Exclu, comme la plupart des membres de l'avant-garde, des galeries de l'Exposition universelle de Paris en 1889, Paul Gauguin et ses disciples exposèrent leurs oeuvres dans un café sur le site même de l'événement. Comme son agent Théo Van Gogh le lui avait suggéré, Gauguin présenta un extraordinaire portfolio de onze zincographies sur papier jaune, lesquelles contenaient déjà en germe les principaux motifs de son oeuvre et l'érigèrent en chef de file d'un nouveau style radical, faisant fi de la représentation illustrative pour s'attaquer directement à l'expérience subjective. Cinq spécialistes explorent le contexte de la manifestation officielle en reconstituant les circonstances dans lesquelles Gauguin et ses amis s'installèrent au Café des arts de monsieur Volpini. La suite de zincographies de Gauguin fait l'objet d'une étude détaillée qui la met notamment en regard avec des tableaux, céramiques et sculptures sur bois apparentées. Les contributions de cet ouvrage font le point sur l'évolution de la lithographie dans le Paris de la fin du XIXe siècle, s'attachent en profondeur à l'iconographie de Gauguin et de ses collègues en soumettant les estampes à une analyse technique rigoureuse. Une sélection de lettres et d'articles donne un aperçu de l'ambiance et des débats de l'époque.
Résumé : Shakespeare raconté aux enfants : tel fut, au début du XIXe siècle, le projet de Charles Lamb et de sa s?ur Mary avec ces versions en prose des principales pièces du grand dramaturge. Plutôt que de dispenser de la lecture de Shakespeare, il s'agit d'en donner un avant-goût, de préparer des oreilles encore tendres à un théâtre souvent violent et déstabilisant. Le résultat est remarquablement limpide, et s'apparente aux contes de Perrault.
« Les poètes sont les miroirs des ombres gigantesques que l?avenir jette sur le présent; les trompettes qui sonnent la bataille et ne sentent pas ce qu?elles aspirent; l?influence qui n?est pas émue mais qui émeut. Les poètes sont les législateurs non reconnus du monde. »ShelleyReprenant en 1821 le titre du traité de Sir Philip Sidney écrit au XVIe siècle, Shelley en modernise le contenu et les perspectives. Traducteur aguerri de Platon, Shelley en renouvelle la pensée à la lumière des acquis de l?empirisme anglais, contribuant ainsi à cette seconde Renaissance que fut le Romantisme.Le texte débute par une description méticuleuse des facultés de l?esprit, et notamment de la reine d?entre elles: l?imagination. De ce point de vue, tous les hommes sont des poètes, en tant qu?ils éprouvent le besoin d?exprimer et de reproduire leurs émotions dans un certain ordre, avec un certain rythme, et qu?ils tirent de ces conditions un certain plaisir.Si le poète est l?homme imaginatif par excellence, son influence sur les lecteurs et sur toute la société sera déterminante, quoique imperceptible à l??il nu. Shelley retrace ainsi, dans toutes leurs variations, la place et le poids cachés des grands poètes à travers l?histoire, d?Homère à Milton en passant par Dante.Cette influence n?est pas qu?esthétique, mais ègalement morale et même cognitive: nous voyons ainsi se dérouler la réhabilitation méthodique d?une pratique jugée jusqu?alors purement divertissante ou décorative, célébrée ici comme libératrice des m?urs et révélatrice de vérité. Écrit dans un style d?une grande rigueur logique et conceptuelle, ce pamphlet laisse également fuser des aphorismes et des métaphores dignes des plus rares visions de son auteur: aux confins de l?imagination et de la raison, il incarne ainsi la thèse défendue dans ses lignes: les grands poètes sont pour la plupart de grands philosophes.
Résumé : Reprenant en 1821 le titre du traité de sir Philip Sidney écrit au XVIe siècle, Shelley en modernise le contenu et les perspectives. Traducteur aguerri de Platon, Shelley en renouvelle la pensée à la lumière des acquis de l'empirisme anglais, contribuant ainsi à cette seconde Renaissance que fut le Romantisme.
Résumé : Nommé juge d'instruction pour le procès international des Khmers rouges, Marcel Lemonde est chargé en 2006 d'établir la responsabilité des principaux dirigeants encore vivants du tristement célèbre "Kampuchéa démocratique". C'est la première fois dans l'histoire (et sans doute la seule) qu'est entrepris le procès de responsables d'un régime communiste. Mais le magistrat se trouve rapidement confronté à d'incroyables difficultés. L'ampleur des crimes donne le vertige : près de deux millions de morts, un peuple entier réduit en esclavage. Les faits remontent désormais à plus de trente ans, les témoins sont introuvables, ne se souviennent plus, ou ne veulent plus se souvenir. Il lui faut pourtant découvrir des preuves, interroger les suspects, les confronter à leurs anciens subordonnés, supporter les interférences gouvernementales, les attaques de la presse et l'agressivité de certains des avocats de la défense. Un juge face aux Khmers rouges raconte de l'intérieur les arcanes de cette aventure judiciaire hors du commun faisant suite à l'une des pires tragédies du siècle. Il nous livre le récit d'une passionnante bataille entre diplomatie et justice, nobles intentions et manque de moyens, devoir de mémoire et besoin de tourner la page. Jour après jour, Marcel Lemonde décrit la progression de son enquête, ses avancées, ses reculs et ses frustrations : ce que, reprenant les mots de Victor Hugo, il appelle le "pas boiteux de la justice".
En quelques 360 photographies allant de l'art a la mode et de la science au selfie, corps explore nos manières d'utiliser, altérer, présenter et représenter nos corps au XXIe siècle, a travers les oeuvres de plus de 175 photographes.
Dernie David ; Carew-Cox Alastair ; Philippe Chant
Etude brillante et superbement illustrée sur les bâtiments de Victor Horta, chef de file de l'Art Nouveau et pionnier du modernisme en architecture et décoration intérieure.
Van den Bussche Willy ; Davignon Etienne ; Dujardi
Rares sont les amateurs d'art qui ignorent le langage visuel de Constant Permeke, ses figures monumentales de pêcheurs et de paysans et ses paysages et marines cosmiques. Cet expressionniste flamand fait partie du patrimoine culturel de la Belgique. Il s'est arraché à son terroir pour devenir un artiste universel - peintre, dessinateur et sculpteur. L'auteur, Willy Van den Bussche, grand spécialiste de Permeke, restitue l'artiste dans le contexte captivant de son temps. En Europe, ces décennies ont été une période de grands contrastes - innovation, conflit et progrès - dans la société comme dans l'art.
Cette monographie se présente comme une exploration de l'oeuvre de Fernand Khnopff à partir d'une visite de la maison-atelier que l'artiste s'est fait construire à Bruxelles en 1902. Désormais détruite, cette bâtisse singulière posée entre passé et futur constitue une parfaite métaphore d'une oeuvre hermétique que la critique viennoise qualifiera, en 1898, de "logogriphe". Maître du mystère, Khnopff est un artiste rare qui mêle référence littéraire et inspiration photographique fondée sur l'idée de "dessin photogénique". En treize chapitres, cet ouvrage explore l'oeuvre de Khnopff de Bruxelles à Vienne en passant par Bruges, Paris, Londres ou Munich. Il remet le peintre dans son contexte où il croise des écrivains comme Flaubert, Péladan, Mallarmé, Verhaeren ou Rodenbach et des artistes comme Whistler, Moreau, Burne-Jones ou Klimt. Il restitue ainsi la dimension internationale d'une oeuvre qui après avoir largement inspiré René Magritte n'a rien perdu de son actualité.