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Au nom des Indiens. Une histoire de l'évangélisation en Amérique espagnole (XVIe-XVIIIe siècle)
Lavallé Bernard
PAYOT
29,00 €
Épuisé
EAN :9782228911474
Extrait Extrait de l'introduction Dans l'histoire de la colonisation européenne à l'époque moderne, celle partie de Castille dans le prolongement de la découverte du Nouveau Monde en 1492 et développée au XVIe siècle présente des caractères spécifiques. Certains s'imposèrent d'eux-mêmes du fait des réalités humaines rencontrées outre-Atlantique par les conquérants et leurs successeurs immédiats, les pobladores. D'autres sont liés à la précocité du processus lancé par une Espagne qui venait tout juste de mettre un point final à plusieurs siècles de Reconquête médiévale. Au cours des premières décennies du XVIe siècle, on en retrouve de multiples empreintes dans bien des comportements individuels, mais aussi dans certains choix politiques fondamentaux touchant à l'organisation sociale et économique des territoires gagnés aux Indes occidentales. L'omniprésence de la religion a sans doute été le fait le plus marquant. Très tôt, au nom de l'évangélisation des peuples d'Amérique, la papauté reconnut le bien-fondé de la présence espagnole au Nouveau Monde. La Couronne puisa dans cet aval la justification de son entreprise et la légitimité de son pouvoir. Pour diverses raisons, mais surtout parce qu'ils furent les premiers ecclésiastiques à s'implanter au Nouveau Monde et à se consacrer à la transmission du message évangélique aux Indiens, les ordres religieux, auxquels ce livre est consacré, jouèrent dès le début un rôle essentiel dans la société en train de se construire. Par la suite, malgré la concurrence de plus en plus forte du clergé séculier et de l'organisation épiscopale, ils devaient demeurer au premier plan tout au long des trois siècles de l'époque coloniale. Dans un monde où tout était nouveau pour eux, les religieux cherchèrent à définir les voies de leur action et à s'assurer du sens à donner à celle-ci. Au XVIe siècle, ils furent naturellement au coeur, et souvent à l'origine, de débats longs et complexes, parfois de controverses acharnées, dont les implications politiques étaient évidentes. Malgré les habillages qui leur furent donnés, leur objet était central pour le devenir du jeune empire. Il s'agissait de définir la place des vaincus de la Conquête et le type de relations que les Espagnols - individus ou pouvoir central - établiraient avec eux. Un courant d'origine juridico-théologique, très marqué par les hautes exigences de l'utopie et d'une foi sans concessions aux contingences du siècle, se développa dans plusieurs couvents de la Péninsule et à l'université de Salamanque, la plus prestigieuse du pays. Avec des succès inégaux, il chercha à peser en Amérique sur l'avenir de la société en train de naître et put bénéficier de fait, pendant de longues années, d'une certaine bienveillance de la part de l'empereur Charles Quint. Loin de ces grandes disputes d'école, on doit alors aux ordres, dans leur pratique évangélisatrice quotidienne, des expériences du plus haut intérêt et surtout, pour l'époque, d'une grande nouveauté, malgré la prégnance tenace de l'européocentrisme. Elles débordèrent de beaucoup du simple cadre de la religion. En cherchant à rendre plus efficace leur enseignement, les religieux se mirent à apprendre les langues indiennes, à en codifier l'apprentissage, à réfléchir sur d'épineux problèmes de traduction pour des notions et des concepts tout à fait étrangers à l'univers mental de leurs néophytes. Il y eut même, par exemple au Mexique, le problème si complexe du passage des pictogrammes à l'écriture alphabétique avec, comme l'a montré Serge Gruzinski, tout «ce qu'une mise par écrit implique de remodèlement et d'altération du regard sur les choses» et, de façon paradoxale aussi, «de volonté de survivre, de sauver la mémoire».
Résumé : Grande figure de la Conquête espagnole à l'instar de Cortés, Francisco Pizarro (1478 ?-1541) est entré dans l'Histoire tardivement, à presque cinquante ans, lorsque, avec ses frères, il découvre le Pérou et ses fabuleuses richesses. Fils bâtard d'un hidalgo ayant épousé la carrière des armes et d'une servante, Pizarro grandit en Estrémadure dans un environnement misérable et demeura analphabète toute sa vie. À vingt-quatre ans, trépidant et ambitieux, il se laisse tenter par les mirages de ce Nouveau Monde découvert quelque dix ans plus tôt. Après vingt ans passés à bourlinguer sur les marges de la vaste Amérique, la Fortune lui sourit : il commande sa propre expédition à destination du mythique Pérou. À trois reprises, il conduira ses hommes avec une volonté d'acier, sans faiblir, et la quête durera des années. Lorsque enfin cet Eldorado tant rêvé deviendra réalité, Pizarro, en quelques mois, soumet dans le sang et dans l'horreur l'Empire inca et fonde Lima. Traitant directement avec Charles Quint, le bâtard est fait marquis et se retrouve à la tête d'un territoire immense qu'il domine sans partage avec ses quatre frères. Les rivalités et les haines auront cependant raison de son astre sans précédent. Moins de dix ans après avoir posé le pied au Pérou, Pizarro meurt assassiné par les partisans de son associé, Diego de Almagro. Aucun ouvrage français n'avait encore paru à ce jour sur cet aventurier hors du commun, héros picaresque et tragique, témoin d'un âge d'or des conquistadors qui devait s'éteindre à sa mort, devant l'interventionnisme de plus en plus accru de la Couronne d'Espagne dans ses colonies.
