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Par la ville, hostile
Leclair Bertrand
MERCURE DE FRAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782715244153
Ce qui lui fait peur, c'est cette violence folle que ses fils peuvent libérer à l'extérieur, d'une seconde à l'autre, métamorphosés, bouffis de haine, à terroriser tout le quartier. La violence... Depuis quand ? Voilà une question qui l'agite, tout au fond d'elle-même, là où elle ne peut pas empêcher que les mots soient encore un peu vivants. Depuis quand, elle a peur de la violence de ses garçons ? Depuis quand, tout est parti en vrille ? Une femme est seule chez elle, immobile sur un fauteuil, dans un appartement presque vide. Plus de rideaux aux fenêtres, plus de télé, plus de canapé. Elle attend qu'on vienne la jeter dehors. Puisqu'on va l'expulser. Elle le sait et elle ne veut pas, le savoir. Elle voudrait juste chasser les mots, ne plus penser, et surtout pas à ses deux enfants qu'elle ne va plus jamais voir, au parloir de la prison. Elle ne leur a rien dit de l'expulsion qui se prépare, ultime conséquence de leur condamnation pour trafic de drogue.
Résumé : " Si l'on veut bien admettre en effet que l'art est ce qui permet de faire respirer l'univers de nos représentations collectives en y faisant jaillir l'oxygène du réel : si l'on veut bien admettre qu'il a une fonction vitale comparable à celle du rêve dans la vie psychique individuelle, qu'il est en somme le rêve du monde (à tous les sens du terme de rêve), alors force est de reconnaître que Gauguin visait juste en disant de la critique qu'elle est non pas la "vigie vigilante" qu'elle devrait être mais " notre censure ". " Au départ, et confronté au malaise contemporain de la critique littéraire, il s'agissait d'écrire un article prônant une " critique de témoignage " plutôt que de jugement. Encore fallait-il désigner ce dont il s'agit de témoigner. C'est là qu'intervient la notion de " verticalité ", qui permet, en s'appuyant sur Bachelard et Mallarmé aussi bien que Proust, Kafka, Artaud ou Barthes, d'évoquer ce qui anime les ?uvres, ce qui justifie qu'on s'y consacre (lisant, écrivant), mais qui les excède, que l'on ne peut qu'éprouver, et certainement pas mesurer, juger, cataloguer. Une dimension verticale qu'il est d'autant plus difficile de faire entendre dans l'espace médiatique que l'" univers communicationnaire " qui est le nôtre la récuse chaque jour davantage.
Edouard, collectionneur et libraire d'ancien, possède un précieux cahier d'apprentissage datant du XVIIe siècle qui aurait été tenu par un certain Melchior Soubeyran. Lorsqu'il le confie au narrateur, qui s'y plonge, celui-ci se trouve précipité à Moscou, en 1689, au chevet de Jean-Baptiste Tavernier agonisant sous les yeux de son jeune apprenti. A plus de quatre-vingts ans, l'auteur protestant des Six Voyages en Turquie, en Perse et aux Indes, qui fut le pourvoyeur de Louis XIV en diamants d'exception, a été contraint de reprendre la route de l'Orient. Ce septième départ est une conséquence des persécutions déchaînées par la révocation de l'édit de Nantes, mais aussi des manigances de son flamboyant beau-frère, soi-disant prince du sang persan et assurément escroc de la plus belle eau. Tandis que son maître délire et menace des fantômes qu'il est seul à voir, le jeune Melchior s'enfonce dans son cahier d'écriture comme un animal traqué dans une terre trop meuble. La fièvre contamine les pages, dans la nuit moscovite, et le narrateur, happé à son tour, n'y échappera pas...
