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Oedipe athée. Les hommes abandonnés des dieux
Lebiez Marc
L'HARMATTAN
24,50 €
Épuisé
EAN :9782343081526
Chez Sophocle, la tragédie d'OEdipe vient de ce qu'il est sans-dieu. Ce souverain exemplaire n'est pas athée au sens d'une irréligiosité, il est même un modèle de piété. Mais, quoi qu'il fasse, les dieux se détournent de lui et le poussent à la faute. Il est athée en ce sens objectif. Ce sentiment d'être abandonné, Jésus lui-même l'a ressenti au Golgotha : vers la neuvième heure, il s'écria Eli, Eli, lama sabachtani, ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ". Brünnhilde aussi connaît ce triste sort d'être abandonnée par son divin père — et elle livre au feu la demeure des dieux. Pascal avait évoqué la "misère de l'homme sans dieu". Après Hölderlin et le romantisme allemand, et jusqu'à Nietzsche et Heidegger, ce délaissement serait perçu comme le tragique par excellence. D'autres allaient bâtir une théologie de la mort de Dieu. Si le sentiment du tragique mène à la catastrophe, est-ce vraiment notre destin ? Sommes-nous condamnés à ressentir l'absence de Dieu comme un manque ? Plutôt nous tourner vers Ernst Bloch et sa pensée de l'espérance !
Boulnois Olivier ; Lebiez Marc ; Trémolières Franç
Jadis les voies du sacré étaient réputées impénétrables. Vers la fin du siècle dernier, elles apparaissaient plutôt délaissées, abandonnées à quelques essayistes paradoxaux. Mais en ce début du XXIe siècle, ce qui frappe, c'est au contraire la richesse des travaux philosophiques, littéraires et historiques, qui se ressaisissent de la question. Quatre auteurs, venus de disciplines et de cultures différentes, nous proposent ici leurs analyses de ce sacré revisité. Olivier Boulnois commente le livre important de Jean-Pierre Batut sur la notion d'un Dieu Pantocrator et sur les contresens et oublis dont elle a été l'objet dans la tradition chrétienne. Marc Lebiez retrace pour nous la forte figure de Jacob Taubes et d'une singulière tentative d'eschatologie pour les temps modernes. François Trémolières évoque le dernier ouvrage de Jacques Le Brun, consacré aux abdications en leur dimension sacrificielle, et associe à son commentaire une relecture d'un beau livre de Pierre Pachet récemment réédité. Serge Zenkine, enfin, fin connaisseur et traducteur en russe de l'?uvre bataillienne, analyse les nouveaux usages, post-modernes et inattendus, qui sont faits outre-Atlantique de l'?uvre, décidément plus vivante que jamais, du fondateur de Critique.
PROCLOS, philosophe majeur célébré par HEGEL, vécut en adversaire désolé la victoire du christianisme, au Ve siècle. Avec lui, ou peu s'en faut, se clôt l'Antiquité. Il en fut aussi conscient qu'on peut l'être. Sa biographie, ici traduite, montre comment il tenta de lutter. Elle ne dit pas ce que, 1500 ans après, nous savons: à quel point le christianisme victorieux emprunta à celui qui, dans un gigantesque et ultime effort, avait récapitulé la totalité de la pensée grecque. Ce devait être une conclusion, ce fut un rebond. Ainsi voit-on comment, dans une époque de crise, le vieux et le neuf s'entremêlent.
Quand l'Histoire bascule, qu'un monde ancien meurt et qu'un monde nouveau apparaît, cette mort n'est jamais totale, cette nouveauté jamais radicale. Certaines coupures paraissent n'être que des pertes, comme lorsque la brillante culture antique laisse place au sombre Moyen-Age, ou de lumineuses créations, comme le miracle grec. Les uns redoutent la décadence tandis que les autres applaudissent à la modernité, sans voir que re sont parfois les mêmes faits qui tantôt effraient et tantôt enthousiasment. La fin de l'Empire romain n'est pas une décadence pure, ni le miracle grec une naissance absolue ; la réalité est plus complexe que les slogans ou les hantises. On ne peut négliger cette complexité, mais qui se fixe sur elle seule perd de vue la réalité des ruptures, recouverte qu'elle est par l'infinie poussière des faits. La pensée cède alors à un continuisme qui en est la négation ; tout est vrai mais on ne dit plus rien qui ait du sens. On tait ici le pari inverse et, sans ignorer ce qui persiste quand tout semble changer, on cherche en quel sens cela change. Nul ne doute que la réalité entrelace continuité et rupture, mais reste à décrire comment les articulations de l'Histoire sont pensées par ceux qui les vivent. Il n'est pas indifférent que la tin de l'Antiquité, notre archétype de la décadence, soit aussi l'époque qui inventa l'idée de modernité, ni que le livre fondateur de la culture grecque ait eu pour sujet la douloureuse prise de conscience que les civilisations sont mortelles. Ce ne sont pas que de curieux paradoxes, le sens de ces époques décisives s'est joué dans la conscience ainsi prise de leur historicité. Cette conscience a aussi poussé Homère à former une entreprise qui n'avait jamais eu d'exemple et qui devait avoir une infinité d'imitateurs, choisir parmi les légendes que lui avait transmises la tradition orale et, avec cette matière, écrire la première œuvre littéraire.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.