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Paysage et ornement
Laroque Didier ; Saint Girons Baldine
VERDIER
32,45 €
Épuisé
EAN :9782864324324
Les publications savantes consacrées au paysage abondent et portent sur mille aspects qu'on lui reconnaît, mais sait-on dire foncièrement et assurément de quoi il s'agit ? En désirant parvenir à quelque certitude, nous avons lié ici la compréhension du paysage à celle de l'" ornement ", entendu dans son sens antique et architectural d'ordre ; car il nous apparaît que cette vertu d'ordination éclaire d'une manière inédite et pertinente l'énigme du paysage. En effet, l'ornement pourrait bien se confondre avec la sagesse qui s'ajoute au pays, celle qui paraît sur les tableaux de Poussin rythmés par l'imitation de Palladio, ou dans les ?uvres du Lorrain qui progressent régulièrement en profondeur depuis l'harmonie d'un monument, jusqu'à l'horizon portant le poids du ciel comme une colonne reçoit une architrave. Le paysage se donnerait pour le lieu où architecture et peinture passent l'un en l'autre, où la crise architecturale cosmique des lumières se pressent et s'accomplit ; de telle sorte qu'au rebours de l'apparence, ne serait en question aucune image de la nature : son absence même deviendrait éloquente. Recueillant diverses études de théorie des arts et des lettres unis dans ce même objet de pensée, le présent ouvrage comporte quatre parties distinctes : une définition générale de son propos, où paysage et ornement sont évalués séparément et conjointement ; une réflexion sur l'architecture et le disegno dans leur relation à la nature et à l'espace ; une interrogation portant sur la spécificité de la peinture de paysage, puis sur ses formes variées et sur le Land Art ; une étude enfin de paysages littéraires spécifiques : ceux de Hoffmann, de Hugo et de Pessoa.
Résumé : Ni le sublime ni l'architecture ne doivent être des domaines restreints aux seuls spécialistes. Bien au contraire, ils se destinent au partage et à la cohésion de la cité. L'étude que nous proposons, unique en son genre, tente de montrer ce qui joint essentiellement sublime et architecture. Depuis l'époque de Tibère, où le Pseudo-Longin composa probablement la Lettre-traité qui en fit le premier éloge, jusqu'aux propos contemporains qu'il suscite, le sublime s'entend généralement comme l'expérience principielle de la vie humaine. On peut prétendre rapprocher un tel zénith vital de l'architecture lorsqu'elle est conçue selon son sens fondateur, si l'on prend au sérieux le mot architectonia marquant son apparition. Assemblage d'archè et de technè, il fait entendre la signification originelle d'une production du principe. Le sublime réalise donc l'épreuve de ce que l'architecture manifeste. Il ne s'agit pas, avec le sublime, d'analyser une catégorie esthétique particulièrement intéressante et séduisante, mais de chercher à reformuler l'esthétique tout entière. Nous soutenons que l'esthétique philosophique n'est pas à même de livrer le sens de l'architecture, et même, qu'à l'inverse, la prise en considération de l'architecture peut fonder l'esthétique, et agir ainsi en faveur d'un nouvel ordre de la cité.
Ce petit livre rassemble sept études d'esthétique de l'architecture. Elles s'attachent principalement aux oeuvres bâties ou théoriques d'Andrea Palladio (1508-1580), Jacques Perret (c. 1540-c. 1610), François Blondel (1618-1686), Tommaso Maria Napoli (1655-1725), Johann Bernhard Fischer von Erlach (1656-1723), Yves-Marie André (1675-1764), Etienne-Louis Boullée (1728-1799) et Mario Praz (1896-1982).Ces oeuvres, dont la connaissance pouvait paraître réservée aux seuls spécialistes, sont présentées de manière à en favoriser une compréhension aisée au sein d'une histoire générale des idées. Et l'ensemble du propos fait entendre que l'architecture, autant que la peinture ou la musique, engage des significations complexes et profondes qui permettent d'accéder à une intelligence renouvelée de l'époque moderne. Nombreuses illustrations.
Génie universel, qui traverse le temps, Shakespeare est pourtant indissociable de son époque, la Renaissance anglaise, brillant spectacle dont le souverain est le centre et la raison d'être. Professionnel de la scène, maître d'oeuvre accompli, il reflète avec brio la comédie humaine qui se joue partout autour de lui. En historien autant qu'en analyste du théâtre, François Laroque présente le monde de bruit et de fureur des tragédies, Hamlet, Othello, le Roi Lear, Macbeth, le monde de charme et de fantaisie des comédies, Comme il vous plaira.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.