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Figures du génie dans l'art français (1802-1855)
Laugée Thierry ; Jobert Barthélémy
SUP
39,00 €
Épuisé
EAN :9782840509516
Si le XVIIIe siècle avait développé l?idée du génie comme une faculté possédée ou non par un artiste, c?est véritablement au cours de la première moitié du XIXe siècle que s?opère une redéfinition profonde de ce concept via l?incarnation de l?idée : le poète ou le peintre devinrent ce génie. Cette évolution du terme fut conditionnée par la diffusion du savoir, mais aussi par les bouleversements politiques au lendemain de la Révolution française. La société du Consulat, régime d?origine militaire en quête de pacification, nécessitait d?autres formes de "grandeurs" que les seuls hauts faits militaires ; la figure de l?artiste d?exception répondait parfaitement à ce nouveau type de modèles glorieux et intégrait de fait les murs du Salon, les carrefours, où les pages des revues illustrées. L?objet du présent ouvrage est ainsi d?identifier les différents codes de représentation permettant de rendre compte du caractère exceptionnel de l?artiste figuré. Depuis l?Antiquité, la solution la plus fréquemment choisie était le recours à l?allégorie, ou à la muse, afin de symboliser la discipline dans laquelle l?artiste s?illustrait. A partir du XIXe siècle, la personnification du génie devait nécessairement rénover cette tradition ainsi que celle, plus générale, de l?image de l?artiste. Il s?agit donc dans cet essai de discerner les typologies de représentation mises au point par les artistes de la génération romantique pour susciter la vénération des génies anciens et présents par la peinture et l?estampe populaire. Dans une approche pluridisciplinaire, l?impact visuel des théories artistiques, mais aussi politiques, sociales, philosophiques, ou même médicales du temps sont autant de pistes empruntées afin de décrypter l?émergence des mythes usuels associés à l?esprit créateur tels la précocité de l?artiste, son amour inconditionnel de la grâce, la souffrance intérieure ou la légendaire folie de l?artiste.
Les trois religions monothéistes, d'origine abrahamique, ne se sont pas toujours bien entendues et ont connu, au cours des siècles, de sanglants conflits qui auraient pu être évités si elles avaient observé, comme attitude fondamentale, la tolérance. L'auteur, qui a approché ces trois courants religieux au cours de sa carrière, s'est livré à un exercice original. Il a imaginé et créé une famille virtuelle dont les membres appartiennent aux trois religions révélées et qui parviennent à vivre ensemble dans la plus totale liberté de 1965 à 1991, soit vingt-six ans, période qui a permis à l'auteur d'évoquer, avec brièveté mais précision, les bouleversements qu'ont connus à cette époque l'Afrique de l'Ouest et le Moyen-Orient. Il a commenté à sa manière très personnelle, le drame des harkis, la lutte des Afghans contre les Russes, les guerres des Six jours et du Kippour, le voyage de Sadate à Jérusalem, les accords de Camp David, les actions du Polisario. Il s'est aperçu, au fur et à mesure qu'il construisait ce scénario un peu hors du commun, que la réussite de cette expérience n'était possible que si elle était guidée par l'amour, seul moyen de parvenir à une parfaite tolérance. Comme héros principal, l'auteur a choisi un lettré représentant les sages musulmans qui exercent une influence considérable et morale sur leurs coreligionnaires. Boutilimit est dévolue à la chefferie religieuse de la Mauritanie affiliée, pour la totalité de ses habitants à la confrérie Kadiriya et qui, avec les familles Sidiya et Daddah, a représenté l'élite dirigeante de la Mauritanie pendant des décennies.
Delacroix à la mode. Ingres moins en faveur", constate Maurice Denis soixante-dix ans après la disparition d'Eugène Delacroix. Acteur majeur de la postérité de Delacroix durant l'entre-deux-guerres, Denis appartient à la première génération d'artistes à avoir eu accès dès sa jeunesse aux écrits du maître, avec la première publication de ses lettres, puis celle de son Journal en 1893. Le peintre-écrivain fut même un modèle pour lui, notamment pour ses propres écrits théoriques, ce qui lui fait déclarer en 1931 : "Je me connais en Delacroix". Membre fondateur et président de la Société des amis d'Eugène Delacroix créée en 1929 pour sauver l'atelier du maître de Saint-Sulpice, place de Fürstenberg à Paris, Denis occupe ensuite le premier poste de conservateur du musée inauguré en 1932. Considérant ce statut comme une mission, il prend par conséquent à maintes reprises la parole et la plume pour propager son admiration. Le présent ouvrage propose une anthologie des textes de Denis sur Delacroix, manuscrits, conférences et articles rédigés essentiellement dans les quinze dernières années de sa vie. Denis y brosse un portrait personnel de Delacroix, différent de l'historiographie usuelle. Si Paul Signac avait fait de Delacroix un jeune révolutionnaire précurseur du néo-impressionnisme, Denis dévoile un artiste mature devenu "classique", un dessinateur, un décorateur, et un peintre religieux, en somme, un autoportrait encreux.
Aujourd'hui diplomate à la retraite, Marcel Laugel a été un ancien officier des Affaires militaires musulmanes et, à ce titre, a eu le privilège de parcourir, à chameau ou en véhicule de combat, les étendues désertiques de la région de Tindouf et d'exercer le passionnant métier d'administrer un coin du Sahara. Son livre se situe à deux ensembles de confins. Ceux du Maroc, du Rio de Oro espagnol, de l'Algérie et de la Mauritanie et ceux de la fin de la colonisation et des débuts de l'indépendance marocaine. Son héros est le vieux chef de la puissante tribu des Réguihat, jaloux d'un pouvoir qui s'étend par-dessus les frontières, refusant le contact avec l'administration française. Progressivement, disparaissent les anciennes coutumes et les structures séculaires. Les officiers français, eux aussi, mais ils en ont conscience, savent que les temps sont révolus. Ils jouent le jeu cependant, sans illusions, avec habileté : paternels, passionnés, quelque peu idéalisés, ils s'efforcent de faire admettre à Saleh ould Ahmed, le manteau rouge qui marque à la fois son autorité et son allégeance. Ils y parviennent. Jusqu'au jour où, bon gré mal gré, Saleh se retrouve sous l'autorité spirituelle du Sultan du Maroc, revenu sur son trône.
La tentative de réunification d'un pays coupé en deux régimes opposés idéologiquement n'a pas réussi. Un homme, chef d'un des deux Etats, relève les défis qui lui sont imposés par ses adversaires. Par son intelligence, sa connaissance intime de son peuple, son sens du terrain, sa volonté, il parvient, non sans répondre par les armes à l'attaque dont il fait l'objet, à réunifier le Nord et le Sud pour la plus grande satisfaction de son peuple courageux, épris de liberté et qui, à certaines occasions, ne manque pas de panache. La fiction n'est jamais très éloignée de la réalité. Les faits véritables donnent une très grande dimension à ces confessions d'un homme responsable qui passe par des moments de crainte, de doute, de lassitude, mais qui sait réagir avec détermination et perspicacité. A travers ces réflexions, on voit se dérouler la vie quotidienne d'une société aux mœurs encore archaïques, mais qui aspire à un avenir meilleur. Reste à savoir si l'unité retrouvée d'un pays unique par sa géographie, sa langue, ses traditions, sa religion ne sera pas en butte à d'autres attaques qui tenteraient de modifier sa marche vers la démocratie.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "