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La gauche à l'épreuve. 1968-2011
Le Goff Jean-Pierre
TEMPUS PERRIN
8,50 €
Épuisé
EAN :9782262033354
« Ce livre traite des évolutions de la gauche française et des bouleversements sociaux et culturels qu?a connus la société depuis plus d?un quart de siècle. Il ne prétend pas à l?expertise et encore moins à l?audit, mais aborde frontalement des changements problématiques trop longtemps sous-estimés ou déniés ». Dans la première partie: « La gauche n?est plus ce qu?elle était », Jean-Pierre Le Goff passe au crible la décomposition de l?ancienne doctrine de la gauche et ses substituts. Gauchisme recomposé, référence à un mouvement social hétéroclite, néo-management, écologisme, gauche morale et dénonciatrice, modernisme culturel et branché? se sont affirmés, dans le même temps où des socialistes français tentaient d?opérer une difficile réconciliation avec le libéralisme. Trente ans après sa victoire de 1981, la gauche n?est pas parvenue à reconstruire un nouveau cadre cohérent de pensée et d?action. Dans la seconde partie, l?auteur s?attache à montrer que cette décomposition s?inscrit dans des évolutions de la société française qui ont mis à mal les anciennes figures de l?engagement politique. De la « civilisation des loisirs » à « mai 68 », de la fin des Trente Glorieuses aux années 2000, c?est une nouvelle figure de l?individu qui a fini par s?affirmer pour qui le rejet des embrigadements passés s?est accompagné d?une morale des bons sentiments et d?un narcissisme prononcé. Les bouleversements opérés dans la famille et l?éducation alliés au chômage de masse ont produit des effets de déstructuration et de désaffiliation, entraînant un « nouveau fossé des générations », à bien des égards plus problématique que celui des années 1960. La combinaison d?une crise économique, sociale et d?un nouvel « état des moeurs » met en question « l?estime de soi » sur le plan individuel et collectif, entraînant une spirale dépressive. L?exigence d?une nouvelle reconstruction, sociale, politique et culturelle est d?autant plus présente que nous sommes arrivés à une phase d?épuisement des idéologies passées et de la révolution culturelle post-soixante-huitarde.
À travers la description et l?analyse de la vie quotidienne d?une ancienne collectivité villageoise provençale, ce livre s?attache à décrire la mentalité et le style de vie de ses habitants en soulignant les mutations et les bouleversements que cette collectivité a subis depuis la dernière guerre jusqu?aux années 2000. L?urbanisation et la modernisation ne signifient pas seulement la fin d?un monde clos et de son « chauvinisme de clocher »; elles se paient d?une dissolution du lien collectif, entraînant l?individualisme vers une « postmodernité » problématique.De la « communauté villageoise » et du « peuple ancien » au « nouveau monde », les différentes parties du livre sont ordonnées autour de cette mutation: le développement de la consommation, du loisir et du tourisme ont érodé les anciennes traditions provençales; les « néo ruraux » formés de couches moyennes urbaines et de catégories fortunées se sont substitués aux anciennes couches populaires touchées par le chômage et la fin de leur « petite patrie » qu?était la collectivité villageoise. La fracture est à la fois sociale et culturelle et met en jeu des conceptions et des rapports différents à la vie individuelle et collective. À rebours d?une vision idéalisée de la Provence, La fin du village montre une autre réalité où les populations locales ont le sentiment d?être « envahies » dans la période estivale ? la Provence étant devenue, selon une expression largement usitée dans la région, le « bronze-cul de l?Europe ». Tandis qu?affluent touristes et nouveaux habitants fortunés en mal de soleil et de ciel bleu, les Provençaux se vivent comme les derniers témoins d?un patrimoine qui ne leur appartient plus, ou pire encore, les gardiens d?un décor de théâtre ou une « espèce en voie de disparition ».Aux anciens rapports villageois a succédé un individualisme désaffilié dont le rapport à la collectivité est devenu problématique. Sans nostalgie pour un supposé « bon vieux temps », l?auteur passe au crible de l?analyse critique les dérives du « nouveau monde ». Sur fond de chômage et de « village dortoir », il souligne l?importance prise par les fêtes en tout genre, l?« animation sociale et culturelle » et ce qu?il nomme d?un sobriquet les « cultureux » dont l?« ouverture » et les « pratiques artistiques » constituent un curieux mélange de pédanterie et de militantisme revisité; il rend compte de formes nouvelles d?éducation et d?animation de la jeunesse qui tentent de façonner des individualités nouvelles avec un angélisme des droits de l?homme et une écologie qui verse dans le moralisme et les bons sentiments; il s?interroge sur la façon dont la collectivité envisage aujourd?hui son rapport à la nature, à la vieillesse et la mort. Ces conceptions et ces comportements coexistent avec des formes nouvelles de misère et de désaffiliation (la « déglingue ») liées à la combinaison du chômage et à la déstructuration familiale.Le « village bariolé » qui succède à l?ancienne collectivité villageoise fait coexister des catégories sociales et des mondes séparés à l?intérieur d?un même espace géographique vide de projet commun. En ce sens, la « fin du village » constitue une sorte de « groupe témoin » d?une France morcelée et d?une évolution problématique des sociétés démocratiques, que les responsables politiques et les citoyens se doivent d?affronter au plus près des réalités.
