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L'Esprit du Livre
Laupin Patrick ; Brouan Anne
RUMEUR LIBRE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782355770241
Patrick Laupin revisite le continent des fragments posthumes que l'on appelle "le Livre de Mallarmé" qui permettent de comprendre ce que Mallarmé voulut signifier par "l'esprit du Livre", disant qu'il était écrit en chacun de nous. Les fragments plongent l'existence dans le corps de l'enfant pris dans un mi-dire originaire de la terreur et de la parole, aux racines de l'angoisse. Cette exposition à découvert du natal permet de saisir ce que Mallarmé appela la Folie Utile, le Crime de Poésie, synthèses établies dans le but de recréer la force originaire des rapports perdus qui dicte l'esprit des livres. Mallarmé a livré une des plus grandes batailles de l'histoire de l'esprit humain, qui lui fit donner un nom aux voix et aux musiques incorporelles, ce transfert de songe vers la parole il le nomme une écriture et une lecture. Mallarmé a deviné que l'écriture prouvait l'Autre Scène, l'inconscient, et que la folie demandait de l'écrire. Le Crime étant de commettre cet acte. Dans le Livre, le nom cesse d'être purement lexical et devient une toponymie de l'être qui humanise les scissions vécues dans le corps. Ce moment est vécu comme un danger, car les mots cessent d'être le décalque du réel pour accéder à la forme et à la vie du langage lui-même. Le lecteur s'engage à faire quelque chose de sa vie qui la change, pour écrire le paradis de la sensation seule dans le ton ordinaire de la conversation. Le Livre prouve que les choses qui parlent en nous, elles nous quittent pour un intervalle flottant dans les vêtements splendides de l'air des passants. Après le Stéphane Mallarmé publié chez Seghers en 2004, salué par Bernard Delvaille comme "un travail remarquable, et qui se révèle, d'ores et déjà, indispensable, unique", Alain Borer écrivait: "Seul quelque chose comme ton génie de l'humanité, ton sens de la langue, pouvait trouver cette entrée dans la pyramide, une entrée inconnue, éclairant les profondeurs. Il y a deux entrées chez Mallarmé, Mery et toi." Patrick Laupin nous restitue, dans l'Esprit du Livre, un Mallarmé ignoré de l'histoire littéraire qui, en reconstruisant la géographie de ses origines et son rêve initial de création, a réconcilié sa vie et son oeuvre.
Mais vivre simplement. Longtemps si seul et par soi-même. Et que ce soit un souffle, un équilibre, une terre libre. Ne pas aller bien loin peut-être. Mais savoir qu'ici même on existe. Et d'aube en soir que les rideaux soient clairs à la fenêtre. Savoir le chemin qu'on trouve, celui que l'on quitte. Même si souvent chagrin solaire incendié par la cendre. Aimer comme on aime accepter comme on est. Une fleur éclairée par falaise bleue d'un vent. Une eau qui court charmant larme la rivière. Ne pas se désaimer lierre paroi qu'on agrippe. Qu'une mélodie aux lèvres chante la région sienne. Et qu'une chaise éclaire le repos de la chambre. Et ne pas tomber dans ce trou cigale qui déchante. L'éclat fragile météore ou comète signal du passant.
J'écoute couler l'Allier Dans l'air s'évadent les murs du savoir ancien Le rose d'amandier des fleurs péries dans le vent constelle de beauté phrygienne la vallée Maintenant il n'y a plus que moi qui porte le visage fatigué de maman Je suis sans nouvelles de notre vie d'avant Je ne dis rien Je laisse venir et se taire Je m'accroche ignorant au vaisseau C'est mon bien Notre amour a franchi ses rivières.
Résumé : " Pressentant venir sa mort, Mallarmé demanda à sa femme et à sa fille de brûler son grand ?uvre, ce qu'elles firent, détruisant des milliers de pages inestimables. Mystérieusement cependant, des liasses de notes, des cahiers, des fragments furent conservés, qui parvinrent jusqu'à nous. Ces textes, méconnus et rarement convoqués par les commentateurs de Mallarmé, permettent aujourd'hui de cerner l'esprit dans lequel fut imaginé Le Livre. ". Second ouvrage consacré à Mallarmé dans la collection " Poètes d'aujourd'hui ", l'essai de Patrick Laupin interroge avec une acuité et une profondeur peu communes les fragments posthumes qui constituent ce que l'on nomme Le Livre de Mallarmé. L'auteur nous y invite à suivre le projet, mystérieux et gigantesque, d'un poète visionnaire qui interroge l'origine de la parole - et pour qui tout homme est la chance d'un livre.
En 1954, frappé du verdict sans appel d'inaptitude à la vie religieuse par la Société de Marie qui lui interdit de renouveler ses voeux, Marius Alliod perd sa raison d'être en ce monde. À l'âge de 24 ans, il se voit exilé dans une forteresse de silence, bien loin de l'espace enchanté où son coeur s'était enflammé. C'est près de cinquante ans plus tard qu'il entreprend cette correspondance fictive avec son directeur spirituel d'autrefois, ce "Père" auprès de qui il dépose sa plainte tragique et son indignation. Trente lettres demandant raison de cette exclusion sans parole, sans confrontation avec ses juges ; éprouvés posthumes devenus pures réminiscences d'un chagrin si puissant qu'il le laissa dans la stupeur du deuil de son désir et la honte angoissée d'avoir failli à son devoir d'amour. Chaque lettre verse le flot furieux de prières et de plaidoyers malheureux destinés à briser cette chape de silence et affronter une hiérarchie coupable d'avoir usurpé le pouvoir de valider l'appel de Dieu ! C'est une âme qui se sonde jusqu'à l'épuisement de toute raison, qui entend la détresse d'une enfance captive de la souffrance d'une mère abîmée en un puits sans fond de mélancolie. Au lendemain de son renvoi, elle lui adressera les dernières lignes écrites de sa main : lamentation sans espoir devant la perte de sa vocation, mais aussi cri ultime d'amour auquel répondent peut-être toutes ces lettres, insistantes et belles dans la pureté d'une langue tendue jusqu'à se rompre, modulant tour à tour au sein de l'ample bercement de la rhétorique ce tremblement intérieur d'une poésie du coeur et la violence éruptive d'une voix qui cherche encore ce lieu où s'éprouve la présence du maître de la Parole.