Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Alternatives Sud Volume 16-2009/1 : Contre le travail des enfants ? Points de vue du Sud
Leroy Aurélie ; Bourdillon Michael ; Liebel Manfre
SYLLEPSE
18,26 €
Épuisé
EAN :9782849502198
La problématique du travail des enfants, particulièrement cruciale dans les pays du Sud, a bénéficié ces dernières années d'une attention grandissante de la part des politiques, des médias et du public. Plus de 200 millions d'enfants seraient concernés. La charge émotive qui habite les discours, aussi légitime soit-elle. masque toutefois la complexité du phénomène. Déclarer une incompatibilité entre le travail et l'enfant est d'abord une position située historiquement. socialement et culturellement. Selon les lieux et les époques. l'enfant peut aussi être considéré comme sujet responsable et acteur socioéconomique à part entière, et son travail comme un mode de socialisation valorisant et structurant. Quand et où commence l'exploitation ? Quels sont les déterminants de la mise au travail précoce ou forcée ? Si la pauvreté - des ménages, des systèmes éducatifs, des nations - apparaît bien comme le premier facteur contextuel qui favorise le travail des enfants, les figures de l'exploitation renvoient aussi aux logiques économiques. politiques et juridiques de modèles de développement et de rapports Nord-Sud injustes et inégalitaires. Parmi les initiatives prises au nom de " l'intérêt supérieur de l'enfant ", un clivage persiste. Alors que les principales institutions internationales mobilisées sur cette question axent leurs priorités sur le respect des " droits des enfants ", bien des organisations sociales du Sud luttent. elles, pour les " droits des enfants travailleurs ". Juste une nuance de vocabulaire ou des approches radicalement opposées ?
Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de "troisième vague de démocratisation" . Les sociétés civiles, plus encore que les Etats, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité. Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement. Une majorité de pays du continent sont en "récession démocratique" . Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques. Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes. Là où il y a domination, il y a résistance. Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources. Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent. Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'Etat militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes. Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.
En ce début de 21e siècle, le statut de "puissance émergente" de l'Inde fait consensus. Sa relative modernité politique, élections libres, alternances et contre-pouvoirs autonomes, dans un pays fort d'1,2 milliard de citoyens, tend à valider sa prétention à incarner "la plus grande démocratie du monde". La voie économique que le pays a empruntée depuis le début des années 1990, sans pour autant faire table rase du passé. revêt des accents néolibéraux clairement affirmés. Ce mouvement de réformes, qui s'est aussi traduit par une forte accélération de la croissance, répond du même coup à l'ambition de la nation de "retrouver son rang". En quête d'un ordre multipolaire ajusté et d'une reconnaissance internationale (en particulier de la part des Etats-Unis). l'Inde oscille entre affirmation nationale et pragmatisme diplomatique, indépendance d'action et efforts d'intégration. "L'Inde qui brille" a toutefois ses revers. Les contradictions qui la traversent freinent la possibilité d'un développement équilibré. Les dynamiques de concentration de la richesse l'emportent sur les projets de redistribution. Les écarts se creusent entre riches et pauvres, entre régions, entre villes et campagnes. Au-delà, la fragmentation par castes et communautés religieuses, malgré des changements, reste source d'inégalités et attise le mécontentement des masses exclues. Pour "émerger" véritablement, l'Inde devra surmonter les lourdes contraintes sociales et environnementales qui pèsent sur son essor et relever les défis que pose la démocratisation de sa société.
Résumé : Affirmons-le d'emblée, le genre n'est pas un concept éthéré. délié des contextes de son émergence ou de son importation. Il est ouvertement politique, pour le meilleur et quelque fois pour le pire. Conçu comme un outil d'analyse critique, il a dénaturalisé et révélé le caractère socialement construit de l'ordre traditionnel des sexes, ouvrant de nouvelles voies aux luttes des femmes. Le succès de la notion a néanmoins un prix, celui de sa reprise par des acteurs dominants, dont beaucoup l'ont réduite à un outil technocratique de gestion et plus encore, de contrôle social et de pouvoir. Le recours aux droits des femmes, devenu emblème de la modernité démocratique. a ainsi servi de caution morale à l'entreprise coloniale, aux guerres "humanitaires" et au racisme institutionnel. Il est un des discours légitimateurs de la mondialisation néolibérale. Les usages "impérialistes" du genre, tout comme son instrumentalisation pour masquer d'autres enjeux, ou encore sa politisation réactionnaire témoignent de l'ambiguïté de l'expression. Tantôt au service d'un "communautarisme majoritaire", tantôt d'une élite soucieuse de ses intérêts et privilèges. Pour inverser la tendance et rendre au genre sa force politique originale. des espaces de mobilisation se réinventent. "L'intersectionnalité" des luttes. en cherchant à aborder de manière égalitaire et imbriquée, critique et dynamique, les rapports sociaux de classe. de race et de sexe, offre de nouvelles perspectives et rend possible de nouvelles alliances.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.