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Savoir/Agir N° 7, Mars 2009 : Un peuple européen sur mesure
Lebaron Frédéric ; Michel Hélène ; Aldrin Philippe
CROQUANT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782914968560
L'entrée en récession, à la fin de l'année 2008, de l'économie française et européenne a rendu tangible, pour les salarié-e-s, la crise systémique du capitalisme financier qui, jusqu'alors, existait principalement dans les joutes publiques opposant acteurs de la finance, hommes politiques, éditorialistes et autres " experts ", au rythme des annonces, abstraites à force d'être faramineuses, des sommes destinées à secourir un secteur bancaire en perdition. L'explosion du chômage, la crainte pour celles et ceux qui ont encore un emploi de le perdre, l'appauvrissement des classes populaires et moyennes, l'exceptionnel mouvement syndical et politique de revendication dans les DOM-TOM semblent réinstaller durablement la question sociale au c?ur du débat public. Le récent sommet social a été salué par certains commentateurs comme emblématique du " virage social " d'un président de la République résolument " pragmatique " qui tournerait désormais le dos au " modèle " anglo-saxon qu'il avait pourtant embrassé pendant toute la campagne présidentielle. Le " modèle social " français, vilipendé depuis des années, est maintenant loué pour sa capacité à amortir le choc de la récession. Doit-on se réjouir de ce qui pourrait être interprété comme les signes de la rupture des élites avec l'économisme néolibéral ? Pas si sûr. Ce social par temps de crise, concédé à contrec?ur plus que revendiqué, occulte autant qu'il éclaire la véritable question sociale. L'urgence de la lutte contre le chômage tend à faire oublier que la société française entre dans cette récession déjà fortement éprouvée par plus d'un quart de siècle de néolibéralisme. Contre les tentatives d'instrumentalisation, par le gouvernement, du chômage afin de faire oublier son piteux bilan social, il faut rappeler que la crise sociale ne date pas d'octobre 2008. Surtout, ce social de crise coexiste paisiblement avec l'appel à " l'accélération du rythme des réformes ", néolibérales forcément. La compassion à l'endroit des " victimes " de la crise s'accommode parfaitement de la remise en cause des services publics et de nouvelles offensives contre les droits sociaux (chômage, santé, éducation). Comme si aucune leçon n'avait été tirée des causes profondes de la crise du néocapitalisme, lequel a poussé les plus pauvres et précaires à s'endetter pour vivre et se loger. Contre l'omniprésence politique et médiatique de ce " social de crise ", le dossier du prochain numéro de Savoir/Agir s'emploiera à explorer quelques facettes du " social en crise ", violemment percuté par les conséquences économiques dramatiques du bateau ivre de la finance dérégulée.
Ce livre a pour objectif de répondre à une question souvent formulée: comment produire et traiter des données quantitatives en sciences sociales en tenant compte des conditions particulières du domaine d'étude et de la problématique adoptée? Destiné à tous les étudiants réalisant une enquête collective, un mini-mémoire ou un mémoire, en licence et master de sciences sociales (sociologie, démographie, histoire, économie, science politique), cet ouvrage leur enseigne comment soumettre à une critique scientifique les données recueillies pour leur permettre de mieux construire leur objet de recherche. Appuyé sur un ensemble d'exemples issus de toutes les disciplines des sciences sociales, le livre de Frédéric Lebaron propose une démarche intégrée (appuyée par l'analyse géométrique des données) qui permet de construire et d'étudier en profondeur un espace social.
