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Les Juifs viennois à la Belle Epoque
Le Rider Jacques
ALBIN MICHEL
29,05 €
Épuisé
EAN :9782226242099
Extrait de l'introductionSi Vienne, à l'époque de Sigmund Freud et d'Arthur Schnitzler, devient une capitale de la modernité, c'est aussi parce qu'elle est la métropole de l'Europe centrale danubienne et que les mutations démographiques du dernier quart du XIXe siècle l'ont transformée en une «Jérusalem de l'exil». À l'époque de l'empire libéral, dont le Compromis austro-hongrois de 1867 marque le début, un «paysage culturel judéo-viennois» se dessine, à la fois proche et sensiblement différent du modèle judéo-allemand et de celui d'autres grandes villes de la monarchie habsbourgeoise, de la concurrente de Vienne, Budapest, aux reproductions de Vienne en miniature que sont Lemberg/Lwów/Lviv en Galicie et Czernowitz/Cernauti/Tchernivtsi en Bucovine. Nous retracerons l'histoire sociale et culturelle de ce modèle judéo-viennois, de 1867 à 1914: bouleversé au cours des années que dura la Première Guerre mondiale, il se recompose dans les années 1920. Son anéantissement s'annonce à partir de 1933 et se déroule inexorablement à partir de l'Anschluss (annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie) de mars 1938.Nous insisterons sur la pluralité interne de la population juive viennoise. L'assimilation à la culture allemande, dans sa variante autrichienne, est le modèle dominant. L'afflux des immigrés juifs de l'Est (Ostjuden), à partir des années 1880, provoque à l'intérieur du groupe juif viennois un véritable choc des cultures: les Juifs viennois de vieille souche, assimilés et parfaitement intégrés, découvrent une autre identité culturelle juive qui leur semble étrangère, pour ne pas dire exotique. Au même moment, dans les années 1880 et 1890, l'antisémitisme se propage dans tous les milieux de la société viennoise et devient un véritable code culturel. L'installation de Karl Lueger à la mairie de Vienne en 1897 fait de la capitale de l'Autriche-Hongrie la seule grande ville européenne gouvernée par un parti antisémite. Ce nouvel antisémitisme de masse ébranle les certitudes de beaucoup de Juifs viennois assimilés et déclenche des processus de «crise de l'identité» dont nous analyserons quelques exemples.Mais chez Zweig, dans le premier chapitre du Monde d'hier, il est question du «génie de Vienne» qui a toujours consisté, écrit-il, à «harmoniser tous les contrastes ethniques et linguistiques» et à permettre «une synthèse de toutes les cultures occidentales».Le rabbin Joseph Samuel Bloch s'engage dans les luttes sociales et dans le combat contre l'antisémitisme: il invente une formule nouvelle lorsqu'il exhorte ses concitoyens juifs à s'affirmer en tant qu'«Autrichiens de nationalité juive». Les fondateurs du mouvement sioniste, Nathan Birnbaum et Theodor Herzl, opposent au modèle judéo-viennois en crise celui de la «désassimilation» et du retour à la tradition culturelle juive, chez Birnbaum, ou, chez Herzl, de l'édification d'un État-nation juif dans le «pays ancien - pays nouveau». Une autre voie souvent choisie par les Juifs viennois de la génération de Victor Adler (né en 1852) et d'Otto Bauer (né en 1881) est celle de l'engagement socialiste.
Arthur Schnitzler (1862-1931) est un des plus brillants représentants de la culture viennoise de la Belle Époque. Ce médecin converti à l'écriture a renouvelé le roman psychologique au point que son contemporain et ami viennois Sigmund Freud put lui écrire qu'il le considérait comme son double. Ses nouvelles n'ont pas cessé d'inspirer les adaptations cinématographiques (la plus récente étant Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick d'après La Nouvelle rêvée de Schnitzler) et son théâtre reste vivant sur toutes les scènes européennes. Juif viennois souvent pris pour cible par les antisémites, Arthur Schnitzler a thématisé avec une grande sensibilité la condition juive contemporaine.
Sigmund Freud était si profondément imprégné d'histoire ancienne et de littérature grecque que l'on peut définir la psychanalyse comme une archéologie de l'inconscient dont la méthode fut conçue sur le modèle de la philologie. OEdipe roi préfigure le « sujet de l'inconscient » et donne la clef de la « psychanalyse tragique ». La fascination de Freud pour la Grèce antique n'était pas une exception. La plupart de ses contemporains ont trouvé dans la civilisation grecque une part essentielle de leur inspiration. S'interroger sur la dette des Modernes envers les Anciens permet de reconstruire le système culturel allemand et autrichien, dont Freud fut à la fois le parfait représentant et le critique lucide. Mais Freud a souffert, depuis l'époque de la Première Guerre mondiale, d'un grandissant « malaise dans la Bildung » néo-humaniste institutionnalisée à l'époque de Humboldt, dont Nietzsche avait analysé les contradictions. Les références à la Grèce ancienne avaient d'abord permis à Freud de se démarquer du genius loci viennois, baroque et romain. Son parcours ultime l'éloigne de l'Acropole et le ramène à la Loi sinaïtique. Ce n'est pas un retour au religieux, mais la recherche de nouveaux fondements de l'éthique et de la rationalité scientifique, à l'heure où la civilisation européenne s'effondre.
