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LE MYSTERIEUX DOCTEUR CORNELIUS - EPISODES 11 ET 12
LE ROUGE GUSTAVE
MANUCIUS
10,20 €
Épuisé
EAN :9782845780699
Tout d'abord, ils ne virent pas bien ce que renfermaient ces armoires; mais, quand ils s'en furent approchés, ils reculèrent avec un frisson de dégoût et d'horreur. [...]. Il y avait là des centaines d'organes, des corps entiers conservés en apparence dans toute leur fraîcheur par des procédés inconnus. Immergés dans de vastes bocaux, [...], des c?urs palpitaient au milieu d'un liquide incolore, des poumons s'enflaient et se dégonflaient avec un bruit haletant, des masses d'entrailles bleues et vertes se tordaient, encore agitées des mouvements reptiliens qui accompagnent la digestion chez les êtres vivants. Il y avait encore, [...] des f?tus vivants dont les vaisseaux ombilicaux étaient prolongés par des tubes de caoutchouc qui venaient aboutir à une étrange pompe de cristal, pleine de sang tiède. Rapopoff, pendant tout cet examen, donnait les signes de la plus vive terreur [...]. Tout à coup, il se rejeta en arrière, avec un véritable hurlement. [...] Il montrait du doigt une vitrine dans laquelle M. Bondonnat, stupéfié d'épouvante à son tour, aperçut son exacte ressemblance, son double, un autre Bondonnat en chair et en os, qui, admirablement embaumé, semblait le contempler avec un sourire tranquille."
Les folles mirent le couvert, chacun prit place à table, et bientôt la réunion présenta le spectacle le plus vif et le plus animé. A la grande surprise de lord Burydan, qui s'en donnait à c?ur joie, (...) les hommes offraient à boire à leurs voisines et leur passaient les plats avec une politesse exquise; on se fut cru dans la salle d'une table d'hôte ordinaire; mais à mesure que les fumées du vin montaient à ces cerveaux déséquilibrés, les changements se produisirent dans l'attitude des invités. On n'était pas arrivé au dessert que l'homme-chat sautait sur la table, faisait le gros dos en exécutant toute une gamme de miaulements les plus réjouissants du monde. L'homme-automobile, qui se promenait toute la journée emmailloté de pneumatiques, réclamait à grands cris du benzonaphtol. On lui fit avaler un siphon d'eau de Seltz et il déclara qu'il avait son plein d'essence et qu'il allait bientôt partir. Une grosse dame, qui se croyait changée en gigot de mouton, offrait un couteau et une fourchette à ses voisins pour leur permettre de goûter un morceau de son épaule dodue. Quelques charitables folles, songeant aux blessés de la guerre balkanique, transformaient activement en charpie la nappe et les serviettes damassées de Mr. Palmers."
RESUME : Dans La conspiration des milliardaires, Gustave Le Rouge nous plonge dans un monde où le pouvoir et la richesse dictent les règles du jeu. Ce troisième tome poursuit les intrigues captivantes autour de personnages influents qui manoeuvrent dans l'ombre pour asseoir leur domination. Le récit s'articule autour de complots financiers et politiques, où chaque décision peut changer le cours de l'histoire. Les protagonistes, dotés d'une intelligence redoutable et d'une ambition sans limite, se livrent à une bataille acharnée pour le contrôle économique mondial. Le Rouge, avec sa plume acérée, dépeint une société où l'éthique se heurte souvent à l'intérêt personnel, et où les alliances se font et se défont au gré des circonstances. Au coeur de cette trame complexe, des personnages emblématiques émergent, chacun portant ses propres secrets et motivations, ajoutant des couches de mystère et de tension au récit. Ce tome explore les conséquences des actions des puissants sur le monde, tout en questionnant les valeurs morales dans un univers où l'argent semble être la seule loi. Le lecteur est invité à naviguer dans cette toile d'intrigues, découvrant progressivement les dessous d'un monde où rien n'est ce qu'il paraît. La conspiration des milliardaires est une exploration fascinante des dynamiques de pouvoir, où chaque page révèle de nouveaux rebondissements, maintenant le suspense jusqu'à la dernière ligne. L'AUTEUR : Gustave Le Rouge, né le 22 juillet 1867 à Valognes et décédé le 24 février 1938 à Paris, est un écrivain français prolifique, principalement connu pour ses romans d'aventure et de science-fiction. Après des études classiques, il commence sa carrière littéraire en tant que journaliste avant de se tourner vers la fiction. Le Rouge s'illustre par son style flamboyant et son imagination débordante, souvent comparé à Jules Verne pour sa capacité à mêler science et fiction. Parmi ses oeuvres les plus notables, on retrouve "Le Mystérieux Docteur Cornélius", une série qui a marqué le genre par son inventivité et sa profondeur narrative. Gustave Le Rouge a également collaboré avec d'autres écrivains de son temps, enrichissant ainsi le paysage littéraire de l'époque. Ses écrits sont souvent empreints de critiques sociales, abordant des thèmes comme le progrès technologique et ses impacts sur la société. Bien que moins connu aujourd'hui, son oeuvre continue d'influencer le genre de la science-fiction et de l'aventure.
- Emile, dit-il nonchalamment, apportez-moi cent mètres de boudin. Emile crut avoir mal entendu et se redressa tout effaré: - Vous dites? bégaya-t-il. - Parfaitement, cent mètres de boudin, qualité supérieure; je paie comptant, seulement je tiens à une chose, c'est que le bousin soit d'un seul morceau. - Mais, milord... - Arrangez-vous! [...] Mais si, dans dix minutes, je ne suis pas servi, je ne remettrai plus les pieds dans cette baraque! [...] Un grand silence s'était fait dans la taverne. Très calme, milord Bamboche avait pris un havane bagué d'or, puis, ayant placé son chronomètre à côté de lui, il attendait. [...] La neuvième minute ne s'était pas écoulée qu'une gigantesque rumeur s'éleva? Dans la brume du matin une file d'hommes s'avançait, jeunes et joufflus, comme de vrais garçons charcutiers qu'ils étaient, et portant sur les épaules un interminable câble noir. En tête, Emile s'avançait la face rayonnante d'un juste orgueil. [...] - Maintenant, reprit l'Anglais, Emile distribuera, à toutes les personnes qui en feront la demande, vingt-cinq centimètres de boudin et une coupe de champagne. [...] - Vive Milord Bamboche! hurla la foule."
Est-ce que l'intelligence suprême a pu lancer le soleil dans l'espace et ordonner la marche merveilleuse des sphères pour que des êtres à gros ventre et à figure sans génie brocantent entre eux les produits de la terre, y compris les hommes, afin de parvenir à manger seuls, à avoir seuls des maisons et des vêtements, à jouir seuls enfin, non pas de la pensée, mais du pouvoir d'étouffer la pensée ! Vous n'avez pas le droit, Madame, de réclamer l'émancipation de la femme, m'ont dit ces hommes. Quoi ! Parce que je n'ai ni état dans le monde, ni considération parmi les gens comme vous ; parce que je suis froissée, brisée à chaque pas ; parce que je crie sans qu'on daigne m'entendre ; parce que je dévore mes larmes ; parce que je m'arme de toute l'énergie d'un légitime orgueil contre les lâches qui m'écrasent, je serai la seule qui n'aurai pas le droit de me plaindre ! "
Récit de la mort tragique de Rimbaud par sa soeur cadette Isabelle. Témoignage poignant sur les derniers jours de ce poète au parcours aussi fulgurant qu énigmatique.Lorsque le 20 mai 1891, Arthur Rimbaud débarque à Marseille et est admis à l"hôpital de la Conception où il va être amputé de la jambe droite à cause du cancer des os qui ronge son genou, Isabelle Rimbaud a 31 ans. Elle n a pas vu son frère depuis son départ au printemps 1880 pour Alexandrie.Sa mère Vitalie sera auprès de lui le 23, l" amputation aura lieu le 27 mai. Mais très vite, elle quitte son fils pour d"obscures querelles et c" est désormais Isabelle qui veillera Arthur jusqu"à la fin.C" est ainsi que commence l"aventure d" Isabelle Rimbaud (1860-1917), dont ce livre, publié de manière posthume en 1921, sous le titre Reliques aux éditions du Mercure de France, retrace les épisodes fondamentaux: Le séjour d"Arthur Rimbaud à Roche l" été 1891 après l"amputation (« Mon frère Arthur »), le retour, le 23 août, de Rimbaud à Marseille où il va mourir (« Le dernier voyage de Rimbaud »), l" agonie du poète (« Rimbaud mourant »), puis, le dernier chapitre, la découverte et la lecture de l"oeuvre (« Rimbaud catholique »).L" ensemble des textes que nous rééditons aujourd"hui, est singulièrement habité par la présence de Rimbaud, y compris d" ailleurs, lorsque, dans le quatrième volet, Isabelle Rimbaud se lance dans l"exégèse de l" oeuvre, et cela quels que soient les désaccords que l"on peut avoir avec sa lecture d" un Rimbaud « catholique » terme très faux qui remplace le mot original « mystique », figurant lors de la première publication de ce texte, en 1914. Même Benjamin Fondane, sans aucun doute le meilleur commentateur de Rimbaud de la première partie du siècle parvient tout à fait à conserver une distance juste à l"égard d Isabelle Rimbaud « Ce n" est pas une soeur qui est là, mais un Ange de la Mort, occupée à donner ses derniers soins, ceux de l"âme, à un frère » et tout en récusant le « catholicisme » de cette conversion, tout en ayant des propos très durs pour la soeur de Rimbaud, écrit néanmoins à partir de son témoignage, et se refuse à le récuser: « A vrai dire, je soupçonne Rimbaud de s" être livré sur son lit de malade, à moitié déjà gagné par la mort, à une nouvelle expérience désespérée en tous points semblable à celle qu"il tenta naguère avec sa théorie du Voyant. Encore une fois il va essayer, désespérément, de voir si la forme ne porte pas en elle l" esprit, si le signe n entraîne pas le réel, si la liberté n est pas dans la soumission, si ON NE PEUT PAS FORCER LA GRÂCE: il « TRAVAILLE » à présent à se rendre catholique ».
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?