mouvants. Les féminismes s'inventent, se pratiquent, mais ne se ressemblent pas. Les références culturelles et les trajectoires historiques, ainsi que l'environnement socio-économique et politique conditionnent la configuration et l'expression de luttes qui peuvent être militantes ou institutionnelles, autonomes ou instrumentalisées, subversives ou plus consensuelles... Croire qu'" un " féminisme puisse dicter ce qui est bon et vrai - n'en déplaise à l'activisme déshabillé des Femen - est un leurre. Ces " points de vue de femmes du sud " apportent un éclairage nécessaire sur la pluralité irréductible des émancipations des femmes. Les combats menés visent à contester des postulats sexistes et patriarcaux et, plus largement, à lutter contre des systèmes sociaux - pluriels et croisés - de domination (classe, âge, race, genre, sexualité...). Au coeur de cette édition d'" Etat des résistances ", les mouvements de femmes dans le Sud, attirent l'attention sur le caractère ancré et local des luttes pour l'émancipation et sur l'exigence d'un agenda féministe qui soit adapté à leurs situations spécifiques. Originales et distinctes, ces voix convergent pour refuser l'instrumentalisation de leurs causes comme justification d'entreprises néolibérales et néocoloniales et pour revendiquer une transformation sociale durable en faveur des femmes. Ces " points de vue de femmes du sud " apportent un éclairage nécessaire sur la pluralité irréductible des émancipations des femmes.
Leroy Aurélie ; Bourdillon Michael ; Liebel Manfre
La problématique du travail des enfants, particulièrement cruciale dans les pays du Sud, a bénéficié ces dernières années d'une attention grandissante de la part des politiques, des médias et du public. Plus de 200 millions d'enfants seraient concernés. La charge émotive qui habite les discours, aussi légitime soit-elle. masque toutefois la complexité du phénomène. Déclarer une incompatibilité entre le travail et l'enfant est d'abord une position située historiquement. socialement et culturellement. Selon les lieux et les époques. l'enfant peut aussi être considéré comme sujet responsable et acteur socioéconomique à part entière, et son travail comme un mode de socialisation valorisant et structurant. Quand et où commence l'exploitation ? Quels sont les déterminants de la mise au travail précoce ou forcée ? Si la pauvreté - des ménages, des systèmes éducatifs, des nations - apparaît bien comme le premier facteur contextuel qui favorise le travail des enfants, les figures de l'exploitation renvoient aussi aux logiques économiques. politiques et juridiques de modèles de développement et de rapports Nord-Sud injustes et inégalitaires. Parmi les initiatives prises au nom de " l'intérêt supérieur de l'enfant ", un clivage persiste. Alors que les principales institutions internationales mobilisées sur cette question axent leurs priorités sur le respect des " droits des enfants ", bien des organisations sociales du Sud luttent. elles, pour les " droits des enfants travailleurs ". Juste une nuance de vocabulaire ou des approches radicalement opposées ?
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.