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Femme de gogol et autres récits
Landolfi Tommaso
GALLIMARD
12,70 €
Épuisé
EAN :9782070271511
Parmi le grand nombre de "racconti" dont Tommaso Landolfi est l'auteur, ceux qui composent ce volume offrent au lecteur les diverses facettes d'une oeuvre qu'André Pieyre de Mandiargues, qui présente le choix, tient pour "la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque". Si on a pu inscrire l'oeuvre de Landolfi dans la catégorie du fantastique, il s'en faut de beaucoup que ses récits s'en tiennent tous aux lois du genre. Ils ont, pour la plupart, une autre dimension. Les Deux Vieilles Filles, par exemple, où l'on voit un singe - "le seul mâle de la maison" - condamné et mis à mort pour s'être introduit, la nuit, dans un couvent et y avoir "dit" la messe, est un récit singulièrement réaliste, même si une sorte d'esprit démoniaque bouleverse le réel. Et des textes comme le Dialogue sur les grands systèmes ou La mélotechnique à la portée de tous, eux, relèvent moins du fantastique proprement dit que de ce que l'on pourrait appeler l'"hypothèse scientifique", chère aussi bien à Borges qu'à Calvino. En revanche, dans les récits plus franchement fantastiques, comme La Mer des Blattes, Cancroregina, ou La femme de Gogol, c'est Landolfi lui-même qui s'avance masqué pour mieux dire sa propre vérité, et qui, ce faisant, se tourmente et se déchire à la manière de Dostoïevski - lequel, sans nul doute, lui a communiqué, comme autrefois à Kafka, ses obsessions extrêmes, et le vertige des abysses intimes...
Résumé : Giovancarlo est un bon jeune homme quelque peu hoffmanesque et quelque peu poète qui fait ses études à la ville. Un soir, pendant les vacances qu'il passe dans un petit bourg de montagne, il va rendre visite à son oncle et à ses cousins, et, pendant qu'il est là à bavarder de choses et d'autres avec eux, une belle jeune fille fait soudain son entrée. Tout en elle est séduisant - la pâleur de son visage, ses cheveux splendides, son éblouissante poitrine - et comme notre étudiant suit avec satisfaction la ligne de ses cuisses fuselées et de ses jambes parfaites, voici que, là où il s'attendait à découvrir une fine cheville, un joli pied, il voit... deux sabots fourchus de chèvre. Mais peut-être Giovancarlo a-t-il seulement été le jouet d'une hallucination et Gouroue - ainsi se nomme l'adolescente - n'est-elle pas une véragne, c'est-à-dire une de ces filles de la lune, qui, avec leurs soeurs, se livrent parfois, la nuit, dans la montagne, à d'étranges sabbats. Comment, sans leur faire perdre leur charme magique, résumer les amours de Giovancarlo et de Gouroue ? Le roman de Tommaso Landolfi - est-ce seulement par antiphrase qu'il s'intitule modestement "Scènes de la vie de province" ? - ressuscite les prestiges des meilleurs romantiques et il a sa place à côté d'oeuvres qui attestent la renaissance d'un fantastique à l'image des Achim d'Arnim et des Jean-Paul.
