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LES ORPHELINS
LAROCHE HADRIEN
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844851765
Extrait H. NÉE BLOCH H. née Bloch urinait debout dans la baignoire sabot avec sa mère en tête. Le jet d'eau qui coulait depuis le pommeau de la douche contre son corps de dame nature, mouillait la houppe de ses cheveux gris, continuait le long des rides sur son visage, noyant des yeux de hibou, grands cernes qui lui faisaient des disques gris autour de pupilles noisette, suivait les plis heureux de sa poitrine de mère et de musc, trempait son ventre large et rond - le creux du nombril qui s'était nourri de sa mère centenaire - passait sur la toison ruisselante où cette eau se mêlait à l'urine, liquide à peine coloré qui dégoulinait maintenant sur des jambes fameuses, le long de cuisses puis de mollets où la vie depuis peu circulait de Charybde en Sylla, entre les caillots de sang errant dans le fleuve violacé de ses artères. Ce matin-là elle renaissait encore une fois. Elle s'ébattait. La cabine de bain semblable à celle où s'engouffre un équipage entier dans un film des Marx Brothers et où un écrivain comme elle originaire d'Europe centrale, Witold Gombrowicz, l'auteur de Pornografia, dort pour une nuit, lorsqu'il part pour ne plus revenir : "Et comme ça je m'éloigne, écrit-il. Sans du tout me retourner. Je m'éloigne et ne sais rien de ce qui se passe derrière moi". Après la douche, la cabine semblait l'arche sauvée d'un naufrage, comme si une tempête de mer avait soudain dévasté le lieu, éclaboussant les murs du sol au plafond, laissant des flaques au fond du bidet, du lavabo et sur l'antique carrelage années cinquante jaune et bleu. Elle était sortie de la salle de bains enveloppée dans une serviette de la taille d'un couvre-lit, d'une toile de maître représentant une bataille ou bien même d'une tente bédouine sous laquelle un clan nombreux - cousins, neveux, grands-parents - une communauté entière aurait pu vivre, manger et dormir. Sous son drap d'or, en réalité une serviette élimée, rêche à force d'être propre, son corps s'affairait de bon matin dans la cuisine où elle passerait la journée. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .
On ne prend la parole qu'à partir d'un lieu et la question de l'assise est une question de poétique - à plus forte raison quand le nom de l'auteur est lui-même un nom de lieu. C'est ce que montre l'exemple de Tristan Corbière, chez qui la rhétorique se fait tactique et manoeuvre, tirant des bords de lieu commun en lieu commun, de palimpseste en parodie, à la recherche d'un espace propre. « Je suis là, mais absent. » L'essai entame un jeu de cache-cache avec ce moi absent de Corbière, celui qui s'écrit tout seul, telle une fiction, et ne se trouve lu ici (de Barbey à Béroul, de Byron à Baudelaire) que dans l'imaginaire de ses lectures.
Présentation de l'éditeur « Afin de saisir le devenir objet de l humain, la domestication de l homme par lui-même, en cours aujourd hui, peut-on faire autrement que penser les objets ready-made comme des vivants ? L expérience de l indifférence esthétique, érotique et éthique appelée par la vie et l uvre de Marcel Duchamp, ne peut elle pas être le mode d accès à une possible vie spirituelle ? L art qui s adresse aux yeux du voyeur ne convoque-t-il pas, du même coup, son âme, s il en a une ? » H.LHadrien Laroche examine toute l uvre de Duchamp à la lumière des objets, de la catastrophe et d autrui (l indifférence impossible). L ouvrage confronte les ready-mades (1913/14) à la Première Guerre mondiale, en tant qu objets orphelins, et arrime la dernière uvre de Marcel Duchamp, Etant donnés (1946-1966), à la Seconde, comme représentation de la vie nue après Auschwitz. Au sortir des conflits, c est une humanité plus froide, plus dure, qui, saturée de morts, de mutilés et d orphelins, hantée par les massacres de masse, se drape de l indifférence de l Histoire. L artiste prend acte de cette indifférence à l égard de la vie et de la mort. Son uvre en tire les conséquences. Avec les ready-mades (1913/14), ou Étant donnés (1946-1966), il remet en question la paternité de l uvre, s interroge sur l identité du sujet et sa capacité à sentir. Dépersonnalisation, décision passive, indifférence : voilà les modes trouvés par Marcel Duchamp pour répondre à la question que lui posaient sa vie et son art. Pour répondre à la question de la souffrance. Celle-ci est immédiatement celle de son temps.
Lui est venu seul dans cette capitale du golfe Arabo-Persique. Il est l'étranger. Elle le nomme le dérangeur. C'est pourtant elle qui mène la révolte contre les hommes, le mariage, la religion, la société. Leur chemin passe par le désert et les lieux de la ville cosmopolite - lobby, ascenseur, spa, chambre, parking. Dans ce pays où l'amour est interdit, ils tentent d'écrire une autre histoire. Dix ans après La Restitution, Hadrien Laroche propose avec La Mort clandestine un traité des passions en temps de clandestinité. Hadrien Laroche est né et vit aujourd'hui à Paris. Après avoir étudié les lettres et la philosophie, il a travaillé et vécu en Europe, en Amérique du Nord et en Asie occidentale, et publié une quinzaine d'ouvrages, fictions et essais, traduits en plusieurs langues.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.
Résumé : Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue, c'est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l'expression spontanée de nos sentiments. Hannah Arendt.
Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.