Entre l'échec de la révolution de 1848 et le départ de Bismarck de la chancellerie en 1890, les classes moyennes allemandes réclament une profonde réforme de la culture et de la société, au nom du "réalisme". Ce réalisme-là, c'est celui des anciens libéraux de 1848 ralliés à Bismarck au nom de l'efficacité économique et de l'unité allemande, celui des réformateurs des institutions traditionnelles, mais aussi celui des maîtres du roman et de la peinture, chez qui la désillusion succède à l'optimisme de 1848. À partir de 1870, par contrecoup, une vague de pessimisme antimoderne déferle en Allemagne, relayée par une violente poussée d'antisémitisme à la fin de la même décennie: l'avant-garde intellectuelle et artistique, mais aussi les milieux les plus fidèles à l'humanisme classique, interprètent alors la modernisation sociale et culturelle comme la trahison d'un idéal forgé au temps de Goethe et de Humboldt. C'est dans cet état de profond désenchantement que l'Allemagne abordera le XXe siècle. En voici magistralement brossé le tableau généalogique.
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Petites erreurs ou grosses âneries, bourdes involontaires ou entêtements tragiques, découvrez le florilège des bêtises de ceux qui ont écrit les pages de notre histoire. De l'imprudence d'un druide aux écarts de nos récents chefs d'Etat, du plus obscur ministre au plus mauvais stratège, que l'on soit puissant ou anonyme, homme ou femme, la bêtise semble bien être la chose la mieux partagée du monde ! Truffé de citations décalées, de jeux de mots audacieux et d'anecdotes insolites, Le grand Bêtisier de l'Histoire de France décrypte plus de 25 siècles d'histoire de manière originale, drôle et insolente.
Toute l'histoire du monde en 300 cartes. De la préhistoire à nos jours. Pour comprendre les grandes invasions, les civilisations précolombiennes, l'influence des croisades, la Première Guerre mondiale ou bien encore les rapports internationaux depuis la chute du Mur, cet ouvrage permet de visualiser, à travers 300 cartes mises à jour, les grandes périodes, les enjeux majeurs, les événements fondamentaux. Une bonne carte vaut mieux qu'un long discours : l'Atlas historique Duby met en scène les grandes étapes de l'histoire de l'humanité (depuis l'apparition du genre Homo jusqu'aux principales zones de tension dans le monde actuel), clarifie les conflits les plus compliqués (la guerre de Trente Ans, les partages de la Pologne...) et les périodes les plus troubles (la Chine des Qing, les conflits du Caucase...), donne à voir les grands mouvements inscrits dans la durée (exil des communautés juives d'Europe au Moyen Age, tensions intercommunautaires dans les Balkans, décolonisation...), mais aussi les phénomènes économiques et artistiques. Il fait aussi une large place aux enjeux géopolitiques actuels. Accompagné de textes explicatifs, de chronologies et d'un important index, cet atlas s'adresse à tous ceux, depuis le collégien jusqu'au passionné d'histoire, qui ont besoin de voir pour comprendre.
Résumé : Voici une histoire par dates du VIIe au XXe siècle, riche en surprises, qui rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé notre vision de ce qu'on appelait autrefois les "Grandes Découvertes". Les dates "canoniques", revisitées à l'aune d'une réflexion critique sur les raisons de leur élection par les chronologies officielles, alternent avec les dates "décalées" qui font surgir des paysages et des personnages méconnus. ll est ici question de détricoter le discours qui, associant exploration du monde et "entrée dans la modernité", en réserve le privilège et le bénéfice à l'Europe, et, pour ce faire, de documenter d'autres voyages au long cours extra-européens. Il est également question, prenant le contre-pied d'une histoire héroïque des expéditions lointaines qui en attribue le mérite à quelques singularités, de rappeler qu'il faut beaucoup d'illusions, et plus encore d'intérêts, pour faire un "rêve", et que Christophe Colomb n'aurait jamais appareillé sans les vaisseaux des frères Pinzón. Il s'agit ainsi de substituer des lieux, des instants et des visages aux cultures en carton-pâte et aux croyances en papier mâché ; de donner à voir les échecs autant que les réussites, les naufrages dans les estuaires de la même façon que les entrées triomphales dans les cités soumises ; d'inclure amiraux ottomans, navigateurs chinois, interprètes nahuatls et pilotes arabes dans le musée imaginaire de l'histoire globale ; de mettre en lumière tout un petit peuple d'assistants et d'auxiliaires, de sherpas et de supplétifs (que seraient Magellan sans le Malais Enrique ou Cortés sans la Malinche ? ) ; de passer outre une histoire au masculin en rendant droit de cité aux voyageuses et aux exploratrices ; et enfin de prêter une égale attention aux êtres et aux choses, sachant que, s'il faut une nef pour traverser un océan, une vague ou un bacille suffisent à la vider de ses occupants. Ce sont donc à la fois une autre histoire du monde et une autre histoire de l'Europe qui se dévoilent au fil des 90 récits d'aventures proposés par 80 des meilleurs historiennes et historiens de ces questions.
Coppens Yves ; Reeves Hubert ; Rosnay Joël de ; Si
HUBERT REEVES, astrophysicien, écrivain, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Patience dans l'azur. JOËL DE ROSNAY, directeur à la Cité des Sciences, est fauteur de L'Aventure du vivant et L'Homme symbiotique. Yves COPPENS, découvreur de Lucy, professeur au Collège de France, auteur de Le Singe, l'Afrique et l Homme. DOMINIQUE SIMONNET, écrivain, journaliste, est l'auteur de L'Amour expliqué à nos enfants, Le Livre de Némo, Némo en Amérique. La Plus Belle Histoire du monde a été traduit en 25 langues