Résumé : Après la publication de La pierre de lune (1956) et de La jeune fille et le fugitif (1980), c'est, avec le présent livre, toute l'ouvre romanesque de Landolfi qui se trouve désormais accessible aux lecteurs de langue française. Anne vivait à la campagne avec son père, son frère Sigismond poursuivant des études à la ville. A la mort du père, les deux jeunes gens, qui se connaissaient mal, se retrouvent dans la maison natale. Oisifs, héritiers d'une fortune respectable, "fils de roi" à leur manière, ils commencent à découvrir leurs affinités, leurs exigences et leurs dégoûts communs, en même temps que la distance qui les sépare des autres, en particulier de ceux auxquels ils avaient cru pouvoir, pour faire comme tout le monde, se fiancer. Ils vont bientôt, l'un après l'autre, non sans rudesse, rompre ces liens qu'ils méprisent et, "libres et purs", n'ayant plus à nourrir que l'un de l'autre leurs impatiences, affronter "l'inconnu qui les menace" désormais, et à quoi ils viennent de sacrifier confort et sagesse. Entre eux se développe alors au long des jours, lui menant le jeu, emporté, impérieux, sophistiqué en même temps qu'incertain, elle plus réservée, ironique, et non moins incertaine, un long dialogue toujours relancé, de plus en plus pressant, qui la forcera un jour à avouer lucidement qu'elle ne voit, en effet, comme il l'affirme avec fougue, "aucune raison pour laquelle ils ne devraient pas s'aimer". La nuit même, par un sublime temps d'orage, s'accomplit l'inceste. Ce sera ensuite, vingt ans durant, la tentative pour vivre à deux "une vie capable d'ignorer la faute", jusqu'au moment où commence le récit qu'entreprend d'écrire Anne et auquel elle associe son frère-époux en le lui dictant en partie. Dans l'étude qu'il a consacrée à l'ouvre de Landolfi et qui fut publiée en préface aux nouvelles de La femme de Gogol, André Pieyre de Mandiargues écrit d'Un amour de notre temps : "C'est du côté des Hauts de Hurlevent que se tient Landolfi dans son magnifique roman d'amour noir, et la brutalité ou la crudité avec lesquellesn le sujet est traité parfois n'ont d'égales que la noblesse de ton et que la hauteur héroïques des caractères. Un amour de notre temps est une sorte de déchaînement élémentaire à rapprocher de la Penthésilée de Kleist par le goût des extrémités, par l'aptitude au délire lucide et par la complaisance du désespoir".
Lilla et Nena, deux sexagénaires qui ont passé toute leur vie dans le giron maternel, voient leur existence changer le jour où leur singe Tombo, « souvenir sacré » de leur frère mort, est accusé de manger les hosties et boire le vin sacré du couvent voisin. Après une véritable enquête policière, Nena découvre, horrifiée, que son singe est bel et bien le coupable, allant jusqu à compisser dans l autel! Se sentant trahie, elle prononce la sentence: « Il doit mourir ». Elle fait alors appel à Monseigneur Tostini qui la confirme dans sa décision: pour lui aussi Tombo a « souillé le Christ ». Ce qui n est pas l avis du jeune prêtre, Don Alessio, arrivé au cours de la discussion. Pour lui le singe est innocent, du moins « il n est pas coupable », « le péché ce sont les hommes qui l ont inventé ». Le débat s engage alors entre les deux ecclésiastiques sur l indulgence à accorder à l animal, puis dérive très vite vers des thèmes graves, voire existentiels tels que la culpabilité le l homme, la foi ou la liberté. Malgré la défense du jeune prêtre, Tombo sera exécuté avec une épingle à chapeau par ses maîtresses qui, tout en le caressant, devront s y reprendre à plusieurs fois.Cette histoire tragi-comique sert de prétexte à Tommaso Landolfi pour dénoncer l emprise de l Eglise et des valeurs conservatrices que ses représentants ne cessent de défendre. Pour mieux la ridiculiser, et non sans humour, il n hésite pas à déplacer le problème autour de la moralité non pas d un être humain, mais d un singe, faisant de celui-ci le véritable héros de cette histoire. Biographie de l'auteur Tommaso Landolfi (1908-1979) est né à Pico (Latium), où il a passé la plus grande partie de sa vie, dans la demeure familiale. Nourri de littérature romantique, italienne mais aussi allemande et russe, il traduisit Mérimée, Gogol ou encore Pouchkine. Ironiste dévoré d angoisse, tour à tour passionné et glacial, il se définissait lui-même comme « un rat de bibliothèque et un pilier de tripots ». Caustique, brillant, ricanant parfois et tendu comme une corde de violon, mobilisant d autre part les ressources d une immense culture avec laquelle il jouait savamment, Landolfi a bâti une uvre qu André Pieyre de Mandiargues considérait comme « la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque ». Quatre de ses ouvrages sont parus aux éditions Allia: L Epée (1995), Rien va (1995), Des mois (1996), Les Labrènes (1997).
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.