Lors de la Découverte, l'Amérique apparut aux Espagnols comme un monde où tout était à créer. Dans l'urgence et de manière toute naturelle, ils y transportèrent les vieilles traditions castillanes et leur longue expérience médiévale. La nouveauté évidente de ce monde à la géographie en expansion, la complexité grandissante des problèmes posés, conduisirent les conquérants et la monarchie à des réflexions plus approfondies sur le devenir des Indes occidentales. Durant tout le premier XVIe siècle, des débats animés eurent lieu dans le monde ibérique, au cours desquels s'illustrèrent des voix connues comme celle de Bartolomé de Las Casas. La reprise en main de l'Etat sous Philippe II et l'imposition d'une logique ouvertement coloniale relancèrent les controverses. La période coloniale fut marquée par la permanence des débats, des désirs de changements, l'élaboration de projets divers et l'application de réformes. Ce livre permet de mieux appréhender la complexité de la politique coloniale entre le XVIe et le XVIIIe siècles.
Le métissage hispano-américain a d'abord subi les restrictions coloniales, mais les contradictions n'ont pas tardé à apparaître. Les règles, devenues impraticables, firent place à d'autres conformes aux réalités nouvelles. Le métissage américain se fit ainsi dynamique et créateur.
Résumé : Nul n'était mieux qualifié que l'autour de ce livre - docteur en philosophie et rabbin de la synagogue de Birmingham - pour entreprendre le véritable tour de force qu'il a réussi en réalisant la synthèse de l'enseignement contenu dans le Talmud. La richesse de son information n'a d'égale que la maîtrise avec laquelle il répartit son savoir en une suite de chapitres aussi clairs que précis. Cet ouvrage, pendant longtemps encore, rendra d'inestimables services à ses lecteurs.
Il y a des circonstances qui font que l'on se tait. La parole est alors empêchée: par la prudence, les usages, par la maladie ou la mort& Mais il arrive aussi que les mots se tarissent d'eux-mêmes, se cherchent sans se trouver ou qu'un événement nous laisse sans voix. Le silence qui passe ou qui s'installe alors n'est pas un simple défaut de parole. C'est un blanc qui pèse, qui effraie, contre lequel on peut se défendre en bavardant. Mais parler, ce n'est pas remplir le vide de ses silences. C'est au contraire nouer le fil de ses paroles à une nécessité intérieure qui ne se révèle qu'entre les mots. Les pauses silencieuses de notre vie intérieure nous confrontent à nous-mêmes, et préparent une parole à venir. "La vérité, que seul le silence ne trahit pas", écrivait Bataille. C'est à cette éloquence silencieuse que reconduit le travail de la cure analytique. L'écoute du psychanalyste, faite de son propre silence, donne corps aux moments de vérité où le discours du patient s'évanouit devant l'excès de sens qu'il vient d'énoncer. Pourtant (mais est-ce un paradoxe?), les textes sur la question du silence sont relativement rares dans la littérature analytique. Les principaux sont rassemblés ici, sous la direction de J.-D. Nasio, à côté de contributions cliniques et théoriques de psychanalystes contemporains. Des éléments de réflexion précieux sur cette question essentielle du Silence en psychanalyse. -Emilio Balturi
Avec un humour ravageur et tout britannique, l'anthropologue Nigel Barley s'enfonce dans l'île indonésienne de Sulawesi (Célèbes) à la recherche de ce qui reste de la culture toraja. Au terme d'un parcours semé d'embûches (administrations capricieuses, pluies tropicales, sangsues voraces, transports aléatoires), il découvre un peuple chaleureux et accueillant, niché dans des montagnes à la beauté sauvage. D'un optimisme sans faille, l'auteur parviendra à faire venir à Londres les meilleurs artisans torajas. Ce sera alors son tour de devoir répondre à leurs questions, dans une version exotique de l'arroseur arrosé. Nigel Barley, qui s'était signalé par ses expéditions rocambolesques en Afrique de l'Ouest (Un anthropologue en déroute et Le Retour de l'anthropologue), nous offre ici un récit savoureux et montre, s'il en était besoin, que le respect et l'amitié se jouent des différences culturelles. --Guillaume Segerer
Résumé : Les hommes sont, plus souvent qu'on ne le reconnaît, hystériques. Ceux-là affectent d'être pervers ou prétendent que le sexe ne les intéressent pas, souffrent d'impuissance, de frigidité du sentiment ou d'éjaculation précoce. Mais que craignent-ils donc de rencontrer chez la femme ? A travers les grands textes fondateurs de notre imaginaire (la Bible, Shakespeare, Cervantès, mais aussi Alfred Jarry ou Albert Cohen), à travers surtout Don Juan, et en s'appuyant sur les analyses de Spinoza, Charcot, Freud et Lacan, le psychanalyste Jean-Pierre Winter dessine les contours d'un homme perpétuellement instable, décevant, toujours ailleurs et toujours dans l'attente.
