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Système et style. Une linguistique alternative
Lecercle Jean-Jacques ; De Mattia-Viviès Monique
AMSTERDAM
18,00 €
Épuisé
EAN :9782354802691
« De fait, une idée a toujours animé mes fouilles archéologiques : il faut prendre le langage par le biais de la dialectique du système et du style. »Il est impossible de dissocier l?étude de la parole (l?acte de parler ou d?écrire) et celle de la langue (le fondement systématique du langage) : fort de ce postulat, Jean-Jacques Lecercle propose dans ce lumineux petit livre, synthèse de trente ans de recherches, de substituer au modèle platonicien de la linguistique traditionnelle un modèle conceptuel alternatif, la dialectique du système et du style.Bien que le langage soit un système de signes (fixé par exemple dans les traités de grammaire), son existence est en même temps conditionnée par l?appropriation et l?usage, toujours variés, souvent fautifs, qu?en font les sujets parlants : le style. Le langage fonctionne selon cette dialectique, ce qui a plusieurs conséquences : la langue n?est que partiellement systématique, c?est un ensemble de normes plus ou moins stabilisées ; la grammaire est toujours « défaisable » par les locuteurs individuels ; les normes sont soumises aux changements que leur impose le « hors-norme » stylistique.Le langage n?est pas essentiellement un système idéal abstrait qui s?impose de l?extérieur au sujet, mais une extension de la praxis, un phénomène à la fois historique, social, matériel et politique. Les signes linguistiques sont des produits de l?activité humaine qui sont ensuite objectivés et sédimentés. Enfin, si le sujet est effectivement « interpellé » par des règles qui lui préexistent, il a aussi la possibilité de « contre-interpeller » la langue, et ainsi, d?y introduire une dose irréductible de singularité et de variation.
À un moment où le capitalisme pourrissant mène à une vitesse sans cesse accélérée l?humanité vers la catastrophe écologique et anthropologique, il faut continuer à lire Lénine, car « Lénine » est le nom de la première interruption durable de la reproduction du capital et de la mise en dépérissement de l?appareil de l?État bourgeois. Mais on ne lira pas Lénine seulement pour un rappel de ces principes stratégiques, mais aussi, ce qui a été le thème central de ce livre, pour ce qu?il a à nous dire sur la conduite de la lutte idéolo- gique. Nous avons encore beaucoup à apprendre de Lénine et de sa pratique discursive, de cette lutte constante qu?il a menée avec les mots, pour les mots, mais aussi contre les mots. Cette pratique exemplaire repose sur une philosophie du langage qui reste implicite, que l?on décrira dans la dialec- tique du juste et du vrai : le langage est une arme, et il faut que les énoncés (par exemple les mots d?ordre) soient justes, c?est-à-dire ajustés à la conjoncture historique, pour y intervenir e cace- ment, mais le langage est aussi expression de la vérité, car il faut toujours dire la vérité aux masses. À travers la lecture des 45 volumes de son ?uvre, Jean-Jacques Lecercle célèbre un style d?intervention, en faisant l?éloge des cinq vertus de Lénine : la solidité (on ne cède jamais sur les principes, on n?oublie jamais le programme maximum, la révolution socialiste), la fermeté (on « tient le point », on ne cède pas aux consensus organisés par l?idéologie dominante, par exemple l?hystérie patriotique du début de la guerre impérialiste en 1914), la dureté (Lénine est un redoutable polémiste et n?hésite pas à vilipender ceux qu?il qualifie de « conciliateurs »), la lucidité (Lénine a toujours su, dans une conjoncture donnée, voir l?essentiel ? qui lui est donné par l?analyse de classe, essentiel que l?idéologie dominante a pour fonction de masquer) et enfin la subtilité, (Lénine est le penseur de la conjoncture, celui qui perçoit le moment où il faut changer de ligne, par exemple en avril 1917, où le mot d?ordre devient caduc et doit être remplacé). Un style qui reste une inspiration un siècle après la mort du leader bolchevique.
L'analyse des jeux et jouets, jeux de mots et de langage, jeux narratifs et intertextuels, que propose Virginie Iché met en évidence la tension fondatrice entre liberté et règles qui caractérise les Alice, et, au-delà, le processus de subjectivation qui traverse ces uvres. Cet ouvrage vient aussi expliquer l'étonnante plasticité de l'uvre carrollienne, sa vivacité et sa capacité à susciter toujours plus d'interprétations-interpellations 150 ans après sa première publication.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.