La langue de bois et le flou conceptuel managériaux n'ont plus la cote. Selon Jean-Pierre Le Goff, sociologue au Laboratoire Georges Friedmann et auteur des Illusions du management, il est temps de réinventer un management direct, concret et opérationnel. Dans cet ouvrage, il jette les bases d'une nouvelle culture de la gestion des ressources humaines. Loin des dérives de la théorisation à outrance, l'auteur donne la parole aux professionnels du terrain : cadres, formateurs nous font part de leur vécu du management des équipes. Sans tabous ni faux-fuyants, l'ouvrage dresse un état des lieux critique des pratiques actuelles de gestion des ressources humaines et développe différentes propositions de formation. Direct, précis et étayé de nombreux témoignages, Les Illusions du management est destiné aux cadres ou professionnels de la formation soucieux de faire évoluer leurs pratiques professionnelles. --Séverine Mercenier
Résumé : A l'heure du "changement" et de la "mondialisation", le "village" continue d'être présent dans la mémoire et l'imaginaire des Français. Mais le divorce entre le mythe et la réalité n'a jamais été aussi flagrant. A l'ancienne collectivité, rude, souvent, mais solidaire et qui baignait dans une culture dont la "petite" et la "grande patrie" étaient le creuset, a succédé un nouveau monde bariolé où individus, catégories sociales, réseaux et univers mentaux, parfois étrangers les uns des autres, coexistent dans un même espace dépourvu d'un avenir commun. Telle est la conclusion de l'enquête menée par Jean-Pierre Le Goff pendant plusieurs années sur les évolutions d'un bourg du Luberon depuis la Seconde Guerre mondiale. Il s'est immergé dans la vie quotidienne des habitants, a interrogé beaucoup d'entre eux, consulté des archives, recueilli les documents les plus divers. Le tableau qu'il brosse est saisissant. A rebours des clichés et d'une vision idéalisée de la Provence, les anciens du village ont le sentiment d'être les derniers représentants d'une culture en voie de disparition, face aux modes de vie des néo-ruraux et au tourisme de masse. Animation culturelle et festive, écologie et bons sentiments, pédagogie et management, spiritualités diffuses se développent sur fond de chômage et de désaffiliation. Les fractures sociales se doublent de fractures culturelles qui mettent en jeu des conceptions différentes de la vie individuelle et collective. C'est donc un microcosme du mal-être français que l'auteur décrit au plus près des réalités, en s'interrogeant sur ce qu'il est advenu de l'ancien peuple de France et sur les défis qu'un nouveau type d'individualisme pose à la vie en société.
