Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Gouverner par les instruments
Lascoumes Pierre ; Le Galès Patrick
SCIENCES PO
29,50 €
Épuisé
EAN :9782724609493
Réglementer, taxer, contracter, communiquer sont généralement considérés comme des activités d'évidence: de fait, la question des instruments de l'action publique est un thème peu exploré, et la plupart des recherches ont porté sur les contenus et les acteurs des politiques menées secteur par secteur. Cet ouvrage se concentre sur l'instrumentalisation, c'est-à-dire sur les caractéristiques des instruments de l'action publique, les conditions de leur choix et les effets qu'ils produisent. L'usage des instruments soulève ici des questions qui ne relèvent ni d'enjeux secondaires ni d'une rationalité de moyens sans portée autonome. Trois conclusions se dégagent de ce travail: tracer une politique publique à partir de ses instruments se révèle une méthode efficace pour repérer et comprendre les dynamiques de changement qui l'animent. Recourir à tel ou tel instrument n'est jamais une question neutre; toute technique retenue est créatrice d'effets propres qui débordent des effets attendus. Enfin, analyser une politique au travers des instruments permet de reconsidérer les rapports gouvernants-gouvernés et la question de la recomposition de l'Etat. Par sa dimension novatrice et sa qualité scientifique, cet ouvrage intéressera particulièrement les étudiants et les particiens de l'action publique.
Les " affaires " se succèdent, devenant parfois des scandales, laminant toujours un peu plus la confiance des citoyens à l'égard de leurs élus et des institutions politiques. Quand 65 % des Français considèrent les hommes politiques comme " plutôt corrompus ", on pourrait penser que la cote d'alerte est atteinte. Paradoxe de la démocratie française, ce n'est pas le cas. Beaucoup s'indignent des " affaires ", considérant la probité des gouvernants comme l'un des fondements de la démocratie. Mais lorsque certains dirigeants se jouent des règles et les orientent à leur profit, les citoyens, souvent complaisants avec le favoritisme et les diverses formes d'arrangement, les sanctionnent finalement peu. Pour comprendre cette situation pour le moins contradictoire, cet ouvrage aborde sous différents angles l'ambiguïté qui domine dans les attitudes à l'égard de la " corruption ". II montre, en combinant diverses enquêtes (monographies locales, expérimentations, sondages), la multiplicité des critères de jugement sur la corruption. La politique n'est pas seulement affaire de morale, mais aussi d'efficacité et de confiance dans les institutions. C'est l'arbitrage complexe et mouvant entre ces trois dimensions qui explique l'ambivalence du comportement des électeurs et leur tolérance de fait.
Lascoumes Pierre ; Lenoël Pierre ; Poncela Pierret
Au nom de l'ordre étudie en son détail le code pénal de 1791, premier code promulgué en France et verso de la Déclaration des droits de l'homme: l'une des réalisations majeures de l'Assemblée constituante. Le code pénal napoléonien de 1810, passé au crible, n'apparaît que comme une réforme d'ordre technique de ce premier ensemble législatif.Alors qu'aujourd'hui semble s'imposer une conception individualiste du droit pénal, centré sur la défense des personnes et des biens, ce livre met en évidence le caractère fondamentalement collectif des lois révolutionnaires et napoléoniennes, orientées vers la défense des institutions publiques.La plupart des grandes questions du droit pénal, qui souvent prennent un tour passionnel, sont ici analysées, notamment le premier grand débat public sur la peine de mort, la prison, les travaux forcés, les rapports du droit avec le politique.En retraçant l'histoire politique du code pénal, ce livre prend place et position dans les débats récurrents sur sa difficile réforme.
Lascoumes Pierre ; Bonnaud Laure ; Le Bourhis Jean
Résumé : Le développement durable est devenu un slogan aussi flou que prégnant qui conduit souvent à des décisions inattendues. C'est le cas pour la fusion de deux frères ennemis : les ministères de l'équipement et de l'écologie. Le livre montre le contexte politique particulier qui a inscrit cette vaste réforme à la fois comme une action symétrique au Grenelle de l'environnement et comme l'affirmation d'une écologie de droite. Au-delà de ce volontarisme, il souligne l'importance des facteurs historiques et des enjeux professionnels qui ont rendu possible cette fusion présentée comme un modèle réussi de modernisation de l'Etat. L'analyse est menée à trois niveaux : la réforme des structures centrales du ministère ; celle des services territoriaux (essentiellement régionaux) ; enfin, celle des principaux acteurs ayant concrétisé cette vaste série de changements.
Il y a la criminalité ordinaire, qui touche les biens et les personnes. Il y a, de plus en plus apparente, la criminalité d'affaires, qui sape les règles du jeu économique et politique. Lorsqu'elle apparaît au grand jour, c'est surtout par le biais du financement occulte d'un parti ou de l'enrichissement d'un élu. Or cette criminalité se pratique à une plus vaste échelle : elle entre très souvent dans la stratégie de développement des entreprises, qui n'hésitent pas à pratiquer l'entrave à la concurrence ou la dissimulation comptable. L'ouvrage de Pierre Lascoumes n'est pas une simple recension dénonciatrice de ces pratiques, plus constantes qu'on ne le croit. Il alterne les analyses historiques et sociologiques avec des fictions condensant les données majeures de plusieurs grandes "affaires" . Cette structure originale livre au lecteur les clés qui permettent de comprendre pourquoi, depuis quelques années, justice et opinion publique ont bouleversé leur appréhension de la délinquance en col blanc : elles voient désormais dans les irrégularités des élites économiques et financières non plus des erreurs qu'on ne peut éviter mais des délits qu'il faut sanctionner.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.