Résumé : Si les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle avaient révélé à l'Europe l'existence des peuples aztèque et maya, les fouilles archéologiques menées depuis le début du XXe siècle ont mis en lumière d'autres sociétés porteuses de traditions tout aussi millénaires. Des Olmèques aux Incas, en passant par les Zapotèques ou les Huaris, cet ouvrage dresse un panorama de toutes ces grandes civilisations précolombiennes. En homme de terrain, Henri Lehmann porte un double regard d'archéologue et d'ethnologue sur les différents peuples qui ont créé ces civilisations intrigantes. Il invite le lecteur à en comprendre les modes d'existence et d'organisation.
Aujourd'hui encore, l'or des Incas, les ruines mystérieuses de leurs cités et le mythe d'un empire juste et bienveillant nourrissent le rêve des voyageurs. Aux alentours de 1400 de notre ère, alors que la partie andine de l'Amérique du Sud est morcelée en de multiples royaumes et seigneuries, un petit peuple montagnard, les Incas, se lance dans une suite de conquêtes qui l'amène à constituer rapidement le plus grand État jamais connu dans l'Amérique précolombienne. L'empire inca représente l'étape ultime du développement d'une civilisation très ancienne, celle du Pérou antique, que son isolement, jusqu'à la conquête espagnole, a rendue particulièrement originale. Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons: soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir directement à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise. Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. Et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite d'amorcer une recherche plus approfondie.
Au cours du mois de mars 1517, les ambassadeurs de Moctezuma, seigneur de Mexico-Tenochtitlan, accueillent le navire de Hernán Cortés et cette rencontre initie une des plus terribles aventures du monde, qui s'achève par l'abolition de la civilisation indienne du Mexique, de sa pensée, de sa foi, de son art, de son savoir, de ses lois. De ce choc des mondes vont naître des siècles de colonisation, c'est-à-dire, grâce à la force de travail des esclaves et à l'exploitation des métaux précieux, cette hégémonie de l'Occident sur le reste du monde, qui dure encore aujourd'hui. Alors commence le rêve, comme un doute, comme un regret, qui unit les vainqueurs et les vaincus à la beauté et aux forces secrètes du Mexique. Rêve du soldat Bernal Díaz del Castillo, témoin des derniers instants du règne orgueilleux des Aztèques, rêve de Bernardino de Sahagun devant les ruines de la civilisation et la splendeur des rites et des mythes qui s'effacent. Rêve qui s'achève dans la mort des dernières nations nomades du nord et du nord-ouest, rêve que poursuit Antonin Artaud, jusque dans la Montagne des Signes, au pays des Indiens Tarahumaras. Le rêve mexicain, c'est cette question aussi que notre civilisation actuelle rend plus urgente : qu'aurait été notre monde, s'il n'y avait eu cette destruction, ce silence des peuples indiens ? Si la violence du monde moderne n'avait pas aboli cette magie, cette lumière ?
Résumé : Comment raconter l'histoire des peuples originaires du nord, du centre et du sud de cet immense continent américain appelés " Indiens " par les conquistadores et missionnaires ? En ne se limitant pas à la seule période circonscrite aux sources écrites rédigées généralement par des chroniqueurs, des prêtres, des lettrés, fussent-ils d'origine indigène. Et en dépassant les barrières nationales, qui ne datent que du xixe siècle. Dans ce récit d'une richesse exceptionnelle et agrémenté d'illustrations, Carmen Bernand relève le défi avec brio. Elle s'intéresse aux trajets et réseaux d'échanges, à la violence sacerdotale et au sacrifice, qui est la dette que les hommes payent pour vivre, à la force agissante des signes sacrés gravés, peints, modelés sur des supports variés, à la Montagne sacrée, source de vie, et enfin au chamanisme, arrivé en Amérique avec les migrations asiatiques préhistoriques. Coquillages, maïs, drogues, dieux ou temples ponctuent ce grand voyage qui nous entraîne sur la trace des Mayas, des Aztèques, des Incas et bien d'autres encore, depuis les origines jusqu'à la Conquête, de la période coloniale à la formation des Etats-nations modernes. Ethnologue et anthropologue, Carmen Bernand a enseigné à l'université Paris X-Nanterre jusqu'en 2005. Après avoir travaillé sur les populations andines et effectué plusieurs recherches de terrain en anthropologie, elle s'est consacrée à l'histoire de l'Amérique latine. Elle a publié de très nombreux livres, en français et en espagnol.