Résumé : Je regarde comme un privilège d'avoir été parmi les premiers destinataires des très discrets envois postaux où, dans des sortes de poèmes parfois aussi précis qu'un énoncé de problème d'arithmétique, Jean-Pierre Le Goff fait part de ses intentions et convie aux cérémonies à la fois bizarres et sans mystères qu'il organise. Leur appareil méticuleux n'est pas très différent de ce qu'emploierait un magicien ou un occultiste : les mots, les chiffres, les astres y tiennent un rôle de premier plan. Partout des signes se manifestent... Non content de les enregistrer, Le Goff les relie entre eux et, avec un mélange de pragmatisme et d'intuition, fixe le point où ils convergent et se recoupent. On s'y livre alors à une espèce de célébration. Mais bien que des constantes apparaissent dans ses inventions rituelles, il s'efforce, en en renouvelant le thème, le site, les éléments, de les soustraire à la fixité d'une liturgie. On pense à un prêtre sans religion, à un ésotériste sans doctrine. Et bien moins à un magicien qu'à l'imprésario bénévole qui se démène pour rassembler le matériel et mettre au point la représentation où s'effectueront les " tours " d'un magicien insaisissable et invisible. Comme on le verra, ce matériel varié mais portatif n'exige qu'une grande quantité de perles, et c'est fréquemment un carambolage de hasards qui permet de localiser l'emplacement de la scène. Jacques Réda (extrait de la préface)
De l'arrivée des Magyars sur les bords du Danube au XIIe siècle à aujourd'hui, la constitution de la nation hongroise.Les Magyars, ces envahisseurs redoutés venus des steppes, se sont installés sur les bords du Danube autour de 1100. Encore fallait-il transformer ce territoire, exposé aux menaces russe, ottomane et à la convoitise germanique ou autrichienne, en un pays : la Hongrie.C'est cette histoire que retrace l'académicien Miklós Molnar depuis l'élan fédérateur des XIIe-XIVe siècles, suivi par la mainmise des Autrichiens, des Turcs et la résistance des Palatins, la mise en place de la double monarchie, les convulsions de l'après-1914, l'occupation soviétique jusqu'au nouveau départ de 1990. Une histoire d'abord marquée par la force des conflits, par la complexité et la rigidité des systèmes politiques ou sociaux, mais plus encore par une obsession : l'indépendance et la liberté.Miklós Molnar, professeur à l'Université de Lausanne et à l'Institut des Hautes Etudes internationales de Genève, a écrit une synthèse aussi claire que complète. Il est l'auteur de La démocratie se lève à l'est (PUF, 1999).
Le second Empire, après avoir eu mauvaise presse, est aujourd'hui réhabilité car on reconnaît, sous les cendres de la défaite de Sedan, la France d'aujourd'hui. Avec Napoléon III, travaillent les équipes qui tracent les lignes de chemin de fer, agrandissent les ports, façonnent les grandes villes actuelles, qu'il s'agisse de Paris, Bordeaux, Marseille, Lyon, Le Havre. Le prix de cette modernisation: l'abandon, qu'on croit définitif, d'un régime libéral, le mépris envers un Parlement ramené au niveau d'un conseil général, la toute-puissance de l'administration, le gonflement des effectifs de la police et de l'armée qui doivent mouler la nouvelle société dans un corset d'acier, les classes populaires rassemblées en lisière des villes et la corruption installée au c?ur de l'Etat! La plume de Pierre Miquel donne à ce bilan contrasté le souffle d'une aventure.
Keegan John ; Keruzoré Noëlle ; Cervesi Pierre-Oli
Résumé : John Keegan, considéré comme l'un des plus talentueux historiens de la guerre, présente une histoire de 1914-1918 sans équivalent aujourd'hui, celle d'une guerre qui implique Africains autant qu'Indiens, Canadiens ou Japonais. En même temps, il n'oublie ni les enjeux nationaux ni les tensions sur les lignes de front, et cette perspective lui permet de s'affranchir des stéréotypes couramment répandus, tels que la responsabilité écrasante de l'Allemagne dans le déclenchement du conflit, de la guerre fraîche et joyeuse des débuts, les " erreurs " allemandes sur la Marne ou à Verdun, les mauvais choix stratégiques anglais ou les insuffisances chroniques de la France. Il replace dans leurs justes proportions le rôle des Russes, le poids des Autrichiens, des Britanniques ou des Américains. Par son analyse originale, il réussit à donner la mesure mondiale de cette guerre et de ses conséquences.
Résumé : Le mariage d'Henri II d'Angleterre avec Aliénor d'Aquitaine en 1152 marque la naissance de l'empire Plantagenêt qui s'étend de l'Ecosse aux Pyrénées, de l'Irlande au Limousin. Mais cet assemblage de comtés, marches et autres duchés sera sans cesse en rébellion, d'autant que, par serment, le Plantagenêt est à jamais le vassal du roi de France. La famille elle-même offre le spectacle d'une tragédie de la haine : les fils - Richard C?ur de Lion ou Jean sans Terre - sont prêts à tuer le père pour sauver leur mère Aliénor répudiée. Ce combat des Atrides inspirera à Shakespeare ses plus belles pages. L'impopularité du meurtre de l'archevêque Thomas Becket, assassiné à Canterbury, jette définitivement l'opprobre sur la famille. En 1224, la veuve de Jean sans Terre livre à Philippe Auguste le Poitou, sonnant le retrait de l'Anglais sur le sol continental : le dernier Plantagenêt, Henri III, y conserve la Gascogne, autant dire une peau de chagrin. Ainsi disparaît un royaume.