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La polka des canons
Lanoux Armand
GRASSET
31,85 €
Épuisé
EAN :9782246808268
En mai 1871, un des insurgés qui fusillaient les otages relevait le canon de son chassepot. Interrogé plus tard, il déclara : " Ma balle a fait un trou dans le ciel. " La Commune de Paris a fait un trou dans le ciel... La Commune de Paris fut l'un des plus sanglants tumultes de notre histoire. Crise révolutionnaire, crise patriotique, crise sociale, elle devait servir après son écrasement de guide au Lénine de la révolution soviétique de 1917. Fille de la révolution de 1789, elle est la mère de la révolution d'Octobre. Ses hommes sont mal connus, déformés par la caricature ou l'ignorance, vénérés ou haïs. Qui étaient Verdaguez, le sergent insurgé de 88e qui cria le premier " Crosse en l'air ! " à Montmartre ? Et le Beau Varlin, Christ rouge ? Et Louise Michel, l'égérie de la révolution ? Et Delescluze qui mourut comme le député Baudin ? Et Rigault, Vidocq blanquiste ? En face c'était le génial et diabolique Thiers, le longiforme Jules Favre, Bismarck, l'homme seul. A Londres, Karl Marx qui n'était encore Marx que pour quelques-uns annonçait en vain le drame. Un siècle plus tard, le tabou qui a longtemps pesé sur cette tragédie doit être secoué et rejeté par nos contemporains. Il est temps de prendre conscience de ce que furent cette grande et malheureuse époque, et ses hommes, avec tendresse et lucidité. Tous ceux qui grâce à Armand Lanoux, ont vécu la journée du 18 mars, connaîtront ses conséquences dramatiques en lisant " Le Coq rouge " qui paraîtra en septembre 1971.
Les plus anciens de ces poèmes remontent à 1931. Ils ont traversé un tiers de siècle en bougeant moins que leur auteur. D'autres sont d'hier. Le plus grand nombre a été remanié je ne sais combien de fois, au cours de je ne sais combien d'années. Voilà bien le contraire d'une poésie spontanée, ou d'une poésie de circonstance. Et pourtant, tout m'y paraît circonstancié, étroitement lié à un moment-lieu, une intersection du temps et de l'espace. C'est que je ne crois pas à une poésie hors des jours, des heures, des instants, ni hors des lieux. A chaque recoupement de l'espace-temps dont l'homme prend conscience, la poésie surgit, cligne de l'oeil et disparaît. Souvent, je me demande - et des êtres chers ne manquent pas de m'y inciter - si je ne vois pas justement ainsi la poésie parce que je ne suis pas un vrai poète. N'ont-ils pas raison ? Peut-être ces pages, où j'ai tenté de piéger l'espace-temps, composent-elles plutôt une manière de roman, une confuse chronique des temps vécus, dans le grand rythme des guerres qui se succèdent comme les marées, sous l'enseigne éternelle du Bonhomme Misère, le maître secret des graveurs d'Epinal ?
1925 qui, hier, ne soulevait que sarcasmes, attendrit brusquement. On dit rétro, pour le cinquantenaires des Arts décos. Va pour le rétro ! Joséphine Baker, Charlot, la Violettera, les pantalons à pattes d'éléphant, le franc quat'sous, Valentino reparaissent dans notre mythologie. Einstein le surréalisme, Picasso l'Auguste et Cocteau le clown blanc, Stravinski, Freud, ne l'ont pas quittée. Avec la robe-chemise lamée, la fille retrouve le maquillage de la paupière inférieure, ce cerne, de sa mère, la Garçonne. Van Dongen remonte à l'Hôtel Drouot. " Nous descendions vers 1939 comme 1900 descendait vers 1914, glissant dans l'abîme comme dans un plaisir ", a écrit Paul Morand, le magicien de 1900. Nous ne savons pas encore vers quoi nous descendons et nous n'y descendons pas gaiement, ce sont les seules différences notables. A. L.
Un livre de nouvelles ne doit pas être un cimetière de coquillages. "Je m'explique. Pour que des coquillages, aussi beaux qu'ils soient, deviennent collier, il faut un fil. Avant le fil, c'est un joli bric-à-brac bruissant ; après, c'est une parure. "Y a-t-il un fil léger dans l'ensemble que voici, de contes et de nouvelles entrecoupés de quelques chroniques ambiguës, ces genres étant encore plus mal définis que le roman (aucun genre littéraire n'est vraiment défini) ? Je le crois. Ou je l'espère. Employant une expression souvent utilisée dans d'autres disciplines, je dirais que ce fil pourrait bien être ce qu'on appelle en géopolitique {le sens de l'histoire}. Si je ne me trompe pas trop, on verra qu'un certain {sens de l'histoire}, sans majuscule, je veux dire de l'histoire contée par le narrateur, relie ces récits, même s'il est ténu. L'important c'est de faire des châteaux de sable, dit le Petit Prince".
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".