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Archives de sciences sociales des religions N° 151, Juillet-Septembre 2010 : Fondations des lieux de
Lassave Pierre ; Luca Nathalie
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713222559
La Mecque, Lourdes, Jérusalem, la célébrité de ces noms de lieux est indissociable des foules et des dieux qui les font vivre depuis l'origine. Innombrables sont ces places qui ont forgé leur nom au gré des cultes qu'elles fixent et rassemblent. Regarder de plus près l'émergence de chacune d'entre elles, célèbres ou moins connues, est l'ambition de ce dossier réunissant historiens, géographes, anthropologues et sociologues. Leurs contributions décrivent la fixation des grandes religions révélées dans leurs terres originelles mais aussi dans d'autres lieux du monde jusqu'alors dédiés à d'autres cultes. Retracer l'histoire de la moindre fondation revient ainsi à établir les pièces d'un procès entre protagonistes distincts que le lieu peut autant réunir qu'opposer. Créations de mosquées dans des contextes variés comme les Antilles ou les Balkans, engagement des puissances d'Etat dans la refondation de topographies religieuses nationales au Moyen-Orient ou au Pakistan, jeux du tourisme et de la spiritualité en Europe, la patrimonialisation religieuse des espaces suit des chemins pluriels et mêlés.
Pierre Lassave, directeur de recherche émérite au Centre d’études en sciences sociales du religieux (CNRS-EHESS), est l’auteur de diverses explorations de milieux intellectuels et savants contemporains : Les sociologues et la recherche urbaine dans la France contemporaine (Presses universitaires du Mirail, 1997) ; Sciences sociales et littérature (PUF, 2002) ; L’appel du texte. Sociologie du savoir bibliste (Presses universitaires de Rennes, 2011).
Résumé : Depuis plusieurs années, les historiens célèbrent le retour du récit, les anthropologues reconnaissent l'écrivain derrière l'ethnologue et certains sociologues voient en Proust un des leurs. N'est-il pas temps d'analyser la question des rapports entre sciences sociales et littérature ? Mariant l'épistémologie des disciplines avec la critique littéraire, l'exploration de ces rapports suit ici plusieurs pistes d'abord les images de la ville moderne construites par le roman et la sociologie ; ensuite les itinéraires d'auteurs, en particulier ceux de l'historien Louis Chevalier, de l'écrivain-ethnologue Michel Leiris et du sociologue-écrivain Jean Duvignaud ; enfin les liens entre mythe, science et roman, lisibles à travers les figures emblématiques de Jeanne d'Arc pour l'histoire, du Bon Sauvage pour l'ethnologie et des Misérables pour la sociologie. Ces analyses comparées donnent notamment à voir trois états relationnels qui s'imbriquent au fil du temps la concurrence entre la science positive et le roman réaliste au XIXe siècle ; la complémentarité de regard entre l'invention littéraire et les divisions disciplinaires au cours du XXe siècle ; les interférences croissantes entre sciences sociales et littérature aujourd'hui. Il ne s'agit là nullement d'une évolution qui tend vers la confusion. Tout se passe comme si emprunts réciproques et chassés-croisés avaient prospéré sur la différence des régimes d'écriture et des voies de connaissance.
Ce livre retrace l'itinéraire intellectuel des cinq " fondateurs " du Groupe de socio¬logie des religions et de la revue Archives de sociologie des religions, née en 1956 et devenue en 1973 Archives de sciences sociales des religions. Deux d'entre eux, Henri Desroche et Emile Poulat, sont d'anciens prêtres que la crise de la mission ouvrière conduisit à rompre avec leurs engagements ecclésiastiques ; deux autres, Jacques Maître et François-André Isambert, participèrent à la Résistance avant de militer aux côtés du progressisme chrétien ; enfin, Jean Séguy, qui les rejoignit en 1960, avait dû renoncer quelques années auparavant à une formation de jésuite sur l'injonction de ses supérieurs. Tous ont participé à la naissance d'une tradition française de sociologie des religions, délibérément comparative, internationale et dégagée de toute préoccupation confessionnelle. Leur histoire croise celle de la sociologie en France, de sa " seconde naissance " au lendemain de la Libération à sa spécialisation, dans un contexte marqué par l'essor du CNRS et de la VIe section de l'Ecole pratique des hautes études, créée en 1948 et qui deviendra en 1975 l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Issues de quatre années de travail collectif, fondées notamment sur le dépouil¬lement des archives personnelles des fondateurs du GSR, ces cinq biographies inédites éclairent d'un jour nouveau l'histoire intellectuelle de la France des Trente Glorieuses.
Les migrations géographiques, la mobilité résidentielle et la mobilité quotidienne sont devenues des " questions de société " : les instances sociales, économiques et politiques sont concernées simultanément. Les consommations et les pollutions provoquées par la mobilité individuelle intéressent le développement collectif durable. Ce livre présente une étude approfondie sur le " droit au déplacement ", les questions qu'il soulève, les innovations de gestion qu'il appelle, etc
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.