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Les infortunes de la vertu
Legrand Justine ; Sade Donatien Alphonse François
ORIZONS
19,00 €
Épuisé
EAN :9782336298276
Parmi les personnages de Sade, l'un des plus à même d'incarner l'homme dans ce qu'il a de plus fragile, et surtout de plus ambivalent, demeure Justine. Tant, et si bien, que trois Justine ont vu le jour sous sa plume. L'opus présenté ici, Les Infortunes de la vertu, est le premier volet de cette trilogie. La réédition de ce texte se doit à l'étude qui vient apporter un éclairage nouveau sur les questions de pouvoir et de sexualité si chères à Sade. Nous découvrons alors que derrière les apparats de la vertu se dessine une héroïne pour qui la victimisation n'est pas un vain rôle. Grâce à Justine, l'auteur invite le lecteur à repenser les termes de vice et de vertu, et ouvre de nouveaux horizons aux prisonniers d'un siècle jugé corrompu. Une corruption que Sade semble avoir en partage avec nombre de ses personnages. Mail-aimé, décrié, adulé, les qualificatifs ne manquent pas pour parle du marquis de Sade. Cependant, c'est souvent par méconnaissance que l'on évoque l'auteur et son oeuvre. En effet, derrière l'érotisme dont le rôle premier est avant tout la dénonciation des travers humains, une autre littérature sadienne existe, et mérite de sortir de l'ombre. Car il n'y a pas de sexualité incréative pour Sade.
Avril 1938. L'offensive des troupes franquistes sur le haut-Aragon fait fuir des milliers d'Espagnols vers la France par les cols pyrénéens. Au cours de cette première "retirada", une femme épuisée accouche en pleine montagne, dans la neige. L'enfant sera français. Son père, resté sur le front, ne reviendra pas de la bataille de l'Ebre. A partir de cette histoire authentique, l'auteur retrace l'itinéraire d'une femme et de ses parents réfugiés qui ont décidé, pour rebâtir leur vie en France, de ne plus jamais parler des déchirements de la guerre. Le poids de ce silence suscitera chez Antoine, le fils devenu adulte, une vocation de journaliste. La mort prématurée de sa mère lui offre la possibilité de rompre ce pacte d'oubli. Vingt-six ans plus tard, guidé par des lettres retrouvées de son père, il part en Espagne pour comprendre ce que personne n'a pu lui raconter.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
D'une île à l'autre, de tragédies en découvertes personnelles, Ariane accoste finalement en Sardaigne où elle récrit sa légende. Traversé par le deviens qui tu es nietzschéen, son récit retrace la vie mouvementée d'une femme qui pourrait être notre contemporaine. Au fil des nombreuses péripéties qui balisent son existence, elle n'a de cesse de questionner le sens, ferment de sa réelle identité.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.
Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.