... L'ambivalence me tenaillait, ces jours-là, dans l'attente d'une nouvelle paternité, et tout autant la peur de ne plus écrire, la crainte des nuits trouées, cet au-delà de la dépense. J'ajoute ces lignes au milieu de la nuit, le 27 novembre à 4 heures du matin, après m'être péniblement extrait du lit pour répondre aux appels de Kateb affamé dans son berceau, celui que nous avons décidé de nommer K. et pourquoi pas Kateb avant d'apprendre ce que signifie ce nom venu de la nuit des temps, ce que signifient ces trois consonnes, K.T.B., ainsi associées en arabe comme en hébreu pour désigner celui qui écrit, celui qui écrit et tient la main du scribe, Katébé. Oui, j'ajoute ces lignes à 4 heures du matin, euphorique, alors qu'en criant pour m'arracher à la réparation des rêves Kateb vient de me tendre une nouvelle clé ; j'ajoute ces lignes euphoriques après qu'en titubant dans le brouillard du demi-sommeil, transportant léger ce petit corps somnolent dans mes bras trop lourds, j'ai compris comment donner une nouvelle impulsion à ce manuscrit sur le chemin qui mène du " Fracas des tôles mentales " à la lumière d'une nouvelle " Paternité " - compris qu'en portant ainsi Kateb dans la nuit, je portais celui qui tient la main du scribe qui porte dans ses bras celui qui tient la main du scribe ...
Résumé : Tombé par hasard sur un vieux numéro de Paris Match de 1962, relatant le procès de Georges Pessant, l'" assassin à la Simca 1000" qui terrifia le Nord de la France et excita des procureurs trop bien intentionnés, le narrateur raconte sa propre enquête. II est mu par une obsession : rendre justice à un homme. Georges Pessant est innocent, quoi qu'en disent les mauvaises langues du voisinage, quoi qu'en dise ce Marc Treillou qui s'acharne sur sa mémoire, quoi qu'en disent les avocats des familles traumatisées. Et quoi que semblent avouer les pages écrites par Pessant en prison, accumulant les détails les plus sordides des meurtres... Le récit de quatre crimes sexuels et d'une erreur judiciaire se déploie avec une simplicité et une habileté diaboliques. Le lecteur est entraîné, il subit la fascination qu'exerce cette histoire criminelle, déchaînant les passions les plus noires dans une certaine province française des années soixante. Et ensuite, pauvre lecteur, un ultime renversement le renvoie à lui-même et aux grands problèmes que soulève le roman : vérité et mensonge, violence et soumission de l'opinion publique.
Johnston Reginald F. ; Thimonier Christian ; Peyre
C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier auprès de l'Empereur : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston décrit également le mariage de l'Empereur, et d'autres scènes privées auxquelles il lui fut donné d'assister ou de participer. Il nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient jounaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.
La littérature doit beaucoup aux arbres : sans eux, point de livres... Il est donc tout naturel de les trouver nombreux, et par forêts entières parfois, au détour des pages. Pour tous les goûts, pour tous les âges : chêne de la fable de La Fontaine, forêts angoissantes des contes de Grimm, arbres des légendes africaines ou amérindiennes, Saule-Cogneur du cycle Harry Potter... Les arbres accompagnent les lecteurs et les écrivains toute leur vie durant. Ils sont liés à un moment de notre histoire personnelle. Aujourd'hui, alors que la déforestation fait rage et que les arbres disparaissent, on ne compte plus les livres qui traitent de la mémoire des arbres ou de leur vie secrète... Balade en compagnie de Guillaume Apollinaire, Victor Hugo, Théophile Gautier, Jules Renard, José-Maria de Heredia, Federico García Lorca, Paul Claudel, Jacques Prévert, Michel Tournier, Jean Giono, Marcel Pagnol, Jorge Semprun, JMG Le Clézio, Miguel de Cervantès, Jean-Marie Rouart et bien d'autres...
Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.
Les écrivains aiment les chats. Certains ont même été inspirés par leurs chats au point de leur donner, parfois, la parole. A lire l'abondante littérature consacrée au chat, on perçoit bien vite que celui-ci, qu'il soit mâle ou femelle, est, par essence, défini comme exclusivement féminin - le principe masculin étant plutôt dévolu au chien. Le chat apparaît comme la quintessence de la féminité et le mythe du chat métamorphosé en femme le plus récurrent des fantasmes de nos écrivains ! Muse idéale, beauté androgyne troublante, premier lecteur indulgent ou critique sévère, le chat s'impose comme un auxiliaire indispensable de l'oeuvre et de la vie de l'écrivain. Alors, chats écrivains ou écrivains chats ? Entre caresses et ronronnements, voici quelques éléments de réponse en compagnie de Charles Baudelaire, Paul Morand, Charles Perrault, Alexandre Dumas, Edgar Poe, Lewis Carroll, Stephen King, Marcel Aymé, Anne Duperey, Paul Léautaud, Colette, Tennessee Williams et bien d'autres...