Les dénonciations des riches et des nantis sont une constante dans la presse et les discours politiques qui n'hésitent pas à magnifier " la France d'en bas ". L'opposition entre k peuple et les gros " a plus d'un siècle d'existence, en France comme ailleurs, où la critique des élites, de leur pouvoir et de leurs privilèges semble faire consensus, du moins dans les discours. Cette critique est facile, d'autant plus que ces élites sont mal connues, qu'il s'agisse de leur niveau de richesse (un récent sondage indiquait que pour les personnes interrogées, un ménage peut être considéré comme "riche" quand ses revenus atteignent 8.300 euros par mois) ou qu'il s'agisse de leur capacité à cumuler les positions sociales et politiques. Mais cette critique est vite désamorcée par deux registres principaux ! de légitimation des élites et des positions dominantes qui les caractérisent. Le premier est le registre du mérite et des compétences spécifiques pour " en être " (diplômes, formation, aisance, relations sociales et politiques..). Le second est le registre du hasard et de la chance qui interdit de reprocher à quelqu'un sa naissance. Les deux registres sont souvent mêlés et se retrouvent fréquemment dans les descriptions des trajectoires de ces hommes et de ces femmes qui, bien dotés au départ, se sont toutefois donnés du mal pour être là où ils sont. Le corollaire de cette légitimation est hélas une légitimation des situations dans lesquelles se trouvent " les gens du peuple ", tout à la fois mal servis et résignés. L'objectif de ce numéro de savoir/ agir n'est pas d'ajouter aux dénonciations existantes mais de montrer ce qui fait l'élite et comment elle réussit à être ce qu'elle est. A l'inverse des " success stories " qui insistent sur le mérite des individus, leurs ambitions et leur dextérité à mener leur carrière, et qui alimentent l'idée d'une instabilité des fortunes économiques et sociales et d'une circulation des élites, il s'agira de montrer ce que ces individus doivent à leur famille, à leurs relations sociales et plus généralement à la mobilisation collective des leurs. La domination telle qu'elle existe se travaille, en famille, en lignée, en réseaux. C'est sur cet effort continu et collectif des classes dominantes que portera ce numéro, montrant que cette domination n'est en rien le fruit du hasard et qu'une seule redistribution des cartes au départ ne suffira pas à changer la donne.
Que recouvre exactement l'expression "sociologie du handicap" ? Que peut bien avoir à dire la sociologie sur ce phénomène a priori biomédical ? Plus largement, que nous apprennent concrètement les recherches dans ce domaine ? Et pourquoi est-il possible d'affirmer qu'elles constituent aujourd'hui un enjeu majeur pour les personnes dites "handicapées" ou "en situation de handicap" ? C'est à ces questions que tente de répondre ce numéro. Pour ce faire ont été réunis un ensemble de travaux récents recouvrant des dimensions de la question du handicap aussi variées que possible (dimensions politique, juridique, scolaire, familiale, questions de l'accès à l'emploi, etc.) et apportant un éclairage indispensable sur ce que signifie être (dit) "handicapée" aujourd'hui. Chacune à sa manière, ces recherches montrent aussi à quel point le traitement de cette question est traversé par des contradictions et de nombreux paradoxes. A quel point, par conséquent, il est urgent d'y réfléchir en mobilisant les savoirs accumulés par les sciences sociales, trop longtemps considérées en ce domaine comme simple supplément d'âme.
L'urgence écologique : L'écologie a été et reste aujourd'hui un ensemble aux appellations, dimensions et préoccupations multiples. Le vocabulaire en témoigne : décroissance, éco-socialisme, croissance verte ou développement humain durable, etc. Et, sous l'influence d'une partie du mouvement altermondialiste, le buen vivir. Tous ces termes ne sont cependant pas équivalents et donnent lieu à des controverses et constituent autant de manières, souvent contradictoires, parfois complémentaires, de penser "l'urgence écologique". Pourtant, tous mettent au centre de leur activité la préoccupation pour l'écologie et ses diverses déclinaisons : réchauffement climatique, épuisement des énergies fossiles, risque nucléaire, stérilisation des sols, pollutions et impacts sur la santé, réduction de la biodiversité, accroissement des inégalités, etc. Ces divergences d'analyse et les différentes solutions préconisées relèvent-elles de querelles de chapelle, comme le mouvement écologiste en a connu beaucoup ? Ou tracent-elles des modèles différents pour la "transition écologique " ? Comment s'organise l'articulation entre le social et l'écologique ? Grèce : Comment la presse a-t-elle rendu compte des événements qui ont marqué les relations de la Grèce avec ses créanciers et avec les institutions européennes depuis la victoire électorale de Syriza en janvier dernier ? A partir d'une étude de ce qui a été publié dans quelques journaux français et étrangers, la question vient à l'esprit : Qu'est-ce que lire les journaux veut dire ? Comment s'organise le récit médiatique ? Qu'est-ce qui a conduit dans le cas de la Grèce à privilégier le lexique de la polémologie et à en reprendre les catégories les plus éculées (les fourmis du Nord et les cigales du Sud, etc.).
