Préfacé par le Pr Philippe Rouger, Président de la Société française de transfusion sanguine, Directeur général de l'Institut national de la transfusion sanguine. L'hématologie et la transfusion ont connu de profondes mutations : médicales d'une part, nouveaux outils thérapeutiques (d'origine transfusionnelle ou apparentés à la transfusion), nouveaux moyens diagnostiques (sur des maladies requérant, en elles-mêmes ou pour leur traitement, la transfusion) ; et organisationnelles d'autre part, une large restructuration du paysage transfusionnel français (à la suite de l'affaire du sang contaminé). Les deux disciplines se sont enrichies mutuellement, la transfusion sanguine française étant désormais régie par le professionnalisme des acteurs, le développement du management de la qualité, la médicalisation des prescriptions, la modernisation des organisations et la prise en compte des nécessités de recherche et de formation. C'est dans ce contexte que s'inscrit l'hématologie pour développer la qualité d'utilisation des produits sanguins et de l'organisation sécuritaire. D'autant que son activité de prescription s'accroît : la quantité de produits transfusés a augmenté de 10% en 3 ans et le prolongement de la durée de vie, allié aux avancées thérapeutiques, n'annonce en rien une réduction de ces besoins. Les besoins en produits sanguins (donc en dons de sang) seront nécessaires au développement des thérapeutiques hématologiques pour au moins une décennie. Aussi il importe que tous les prescripteurs de cette discipline puissent disposer d'ouvrages de référence. Cet ouvrage présente les différentes facettes de la transfusion telle qu'elle est utilisée par les prescripteurs de produits sanguins. Il a pour but de contribuer à l'interface des disciplines transfusionnelle et hématologique.
Jean-Jacques Lefrère a consacré plusieurs ouvrages à Rimbaud: Arthur Rimbaud. Biographie (Fayard, 2001), les albums Rimbaud à Aden, Rimbaud à Harar, Rimbaud ailleurs, composés en collaboration avec Jean-Hugues Berrou et Pierre Leroy (Fayard, 2001, 2002, 2004), Rimbaud le disparu (Buchet-Chastel, 2004), Face à Rimbaud (Phébus, 2006).
Résumé : Isidore Ducasse (Montevideo, 1846 - Paris, 1870), qui a signé ses Chants de Maldoror du pseudonyme de " comte de Lautréamont ", est longtemps resté un personnage singulier, presque énigmatique, qui aurait été jeté son livre à la face du siècle avant de disparaître. Faute de la connaître, on inventa longtemps sa biographie. Il faut dire que tous les ingrédients d'une légende ou d'un mythe étaient au rendez-vous : la naissance dans un pays lointain, l'enfance dans un Uruguay en proie à la guerre civile, l'adolescence dans des lycées-cachots de Bigorre et du Béarn, l'existence solitaire à Paris et la mort précoce à vingt-quatre ans, de cause inconnue, dans une capitale prise sous le siège de 1870. L'?uvre ? Déconcertante dans sa forme, déroutante par son lyrisme, puissante par sa sorte de modernité permanente. Encore aujourd'hui, Isidore Ducasse passe pour l'écrivain du dix-neuvième siècle sur lequel on a le moins de renseignements, et les points obscurs de sa biographie son propices à une atmosphère de rumeur et de mystère. Les Surréalistes craignaient - ou feignaient de craindre - que la connaissance biographique sur le poète nuise à la puissance d'impact de son ?uvre. C'était un raisonnement faux : ce que l'on a pu découvrir sur la vie de Ducasse enrichit au contraire l'?uvre, lui ajoutant chaque fois une nouvelle facette. Après le livre de François Caradec, paru en 1970, qui fut d'un apport considérable, le présent ouvrage, richement illustré, bénéficie des acquis les plus récents de la recherche biographique sur cet écrivain dont on commence à dire qu'il pourrait bien être le poète français du XXIe siècle, comme Rimbaud a été celui du XXe siècle.
Ce n?est certes pas la première biographie sur Rimbaud - et l?auteur espère bien que ce ne sera pas la dernière. Pourtant, par la minutie de l?investigation, la richesse des documents allégués, son souci extrême de vérification, le travail de Jean-Jacques Lefrère paraît condamner les biographes à venir à de bien maigres chicanes. Toutes les pistes n?ont peut-être pas été explorées, mais elles donnent l?impression d?avoir toutes été balisées. A un point tel, qu?on aurait pu redouter que l?auteur ne se perde dans mille détails indigestes. Or il n?en est rien ! Cette somme invraisemblable, si pointilleuse dans son expertise, se dévore comme un récit d?aventure. On ne peut qu?être frappé d?ailleurs par le sens du récit ainsi déployé. Le livre se lit dans un seul mouvement, vous tient en haleine page après page, tandis qu?émerge lentement la présence d?un Rimbaud miraculeusement familier. Mais d?une familiarité inattendue. C?est que, par le recoupement systématique des sources, l?auteur s?est employé à tordre le cou à nos vieux préjugés sur le poète. Et là n?est pas le moindre de ses apports. C?est par exemple le schème des trois années de génie et puis rien, qui vole en éclat pour laisser apparaître la cohérence sensible de tous les moments de la vie de Rimbaud. Ou encore cette césure par trop commode pour l?interprétation littéraire, entre les poèmes en vers et les poèmes en prose. Du coup, ce certain accord entre la vie et la forme poétique rimbaldiennes se clarifient, sans qu?il soit besoin de renoncer à leur inquiétante autorité. --Joël Jégouzo--
Face à Rimbaud : c'est ainsi que cet album place le lecteur, sans phrase, sans précaution, directement, à travers l'ensemble des portraits retrouvés du poète, des plus célèbres comme le Coin de table de Fantin-Latour ou la photographie de Carjat, aux moins connus, telles ces caricatures fort peu flatteuses de Forain. L'un de ces portraits - qui montre Rimbaud au cours de sa dernière année - est inédit, d'autres n'avaient jamais été reproduits en volume.A travers cette série d'images - photographies, peintures, caricatures, dessins - retenues parce qu'elles étaient l'oeuvre d'un contemporain qui avait connu Rimbaud ou parce qu'elles avaient été publiées de son vivant, apparaît au fil des pages un personnage qui semble échapper à son mythe, presque le fuir.Ces portraits, qui jalonnent l'existence heurtée et difficile du jeune Carolopolitain venu se faire connaître à Paris et de l'homme des pays de la Mer rouge, sont présentés dans un ordre qui suit l'itinéraire de vie du poète : une biographie par l'image, en quelque sorte, qui retrace cette aventure humaine hors du commun.Une notice présente chaque portrait, à la fois dans son histoire propre et dans sa place au sein de la trajectoire biographique du poète.