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Quel ange n'est terrible ?
Le Bot Marc
POL
12,35 €
Épuisé
EAN :9782867444715
Pendant l'été torride, ils marchent sur le sable. Ils se couchent sur les herbes sèches. Quand ils sont étendus à terre, au-dessus d'eux le ciel surplombe. Sous eux, c'est l'insensibilité minérale des cailloux. Leur peau se couvre de sueurs plus odorantes que le sang. Quand elle sèche, il s'y forme des dépôts de sel, qu'ils lèchent. Le vide entre leurs lèvres est un plein d'effluves. Ils s'inventent des bouches végétales, d'un bleu vif comme les fleurs bleues. Dans leur chambre embuée de l'odeur nauséeuse du soir, leur nudité est parfumée comme celle des fruits dont on a tranché la chair au couteau. Lorsque, sans voix, ils se tiennent debout face à face, ils sont comme deux pins de haute taille qui auraient pris racine dans la dune, proches l'un de l'autre mais immobiles parce que le vent s'est apaisé sur la mer. Leurs fièvres les ont abandonnés à leurs sources chaudes. Fallait-il vieillir ? Les corps adolescents ont trop de peau, trop de sang, trop d'air dans la poitrine".
Qu'y a-t-il derrière les choses, derrière les mots, qu'y a-t-il derrière les ?uvres ? Faut-il, à l'instar du Calife qui voulait plus de nudité encore, arracher la peau de la danseuse ? Impénétrables, les ?uvres le sont parce qu'elles se rendent attentives à ce qui, dans toutes les langues, échappe au sens : cette chair des sons, des rythmes, des couleurs à quoi notre mémoire rattache ses expériences sensibles. Elles jouent de cette chair pour dire le rien-de-sens charnel qui se noue au plus sensé des langues. Elles traitent le corps de la langue comme un corps aimé. De ces corps à corps, comme dans l'amour, qui peut prévoir les jouissances et les douleurs ?
Ce n'est sans doute pas un hasard si la peinture de Leonardo Cremonini a suscité la réflexion de tant de penseurs parmi ses contemporains. Sans sacrifier le métier sensible du peintre au travail conceptuel, cherchant bien plutôt à faire entrer l'un et l'autre en tension, elle se veut en effet "? un espace habité par une pensée d'homme ? ", "? un jardin habité par l'homme, où la nature n'aurait rien perdu de sa vitalité? ". A quel degré d'élaboration cette pensée a pu se porter chez le peintre, quelle ouverture au doute et au dialogue elle exigeait pourtant, le lecteur le vérifiera à chaque page de ce volume à deux voix. Qu'on ne s'imagine pas que Marc Le Bot y joue uniquement le rôle d'un questionneur habile, d'un interlocuteur privilégié, d'un heureux adjuvant. Dans ce ce recueil qui lui donne le premier et le dernier mot (trois textes sont de sa seule plume, les trois autres étant des dialogues écrits), l'écrivain trace d'emblée une piste qui semble reconduire le peintre lui-même au coeur de sa propre peinture de Cremonini. Il convoque des images, des concepts que celui-ci reprend, ajuste, approfondit avant de les lui rendre puis de se les voir rendus, et ainsi de suite, en un échange fusionnel qui confine à l'incandescence dans "? Les Parenthèses du regard ? ", texte d'abord publié en volume en 1979. La règle et le jeu, l'apollinien et le dionysiaque, la rigueur et le désir, le labyrinthe et le Minotaure... autant d'éléments dialectiques qui émergent du dialogue pour offrir au lecteur non pas une clef de lecture, mais un moyen de faire "? jouer ? " à son tour ces tableaux que le peintre voulait "? un espace de contradiction et de conflit ? ", "? un risque à courir ? ". Enrichi de nombreuses illustrations, le livre s'ouvre une préface signée Germain Viatte, qui met en perspective l'évolution et la réception critique du travail de Cremonini.
Quel visage n'est ancien ? Lequel ne porte les marques de son visage-enfant à contresens de ses rides ? L'enfance n'est pas un âge parmi les âges de la vie. Elle est, en nous, ce qui ne parle pas et persiste à se taire. Mais on parle à partir de ça. Pour n'en être pas séparé, on parle. Je ne me souviens pas de moi, enfant. Je me souviens, par bribes, de lieux, de choses, de figures parmi lesquels j'ai été présent. Et si j'ai su alors quelque chose de mon corps et de mon visage, c'est d'avoir cru trouver mon double dans la figure d'un autre enfant. J'ai cru aimer l'enfant qui était ce double. Il était le soliste de notre choeur. Puis il mourut. Sa mort m'apprit que nos amours ne sont jamais mortes, que sans doute elles sont habitées de toujours par la mort, si bien que l'événement d'une mort les fait renaître. L'enfant soliste fut, pour moi, la figure même de la Musique. Mes dieux ne sont pas liés à la terre. Comme la Musique, ils sont liés au temps".
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
4e de couverture : L'espérance de vie de l'amour, c'est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c'est l'enfance, quand elle s'est mal passée.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.