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Le capital déteste tout le monde. Fascisme ou révolution
Lazzarato Maurizio
AMSTERDAM
14,00 €
Épuisé
EAN :9782354801908
Nous vivons des temps apocalyptiques. Dans le magma des événements du monde, une alternative politique se dessine : fascisme ou révolution. Le fascisme, c'est ce vers quoi nous entraîne le cours de démocraties de moins en moins libérales, de plus en plus soumises à la loi du capital. Depuis les années 1970, celui-ci est entré dans une logique de guerre. Ainsi est-il devenu, par la puissance que lui confère la financiarisation, une force politique vouée à la destruction des liens sociaux, des individus, des ressources et des espèces. Cette offensive fut rendue possible par la fin du cycle des révolutions. Mais tandis qu'elle s'opérait, les pensées critiques annonçaient la pacification des relations sociales et l'avènement d'un nouveau capitalisme, plus doux, plus attentif au confort des travailleurs. Aujourd'hui, des prophètes de la technologie nous vantent même une résolution de la crise climatique ou une sortie du capitalisme par les moyens du capital. Contre ces consolations illusoires et face au fascisme qui s'installe, il est urgent de retrouver le sens des affrontements stratégiques, de reconstruire une machine de guerre révolutionnaire. Puisque le capital déteste tout le monde, tout le monde doit détester le capital.
Résumé : Le capitalisme pourrait bien se transformer plus vite que ses adversaires, les laissant toujours en retard d'une époque. C'est le sentiment que l'on peut avoir à observer la manière dont certains répètent les analyses marxistes ou celles, symétriques, des économistes classiques. En se différenciant en un capitalisme de l'invention, préoccupé par la captation de la " coopération entre cerveaux ", d'une part, et un capitalisme de la reproduction, souvent réimplanté dans les pays pauvres, d'autre part, le capitalisme a changé. Cela ne peut pas être sans conséquences sur la manière de s'opposer à lui. Comment rendre compte des concepts de travail, de production, de consommation, de communication, d'information et de coopération en assumant que le capitalisme n'est pas un " mode de production " (Marx), mais une production de mo(n)des ? Comment sortir de la double impasse de l'individuel et du collectif avec laquelle les théories libérales comme les théories socialistes ont pensé la " production de subjectivité " ? Comment traduire le concept de multiplicité en politique ? Comment penser le conflit non plus à partir de la contradiction dialectique, d'un dualisme de classes ou d'une division ami/ennemi, mais de la logique de l'incompossible (Leibniz) qui régit un monde où les possibles bifurquent et coexistent à la fois (Borges) ? En utilisant la boîte à outils de la sociologie de " la différence et la répétition " (Gabriel Tarde), de la philosophie de l'événement (Deleuze et Bakhtine) et une théorie du pouvoir comme action sur des actions possibles (Foucault).
Au-delà des ordinateurs ou des réseaux sociaux et de leurs algorithmes infernaux, savez-vous que les mathématiques permettent de prévoir les marées, de décoder des messages secrets, de créer des mélodies musicales, et même de multiplier les noeuds de cravate ?? En révélant la beauté cachée des théorèmes jusqu'au coeur de notre quotidien, cet ouvrage magnifiquement illustré éclaire d'un jour nouveau les concepts mathématiques et leurs usages. Car les mathématiques, ce ne sont pas que des équations ! Avec humour et philosophie, les auteurs - et les mathématiciennes et mathématiciens qu'ils ont interrogés - transmettent leur passion et leurs questionnements : que disent les mathématiques du monde ? Peuvent-elles nous aider à le comprendre, à l'améliorer ? Comment parviennent-elles à nous faire dépasser nos intuitions et nos paradoxes ? Enfin un livre qui démystifie les mathématiques et vous fait partager la fascination qu'elles exercent depuis que les civilisations antiques ont inventé les chiffres
Les néolibéraux ont bel et bien une politique sociale. La société est, avec le néolibéralisme comme avec le keynésianisme, la cible d'une intervention permanente. Ce qui a changé, ce sont les objets et les finalités de cette intervention. Il s'agit d'établir un état d'"égale inégalité" et de "plein emploi précaire". De ce gouvernement par l'inégalité, qui traite chaque individu, chaque travailleur considéré isolément, comme une entreprise, se dégage des peurs différentielles qui touchent tous les segments de la société néolibérale et qui en constituent le fondement affectif. Parce qu'elle refuse de se confronter aux effets de pouvoir de la protection sociale et ne prétend que défendre les acquis sociaux, la gauche est impuissante face à cette politique. Pour sortir de cette impasse, il lui faut maintenant apprendre à agencer les luttes pour les droits, les luttes sur le terrain de la représentation politique ainsi que les luttes économiques aux luttes pour se gouverner soi-même. Autrement dit, il est urgent d'articuler, au lieu de les opposer, la "critique sociale" et la "critique artiste".
Résumé : La pensée de Gabriel Tarde (1843-1904) a connu, en France, un long cheminement, le plus souvent minoritaire, dont l'aboutissement le plus récent est l'?uvre de Deleuze et Guattari. Ce livre montre l'actualité de la psychologie économique tardienne qui pourrait bien constituer la meilleure boîte à outils pour interroger les transformations du capitalisme contemporain. La renaissance de la philosophie de la différence, dont Tarde est l'un des principaux précurseurs, s'est affirmée autour de 1968. Mais elle s'est alors confrontée à l'économie politique avec beaucoup de prudence : le terrain était occupé par le marxisme dont le dépassement posait de redoutables problèmes politiques et théoriques. Maintenant que la question du socialisme a traversé une crise aiguë, l'heure de Tarde pourrait bien enfin sonner. Au moment où tout le monde parle de l'importance de la psychologie en économie, encore faut-il disposer d'outils théoriques qui permettent de sortir de la banalité.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.