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LES DEUX VIEILLES FILLES
LANDOLFI TOMMASO
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844853028
Lilla et Nena, deux sexagénaires qui ont passé toute leur vie dans le giron maternel, voient leur existence changer le jour où leur singe Tombo, « souvenir sacré » de leur frère mort, est accusé de manger les hosties et boire le vin sacré du couvent voisin. Après une véritable enquête policière, Nena découvre, horrifiée, que son singe est bel et bien le coupable, allant jusqu à compisser dans l autel! Se sentant trahie, elle prononce la sentence: « Il doit mourir ». Elle fait alors appel à Monseigneur Tostini qui la confirme dans sa décision: pour lui aussi Tombo a « souillé le Christ ». Ce qui n est pas l avis du jeune prêtre, Don Alessio, arrivé au cours de la discussion. Pour lui le singe est innocent, du moins « il n est pas coupable », « le péché ce sont les hommes qui l ont inventé ». Le débat s engage alors entre les deux ecclésiastiques sur l indulgence à accorder à l animal, puis dérive très vite vers des thèmes graves, voire existentiels tels que la culpabilité le l homme, la foi ou la liberté. Malgré la défense du jeune prêtre, Tombo sera exécuté avec une épingle à chapeau par ses maîtresses qui, tout en le caressant, devront s y reprendre à plusieurs fois.Cette histoire tragi-comique sert de prétexte à Tommaso Landolfi pour dénoncer l emprise de l Eglise et des valeurs conservatrices que ses représentants ne cessent de défendre. Pour mieux la ridiculiser, et non sans humour, il n hésite pas à déplacer le problème autour de la moralité non pas d un être humain, mais d un singe, faisant de celui-ci le véritable héros de cette histoire. Biographie de l'auteur Tommaso Landolfi (1908-1979) est né à Pico (Latium), où il a passé la plus grande partie de sa vie, dans la demeure familiale. Nourri de littérature romantique, italienne mais aussi allemande et russe, il traduisit Mérimée, Gogol ou encore Pouchkine. Ironiste dévoré d angoisse, tour à tour passionné et glacial, il se définissait lui-même comme « un rat de bibliothèque et un pilier de tripots ». Caustique, brillant, ricanant parfois et tendu comme une corde de violon, mobilisant d autre part les ressources d une immense culture avec laquelle il jouait savamment, Landolfi a bâti une uvre qu André Pieyre de Mandiargues considérait comme « la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque ». Quatre de ses ouvrages sont parus aux éditions Allia: L Epée (1995), Rien va (1995), Des mois (1996), Les Labrènes (1997).
Ce recueil est formé de trois histoires d'amour. Un condamné à mort, qui a tué une très jeune fille muette, attend son exécution et se demande s'il n'est pas innocent. A la suite d'une partie de strip-poker, la fière Gisa finit par avouer publiquement son amour. Un homme mûr, cassé par son mariage et sa vie médiocre, abandonne sa femme, mais n'arrive même plus à en aimer une autre. Trois histoires marquées par une angoisse sans pitié.
Résumé : Giovancarlo est un bon jeune homme quelque peu hoffmanesque et quelque peu poète qui fait ses études à la ville. Un soir, pendant les vacances qu'il passe dans un petit bourg de montagne, il va rendre visite à son oncle et à ses cousins, et, pendant qu'il est là à bavarder de choses et d'autres avec eux, une belle jeune fille fait soudain son entrée. Tout en elle est séduisant - la pâleur de son visage, ses cheveux splendides, son éblouissante poitrine - et comme notre étudiant suit avec satisfaction la ligne de ses cuisses fuselées et de ses jambes parfaites, voici que, là où il s'attendait à découvrir une fine cheville, un joli pied, il voit... deux sabots fourchus de chèvre. Mais peut-être Giovancarlo a-t-il seulement été le jouet d'une hallucination et Gouroue - ainsi se nomme l'adolescente - n'est-elle pas une véragne, c'est-à-dire une de ces filles de la lune, qui, avec leurs soeurs, se livrent parfois, la nuit, dans la montagne, à d'étranges sabbats. Comment, sans leur faire perdre leur charme magique, résumer les amours de Giovancarlo et de Gouroue ? Le roman de Tommaso Landolfi - est-ce seulement par antiphrase qu'il s'intitule modestement "Scènes de la vie de province" ? - ressuscite les prestiges des meilleurs romantiques et il a sa place à côté d'oeuvres qui attestent la renaissance d'un fantastique à l'image des Achim d'Arnim et des Jean-Paul.
Parmi le grand nombre de "racconti" dont Tommaso Landolfi est l'auteur, ceux qui composent ce volume offrent au lecteur les diverses facettes d'une oeuvre qu'André Pieyre de Mandiargues, qui présente le choix, tient pour "la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque". Si on a pu inscrire l'oeuvre de Landolfi dans la catégorie du fantastique, il s'en faut de beaucoup que ses récits s'en tiennent tous aux lois du genre. Ils ont, pour la plupart, une autre dimension. Les Deux Vieilles Filles, par exemple, où l'on voit un singe - "le seul mâle de la maison" - condamné et mis à mort pour s'être introduit, la nuit, dans un couvent et y avoir "dit" la messe, est un récit singulièrement réaliste, même si une sorte d'esprit démoniaque bouleverse le réel. Et des textes comme le Dialogue sur les grands systèmes ou La mélotechnique à la portée de tous, eux, relèvent moins du fantastique proprement dit que de ce que l'on pourrait appeler l'"hypothèse scientifique", chère aussi bien à Borges qu'à Calvino. En revanche, dans les récits plus franchement fantastiques, comme La Mer des Blattes, Cancroregina, ou La femme de Gogol, c'est Landolfi lui-même qui s'avance masqué pour mieux dire sa propre vérité, et qui, ce faisant, se tourmente et se déchire à la manière de Dostoïevski - lequel, sans nul doute, lui a communiqué, comme autrefois à Kafka, ses obsessions extrêmes, et le vertige des abysses intimes...
Résumé : Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue, c'est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l'expression spontanée de nos sentiments. Hannah Arendt.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.