La question de l'identité est omniprésente dans notre pays et un peu partout en Europe, que ce soit dans le champ social, économique ou politique. Elle est parfois l'expression de replis d'ordre communautariste. Pourtant il y a des communautés qui échappent à cette déviance. C'est le cas des professionnels de la santé en général, car ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes, mais davantage concernés par les autres, l'ensemble de la population, sans distinction de classe, de race ou de culture. Les infirmières prennent leur part dans cette mission citoyenne au service des personnes qu'elles soignent. Et la population a une façon de les voir, tantôt appréciées ou critiquées, ce qui rend compte de leur identité perçue. Mais que sont réellement ces infirmières (et infirmiers) aujourd'hui, alors qu'elles viennent d'être secouées parla réforme 2009 dite des études universitaires, leur accordant le grade de licence professionnelle ? Sont-elles à l'aise dans cette nouvelle posture ou sont-elles encore nostalgiques d'un passé récent ? Des infirmières regroupées au sein du Collectif de Recherche infirmière Qualitative en Santé (CRIQS), formées avant et après cette réforme, ont réalisé une démarche introspective à l'intérieur de leur corps professionnel, pour dire qui elles sont, examiner les convergences, le cas échéant certaines divergences difficilement avouables et définir leur identité professionnelle, telle qu'elles peuvent la revendiquer dans la modernité sociale ambiante. Chacun pourra apprécier, s'il ya lieu, l'écart entre l'identité attribuée parles personnes que nous soignons et celle que nous revendiquons pour nous-mêmes. Cette clarification de l'identité infirmière en phase avec une reconnaissance réclamée doit servir à l'évolution des pratiques professionnelle pour mieux soigner. Ce livre s'adresse par conséquent à celles et ceux qui s'intéressent à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques : les étudiants infirmiers, les nouveaux diplômés, les formateurs, mais aussi les décideurs qui pourront se rendre compte du niveau de responsabilisation du corps infirmier, ainsi que de l'évolution de leurs modes d'investissement. Et surtout les patients, curieux de découvrir ce que leurs infirmières disent d'elles-mêmes.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
Les mouvements sociaux portés par la jeunesse qui ont émergé ces dix dernières années ont remis au goût du Jour une notion considérée comme dépassée : l'honneur. L'honneur évoque, selon les époques, un principe chevaleresque, une passion patriotique ou un terme propre aux populations du bassin méditerranéen. Il tend à s'imposer aujourd'hui comme un concept "brandi" par les individus pour dénoncer les conditions sociales qui les asservissent. Le sentiment d'indignation est d'autant plus fort qu'il répond au désenchantement des individus face au monde qui les entoure : marasme politique, mondialisation, monde de plus en plus rationalisé et tourné vers le profit, absence de perspectives d'avenir... Pour résister à la déchéance sociale et morale qui les guette, les individus vont alors mobiliser "la seule chose qui leur reste", à savoir leur honneur, pour dire "non" aux injonctions de la société marchande et mu corruptions afin de reprendre le contrôle de leur existence. L'honneur semble ainsi acquérir une nouvelle dimension : il cristallise les indignations et insuffle un élan libérateur. Ce sentiment de révolte face à un monde d'injustices gagne de nombreux pays. Dans cet ouvrage issu de sa thèse de sociologie, c'est à la lumière d'interviews avec des jeunes français et turcs que l'auteure s'efforce de cerner l'évolution sociale de la référence à l'honneur, face à des situations qui portent atteinte à la dignité humaine et dont ils souhaitent s'émanciper. Si l'honneur était jusqu'ici empreint de la culture dans laquelle il était invoqué, il semble s'universaliser pour devenir une notion qui fait écho aux souffrances des populations du monde entier.
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.