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Le monstre est parmi nous. Pandémies et autres fléaux du capitalisme
Davis Mike ; Nicolas-Teboul Léa
DIVERGENCES
15,00 €
Épuisé
EAN :9791097088392
La pandémie de coronavirus, loin dêtre un événement isolé, sinscrit dans une série qui a toutes les chances de se poursuivre. Dun côté, lélevage industriel, la déforestation massive et lindustrie du fast-food créent les conditions idéales pour la transmission inter-espèces de nouveaux virus. De lautre côté, les systèmes de santé font les frais de plusieurs décennies de coupes budgétaires. En replaçant la pandémie de Covid-19 dans le contexte des catastrophes virales antérieures, notamment de la grippe espagnole et de la grippe aviaire H5N1, Mike Davis retrace les manquements des gouvernements, expose les effets de la restructuration néolibérale sur les risques épidémiques, et montre comment lappât du gain freine la recherche et la prévention. Le monstre viral constitue un excellent ouvrage pour comprendre les racines de la pandémie actuelle et de celles à venir.
La crise actuelle n'est pas seulement de nature économique. L'effondrement que les pays occidentaux connaissent depuis 2008 a exacerbé une crise politique qui couvait depuis longtemps. De gesticulations en réunions au sommet, les gouvernants et leurs experts se révèlent incapables de rompre avec le néolibéralisme et n'ont qu'un mot à la bouche: austérité. Dans une prose acérée, Mike Davis analyse les causes d'un aveuglement qui conduit le monde entier vers la catastrophe. Mais c'est aussi dans ce contexte qu'est apparue une lueur d'espoir, d'Athènes à New York en passant par Madrid. Rassemblant souvent de nouveaux militants, des mouvements populaires comme Occupy sont partis à la reconquête de l'espace public, médiatique et politique. L'auteur salue la fièvre qui s'est emparée de pays que l'on croyait amorphes, raconte des vies militantes, réfléchit sur les leçons à tirer des mouvements de révolte passés et propose des solutions pratiques pour inscrire la contestation dans la durée. La situation impose de choisir entre un radical changement de cap et la mort à laquelle nous condamnent les politiques de rigueur. La gauche doit donc cesser d'être timorée ou simplement réactive pour construire une alternative concrète sur les plans politique, économique, social et écologique. Soyez réalistes, demandez l'impossible!
Blade Runner, le film de Ridley Scott, a imposé la vision futuriste et apocalyptique d'un Los Angeles dévasté, livré au chaos. Mais, d'après Mike Davis, le visage futur de la ville, dont tous les éléments sont déjà en place, sera moins spectaculaire et pourtant beaucoup plus effrayant. Véritable laboratoire social et urbanistique, Los Angeles préfigure le modèle des mégapoles modernes : destruction de toute mixité sociale par le cloisonnement strict des populations dans des quartiers réservés, laissés, pour certains, à l'abandon et à la domination des gangs, tandis que les couches les plus aisées se "bunkerisent" grâce à la généralisation de la vidéosurveillance et des milices de sécurité privées. La ville vit désormais dans un état perpétuel de "guerre sociale de faible intensité", susceptible à tout moment d'éclater, comme lors des émeutes provoquées par le tabassage de Rodney King. A la fois sociologique, urbanistique et politique, l'essai de Mike Davis, qui s'appuie autant sur des statistiques précises que sur l'expérience personnelle de l'auteur, offre, au-delà du cas de Los Angeles, un portrait saisissant de l'Amérique contemporaine et des sociétés occidentales en général.
Une Terre où la nature recouvre peu à peu ses droits sur la ville après la disparition de l'espèce humaine. Une architecture bunkerisée dédiée à la sécurité et au contrôle comme réponse à l'effondrement des Twin Towers. Des répliques d'immeubles allemands et japonais érigées dans le désert de l'Utah pour servir de laboratoire au dernier grand projet du New Deal: la destruction par le feu des villes ennemies. Dévastée par les bombes ou les stylos rouges des spéculateurs immobiliers, la Grande Ville capitaliste s'est révélée particulièrement apte à réaliser certaines prophéties catastrophistes. Dans ce livre, Mike Davis nous montre que, depuis son émergence, elle n'a cessé d'être associée dans l'esprit des hommes au spectre apocalyptique de sa propre destruction. S'inscrivant dans la tradition marxiste d'Ernst Bloch, il affirme que l'aliénation cognitive produite par la mise au ban de la nature dans l'expérience collective a suscité une angoisse constante tout au long du xxe siècle. Dans une veine à la fois mélancolique et optimiste (le système capitaliste n'est qu'un stade de l'histoire humaine appelé à être dépassé), Mike Davis invite donc à une nouvelle science urbaine qui s'appuierait sur la "dialectique ville-nature". Celle-ci permettrait d'envisager la ville dans la totalité des interactions qu'elle entretient avec son "dehors naturel", et de déjouer les limites actuelles des études urbaines. Cela passe ici par un travail spéculatif s'appuyant sur une hypothèse - la disparition de l'homme - et sur un extraordinaire corpus littéraire et scientifique, où les espèces végétales et animales dansent sur les cendres de nos villes mortes.