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Transcendance de l'Etat. Théologies et polities
Lebiez Marc
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841748860
On voudrait que religion et politique relèvent de deux domaines distincts : d'un côté les croyances personnelles, de l'autres la vie en commun. Cela semble aller de soi et être souhaitable, ne serait-ce que pour assurer la possibilité de la tolérance : on accepte d'autant mieux les différences en la matière que chacun s'accorde pour ne faire de sa religion qu'une affaire personnelle. On voit bien, en outre, ce que peut avoir d'oppresseur un Etat qui ajoute à la puissance qui le caractérise la contrainte d'une doctrine officielle. Même si l'on associe le mot république ou le mot démocratie au nom d'une religion ou de quelque autre dogmatique, on est bien devant un totalitarisme quand la puissance publique pourchasse ce qu'elle appelle "le vice" et prétend se mêler des conditions de la vie privée, jusqu'à la manière de se nourrir ou de s'habiller. Il se trouve hélas que la claire et saine distinction du politique et du religieux, déjà loin d'être la norme, est remise en cause là même où elle était revendiquée. C'est que, pour les peuples qui ont peiné à se constituer en Etat, la religion est perçue comme un marqueur de l'identité nationale. Du coup, ceux qui se sentent solidaires des opprimés soutiennent des revendications étroitement religieuses, quittes à fermer des yeux sur le caractère oppressif de certaines revendications religieuses. Pour y voir plus clair, on se propose ici de revenir sur le débat occasionné par les thèses de Carl Schmitt et de les confronter à la tradition occidentale des relations entre politique et religion.
Résumé : D'après maquettes : c'est le temps de l'étude préparatoire et de la projection. Mais aussi le temps de l'après, lorsque les années font ressurgir les premières intentions. Les maquettes ont des usages multiples et précieux pour construire l'exposition, elles sont des outils de conception, d'imagination et de vérification. Légères dans leur manipulation, elles mettent en jeu le regard, la main et l'ensemble du corps, en multipliant les points de vue. Lorsqu'elles sont conservées, elles deviennent des objets-mondes ouverts aux appropriations. La maquette est au coeur des pratiques artistiques qui en reprennent les codes et en réinventent la fonction. Elle devient alors oeuvre, accessoire de mise en scène photographique ou performative voire exposition. La maquette active une part mentale qui implique le spectateur dans l'élaboration de fictions. C'est aussi un espace de manipulation des regards à travers des effets d'illusion, de distorsion, de gros plans, mettant parfois à l'épreuve les formes de la perception. Artistes, architectes, scénographes, historiens et théoriciens partagent ici leurs pratiques, leurs intuitions et leurs recherches d'après maquettes.
Depuis une dizaine d'années, la technique du moulage a trouvé une nouvelle actualité. Des moulages de toutes sortes prolifèrent dans notre vie quotidienne, et les artistes tirent parti des nouveaux procédés numériques et des matériaux de synthèse. Les moulages incarnent à bien des égards une qualité essentielle mais invisible de presque toute la sculpture : le fait qu'elle soit plus souvent sérielle qu'unique. La sculpture est par essence plurielle et le moulage est le moyen par lequel cette pluralité advient. Les artistes de cette exposition ont été choisis parce qu'ils sont fascinés par le moulage et parce qu'il leur permet de faire. Tandis que certains utilisent le plâtre pour ses connotations historiques, d'autres utilisent des scans 3D pour évoquer le clonage, la maternité de substitution et la multiplication virtuelle. Elle leur permet également de donner une forme à ce qui, autrement, ne pourrait être connu. Ces artistes interrogent les moules autant que les images, regardant littéralement à l'intérieur de la sculpture. Leurs oeuvres contemporaines ont été réunies autour des collections historiques de moulages pour souligner les continuités vécues par plusieurs générations d'étudiants qui ont évolué au sein de ces collections. Sculptures infinies est le fruit d'une collaboration entre les Beaux-Arts de Paris et le Musée Calouste Gulbenkian, en partenariat avec la gypsothèque du Louvre à Versailles, l'Atelier de moulage de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et la Faculdade de Belas-Artes de Lisboa.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.