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Le gouvernement des évêques. La charge pastorale au milieu du Moyen Age
Lemesle Bruno
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753542679
Après huit siècles de domination de l'Eglise catholique romaine sur la Chrétienté occidentale, le pape Alexandre III s'effrayait car, selon lui, la malice des hommes continuait de s'accroître. Aussi confiait-il aux évêques le soin de relayer l'action de la papauté pour la juguler. Cette préoccupation est l'une des principales nouveautés dans le gouvernement pastoral des évêques dont la mission constante était de mener le troupeau des fidèles au salut, de prendre soin de leurs âmes et de veiller à accroître les biens de l'Eglise. Ce livre apporte des éclairages neufs sur la conception du gouvernement des évêques dans la seconde moitié du x][e siècle et au commencement du XIIIe. La Chrétienté latine étant l'aire de référence, les lettres pontificales se sont imposées comme une des sources majeures, en raison de l'unicité de leur provenance, et parce qu'elles étaient le moyen par excellence de gouverner sur les longues distances. Les travaux des canonistes auxquels sont jointes les quaestiones des maîtres des écoles épiscopales qui exposaient de véritables "cas pratiques" à partir des normes juridiques forment l'autre source essentielle de ce livre. Le gouvernement des évêques s'inscrit à cette époque dans un processus de construction institutionnelle inédit dont les principaux traits sont le développement et le renforcement de la justice épiscopale, la multiplication des appels à la Curie pontificale et l'intensification de l'administration des diocèses. Ainsi la conduite pastorale ne peut-elle désormais être envisagée hors d'une organisation administrative plus complexe dans laquelle, en dépit de l'importance de la mission confiée aux évêques, leur puissance tend à être diminuée. Si l'on admet, avec l'historien Gabriel Le Bras, que les modes d'administration de notre temps présent sont héritiers des pratiques ecclésiastiques du Moyen Age, ce livre pourra montrer à la fois la pertinence de cette idée et aider à mesurer des écarts qui n'en sont pas moins saisissants.
Les ordalies, ou jugements de Dieu, sont des épreuves qui passent pour irrationnelles à nos yeux contemporains. Elles sont considérées comme l'un des traits les plus archaïques de la justice du Moyen Age. Leur interdiction par le pape Innocent III en 1215 est-elle le signe d'une évolution vers la modernité ? La coïncidence de cette date avec l'essor des enquêtes dont, par certains traits, notre justice actuelle a hérité, pourrait le laisser penser. Pourtant, pour qui observe le temps des ordalies, dont le démarrage commence vraiment sous le règne de Charlemagne, l'irrationalité de ces épreuves ne va pas de soi. Ni leur essor ni leur interdiction ne sont spontanés. L'un comme l'autre résultent de choix volontaires des autorités politiques et religieuses. Pourquoi les souverains carolingiens ont-ils soudain encouragé les ordalies ? L'Eglise a-t-elle eu une attitude unanime vis-à-vis des jugements de Dieu ? Pourquoi certains hommes d'Eglise ont-ils dénoncé des manipulations ? Quel rôle les évêques ont-ils joué au sein de leurs diocèses ? Comment la population réagissait-elle ? Pourquoi le pape Innocent III a-t-il pris la décision d'interdire les ordalies après des décennies d'hésitations de la part des autorités ecclésiastiques ? Telles sont les principales questions abordées dans ce livre où l'on verra que le choix de s'en remettre au jugement de Dieu était moins irrationnel qu'il y paraît.
Pour mieux comprendre le fonctionnement des appareils judiciaires et leurs implications sociales, juridiques et politiques. La richesse du matériel documentaire conservé, au croisement entre les sources historiques et archéologiques, offre de nouveaux angles d'approche : sur les acteurs de la justice, officiers de justice grands et subalternes, sur les lieux de la justice, lieux d'exécution, d'exposition mais aussi d'inhumation. Elle permet un regard anthropologique sur le traitement des corps suppliciés ainsi que sur les stratégies mises en oeuvre. L'objectif est de mieux comprendre le fonctionnement des appareils judiciaires et leurs implications sociales, juridiques et politiques.
Follain Antoine ; Lemesle Bruno ; Nassiet Michel ;
La violence dans la plupart des pays européens et en Amérique du Nord est une préoccupation de plus en plus vive: aux yeux de beaucoup, elle met en cause la cohésion de la société. Mais comment la violence a-t-elle été considérée dans le passé? Bien des pratiques tenues aujourd'hui pour violentes par l'institution judiciaire et par la société ne l'ont pas toujours été. Certaines formes de violence ont même pu bénéficier d'une légitimité sociale. Comment alors le pouvoir judiciaire a-t-il réagi? S'est-il opposé à la violence, au risque d'entretenir une distance avec la société, ou bien a-t-il choisi d'ignorer des formes de violence pourtant illégales? Comment considérer la violence que l'institution judiciaire a elle-même sécrétée? Depuis le XIXe siècle, des problèmes inédits ont surgi: les frontières de la violence se sont déplacées. De nouvelles violences ont été prises en compte par l'institution judiciaire: violences sur les enfants, violences conjugales, violences liées au monde du travail, violences scolaires... Les manières de l'appréhender ont aussi évolué: on a vu émerger la notion de victime, qui n'avait pas vraiment été prise en considération auparavant. Ainsi la justice pénale a-t-elle acquis de nouvelles fonctions, en étendant son territoire dans une société de plus en plus régulée par le droit des personnes. Autre innovation: les violences dues aux guerres au XXe siècle ont aussi donné naissance à des traitements judiciaires spécifiques avec la création de tribunaux particuliers. Les auteurs de ce livre mettent donc en perspective historique la violence et l'institution judiciaire depuis le Moyen Age. En révélant ses inflexions, ils invitent à relire les théoriciens de l'évolution historique de la violence. Ils aident aussi à réfléchir au traitement judiciaire actuel des violences en apportant un recul indispensable.
Cet ouvrage collectif, fruit du plus récent des colloques de Dijon, dont la réputation internationale depuis une vingtaine d'années n'est plus à faire, contribue à l'actuel renouvellement de l'histoire de la justice. Il est consacré aux sentences judiciaires, dont l'évolution et les caractéristiques sont examinées sur une longue période, du Moyen Âge à nos jours, et sur un vaste espace géographique (Europe, Amérique...). Il ne s'agit pas ici d'une histoire juridique, ni d'une histoire intellectuelle ou culturelle, mais d'une histoire sociale, donc concrète, qui privilégie l'examen des pratiques, dans trois directions principales : sentences et accords, sentences et délits, sentences et autorités. On y découvre que, quelle que soit l'époque, les sentences ne sont qu'une des solutions, parmi d'autres, offertes par la justice à ceux qui décident de recourir à elle, et sans doute pas la plus fréquente.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour