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LE MYSTERIEUX DOCTEUR CORNELIUS - EPISODES 05 ET 06
LE ROUGE GUSTAVE
MANUCIUS
10,20 €
Épuisé
EAN :9782845780644
- Emile, dit-il nonchalamment, apportez-moi cent mètres de boudin. Emile crut avoir mal entendu et se redressa tout effaré: - Vous dites? bégaya-t-il. - Parfaitement, cent mètres de boudin, qualité supérieure; je paie comptant, seulement je tiens à une chose, c'est que le bousin soit d'un seul morceau. - Mais, milord... - Arrangez-vous! [...] Mais si, dans dix minutes, je ne suis pas servi, je ne remettrai plus les pieds dans cette baraque! [...] Un grand silence s'était fait dans la taverne. Très calme, milord Bamboche avait pris un havane bagué d'or, puis, ayant placé son chronomètre à côté de lui, il attendait. [...] La neuvième minute ne s'était pas écoulée qu'une gigantesque rumeur s'éleva? Dans la brume du matin une file d'hommes s'avançait, jeunes et joufflus, comme de vrais garçons charcutiers qu'ils étaient, et portant sur les épaules un interminable câble noir. En tête, Emile s'avançait la face rayonnante d'un juste orgueil. [...] - Maintenant, reprit l'Anglais, Emile distribuera, à toutes les personnes qui en feront la demande, vingt-cinq centimètres de boudin et une coupe de champagne. [...] - Vive Milord Bamboche! hurla la foule."
Tel qu'il est, Verlaine ensorcelle tout ce qui l'approche, il émane de sa personne une attirance presque magique". Intime de Paul Verlaine, Gustave Le Rouge (1867-1938) ira jusqu'à partager le dernier repas du poète. Auteur prolixe, dont la relative notoriété sera due à Cendrars, son style parfois délirant, ses créations pittoresques, en feront un auteur reconnu des surréalistes.
Tout d'abord, [...] le docteur prit un moulage des deux sujets, et les deux moulages dressés sur deux socles furent revêtus, grâce à la photographie, des couleurs, des teintes exactes de la vie. A l'aide d'injections de paraffine chaude, faites sous l'épiderme, il pourvut le faciès un peu maigre de Baruch des rondeurs que possédait le visage de Joë; [...]. La ressemblance des deux physionomies commença à s'accuser de façon frappante. Ses bras squelettiques retroussés jusqu'aux coudes, Cornélius travaillait avec une ardeur fébrile. Taillant en pleine matière vivante, ajoutant et retranchant suivant le besoin, c'était vraiment alors qu'il méritait son surnom de sculpteur de chair humaine."
Gustave le Rouge est un auteur injustement méconnu du grand public bien qu'il ait publié plus d'une centaine d'ouvrages dont certains sont, sans aucun doute, des textes majeurs du "roman populaire", au sens le plus noble du terme. Publié en 1912 en dix-huit épisodes, Le Mystérieux Docteur Cornélius apparaît sans conteste comme son chef-d'oeuvre. Selon Blaise Cendrars, il est "ce roman du monde moderne où, par les tableaux de la nature exotique, son amour des aventures, son goût policier de l'intrigue, son penchant métaphysique, son don de visionnaire scientifique" Le Rouge "a fait la somme du roman du XIXe siècle...". Grands et petits se plongeront avec délices dans cet univers romanesque singulier, où la puissance créatrice, la fantaisie et l'imaginationdominent. De New York à la Bretagne, du Grand Ouest américain à l'Île des Pendus, la plume de Le Rouge entraîne le lecteur dans des lieux étonnants, mystérieux et énigmatiques, où s'affrontent impitoyablement deux conceptions du monde antagonistes; l'une, incarnée par le sympathique savant français Prosper Bondonnat dont les travaux de recherches sont orientés dans le seul but d'ajouter une pierre à "l'édifice radieux de la modernité", l'autre, par le maléfique docteurCornélius Kramm, chirurgien esthétique américain, "sculpteur de chair humaine", inventeur de la "carnoplastie", obsédé par la conquête du pouvoir et de l'argent.
Dans la propriété canadienne de Lord Astor Burydan, Prosper Bondonnat examine Joë Dorgan devenu Baruch Jorgell par l'intervention diabolique du sculpteur de chair humaine. Grâce aux soins prodigués par le savant français le "dément" amnésique sort peu à peu de sa torpeur... Pendant ce temps, le baron Fesse-Mathieu tente de se venger de la perte de ses propriétés en déclenchant un immense incendie.
Réédition des chapitres II et III consacrés à Descartes et Pascal de La philosophie française de Victor Delbos, éminent historien français de la philosophie, commentateur éclairé de Kant et Spinoza et par ailleurs très grand pédagogue. L'oeuvre originale compte 14 chapitres consacrés aux grands noms de la philosophie française, de Descartes à Saint-Simon et Auguste Comte, sans oublier Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Maine de Biran et bien dautres. Victor Delbos, selon ses propres mots, y compte « renouer notre tradition philosophique de façon plus étroite et rentrer dans la pensée française pour montrer qu« elle a en elle assez de ressources pour se développer et se renouveler avec ses caractères propres [] sans se laisser conduire. » Texte clair et limpide, dune grande pédagogie et acuité La philosophie française était absente des librairies depuis près dun siècle. Dans cette première livraison de la réédition complète de louvrage, les éditions Manucius reprennent les chapitres consacrés à Descartes (Chap. II) et Pascal (chap. III).
Récit de la mort tragique de Rimbaud par sa soeur cadette Isabelle. Témoignage poignant sur les derniers jours de ce poète au parcours aussi fulgurant qu énigmatique.Lorsque le 20 mai 1891, Arthur Rimbaud débarque à Marseille et est admis à l"hôpital de la Conception où il va être amputé de la jambe droite à cause du cancer des os qui ronge son genou, Isabelle Rimbaud a 31 ans. Elle n a pas vu son frère depuis son départ au printemps 1880 pour Alexandrie.Sa mère Vitalie sera auprès de lui le 23, l" amputation aura lieu le 27 mai. Mais très vite, elle quitte son fils pour d"obscures querelles et c" est désormais Isabelle qui veillera Arthur jusqu"à la fin.C" est ainsi que commence l"aventure d" Isabelle Rimbaud (1860-1917), dont ce livre, publié de manière posthume en 1921, sous le titre Reliques aux éditions du Mercure de France, retrace les épisodes fondamentaux: Le séjour d"Arthur Rimbaud à Roche l" été 1891 après l"amputation (« Mon frère Arthur »), le retour, le 23 août, de Rimbaud à Marseille où il va mourir (« Le dernier voyage de Rimbaud »), l" agonie du poète (« Rimbaud mourant »), puis, le dernier chapitre, la découverte et la lecture de l"oeuvre (« Rimbaud catholique »).L" ensemble des textes que nous rééditons aujourd"hui, est singulièrement habité par la présence de Rimbaud, y compris d" ailleurs, lorsque, dans le quatrième volet, Isabelle Rimbaud se lance dans l"exégèse de l" oeuvre, et cela quels que soient les désaccords que l"on peut avoir avec sa lecture d" un Rimbaud « catholique » terme très faux qui remplace le mot original « mystique », figurant lors de la première publication de ce texte, en 1914. Même Benjamin Fondane, sans aucun doute le meilleur commentateur de Rimbaud de la première partie du siècle parvient tout à fait à conserver une distance juste à l"égard d Isabelle Rimbaud « Ce n" est pas une soeur qui est là, mais un Ange de la Mort, occupée à donner ses derniers soins, ceux de l"âme, à un frère » et tout en récusant le « catholicisme » de cette conversion, tout en ayant des propos très durs pour la soeur de Rimbaud, écrit néanmoins à partir de son témoignage, et se refuse à le récuser: « A vrai dire, je soupçonne Rimbaud de s" être livré sur son lit de malade, à moitié déjà gagné par la mort, à une nouvelle expérience désespérée en tous points semblable à celle qu"il tenta naguère avec sa théorie du Voyant. Encore une fois il va essayer, désespérément, de voir si la forme ne porte pas en elle l" esprit, si le signe n entraîne pas le réel, si la liberté n est pas dans la soumission, si ON NE PEUT PAS FORCER LA GRÂCE: il « TRAVAILLE » à présent à se rendre catholique ».
Comment se métamorphosent les relations de l'Etat et de l'Entreprise à l'heure de la mondialisation, de la crise du politique et de la technologisation généralisée et accélérée des sociétés ? L'Etat et l'Entreprise sont producteurs de normes, mais aussi de cultures, de signes, de symboles et de représentations sociales, telle que la dichotomie "privé/ public". Ils portent notamment l'opposition entre "intérêt général" et "intérêts particuliers", aujourd'hui remise en question. Ces deux grandes institutions de l'Occident sont fondées en légitimité et contribuent à "penser" et à organiser la société. Toutefois, ne faut-il pas sortir de ce face-à-face institutionnel entre Etat et Entreprise pour redonner toute sa place à la "société civile", au secteur de l'économie sociale et solidaire et au(x) commun(s) ? D'autant que ces deux institutions majuscules portent des imaginaires très diversifiés selon les pays et les systèmes culturels. Cette problématique est ici explorée par un collectif de chercheurs de diverses disciplines, des responsables d'entreprises privées ou publiques et des hauts fonctionnaires, dans le cadre des séminaires de l'Institut d'Etudes Avancées (IEA) de Nantes, lieu de recherche et d'échanges pour penser le monde autrement, par la confrontation et la concertation des civilisations, notamment entre Nord et Sud.
Le 21 mai 1880, la veille de la parution des Croquis parisiens, le directeur du Gaulois, Arthur Meyer, présente à la une de son journal un "bataillon renouvelé de chroniqueurs, pris parmi les jeunes". Au programme: "Les Mystères de Paris, par M. Huysmans", auteur de quatre textes parus du 6 au 26 juin 1880. Ce "réaliste de la nouvelle école" propose l'exploration d'un Paris qu'il ne fait pas bon fréquenter lorsqu'on est un honnête bourgeois: les coups de poings s'échangent facilement, l'eau est "destinée non à être bue, mais à aider la fonte du sucre". "C'est dans l'un de ces endroits", annonce l'auteur, "que je mènerai le lecteur, s'il n'a point l'odorat trop sensible et le tympan trop faible". Cette série oubliée nous fait pénétrer dans l'atelier de confection des ouvrières comme dans celui de l'écrivain. "Robes et manteaux" a été distillé dans un roman: En ménage (1881). "Tabatières et riz-pain-sel" aurait pu connaître le même sort, mais l'oeuvre ne fut pas achevée, et le texte servit d'esquisse au "Bal de la Brasserie européenne" (ajouté à l'édition augmentée des Croquis parisiens en 1886). "Une goguette", modifié et repris dans plusieurs revues jusqu'en 1898, n'avait jamais été réédité dans ses premières versions. Et si "L'extralucide" et sa cocasse séance de magnétisme ont été abandonnés, la question des phénomènes inexplicables a fini par être prise au sérieux. Elle est au coeur des réflexions de Durtal, qui se demande, dans Là-bas (1891): "comment nier le mystère qui surgit, chez nous, à nos côtés, dans la rue, partout, quand on y songe?"